Ce matin, on commence la journée avec une incroyable collection permanente en ligne du travail d’Arnaud Mercier d’Area17. Arnaud nous a quitté l’an dernier, j’avais eu, quelques années auparavant, la chance de le rencontrer. Un type simple, avec une tête vraiment bien remplie.
Présentation de l’exposition en ligne
Cette exposition est une collection permanente en ligne qui rend hommage au travail d’Arnaud Mercier, considéré comme l’un des designers interactifs les plus importants et prolifiques. Réunissant archives personnelles, écrits, interviews et correspondances, cette rétrospective présente l’ensemble de son œuvre de 1999 à 2011, lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une leucémie myéloïde chronique, qui l’emporte le 26 septembre 2011. S’il est connu pour la méticulosité de ses systèmes graphiques, peu savent qu’Arnaud a débuté comme développeur après une formation en informatique. Pour lui, la compréhension et la maîtrise de l’outil sont primordiales pour pouvoir l’explorer, le réinventer et en faire un moyen d’expression. Cette maîtrise couplée d’un sens aigu du détail font de lui un designer majeur dont l’approche est caractérisée par l’exploration, l’itération et la vision personnelle. Avec plus de 2000 images, cette rétrospective illustre les différents travaux réalisés par Arnaud – commandes, contributions, propositions, explorations, photographies et travaux personnels. Elle offre un aperçu du processus créatif du designer et témoigne de son évolution au fil du temps, présentant d’abord ses travaux les plus récents centrés utilisateurs et remontant jusqu’à ses premiers projets plus expérimentaux.
Quelques-uns de ses travaux
Cette rétrospective est donc un superbe hommage a un designer numérique français. Rare, dans tous les sens du terme. À regarder donc.
Je vous en avais parlé il y a quelques temps, j’animais aux côtés de Marina, Gayané, Benoît et Nicolas, la soirée *di*/zain
La 1ere soirée *di*/zaïn a réuni plus de 550 personnes, mardi 18 septembre, au Divan du monde et plus 1 800 personnes sur Dailymotion pour la retransmission live de l’événement. Les 10 designers et créateurs invités ont partagé avec le public une mosaïque d’impressions visuelles, sonores, gustatives, tactiles…A partir de ce thème, une porosité s’est fait jour entre les différentes pratiques de design présentées.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai entendu Fleur Pellerin, la ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, s’exprime au sujet du design. Ce mot est si rare dans la bouche d’un représentant du peuple que je n’ai pas pu m’empêcher de vous partager son discours publié par Challenges, qui s’exprime à ce sujet :
« Le design a un rôle stratégique a jouer, a expliqué Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique lors de son discours d’ouverture de la Paris Design Week au Lieu du design. Elle explique comment cette discipline, qui a fait le succès d’Apple, peut et doit être un levier de compétitivité et de réussite. »
Tout d’abord, je suis agréablement surpris.Inclure le design dans la relance de la compétitivité (et pas forcément de la consommation), comme une réponse également à la « crise » est un excellent point de départ. Il est vrai que les designers que nous sommes sont capables de réfléchir au contexte, à la situation actuelle et future et d’essayer d’anticiper certaines actions en proposant des choses concrètes (et j’insiste là-dessus). Dans mon optique et ma démarche, j’ai arrêté les « il faudrait que » et je fais.
Ensuite, Fleur Pellerin exprime le souhait de la valorisation de l’innovation dans les entreprises et PME. J’ai travaillé avec beaucoup de start-up, je continue encore aujourd’hui et sincèrement, l’innovation par le design est un point crucial pour ces start-up. Elles ont de bonnes idées, de bonnes intentions, vraiment, mais il faut concrétiser ces intentions, offrir une expérience, une démarche (innovation sociale / culturelle) un positionnement et aussi atteindre une « forme » finale pour que leur projet existe. Rien n’est donc à négliger et c’est main dans la main, dès le départ du projet d’une start-up qu’il faut commencer à intégrer le design. Comme le dit Fleur Pellerin : « Intégrer le design dès la conception ». Un excellent point donc.
Enfin, la question du Centre National du Design a été soulevée, fameuse idée d’Eric Besson dont je vous avais parlé. Pour ce point là, « wait and see », je m’étais exprimé à ce sujet.
Les trois grandes écoles de design, L’ENSCI, L’École de Design Nantes Atlantique et Strate Collège organisaient la semaine dernière leur première École d’Été commune ! Celle-ci s’est déroulée à Paris, en partenariat avec le CENTQUATRE et dans ses locaux, du 3 au 7 septembre 2012. Elle a ainsi réuni cinq groupes de sept étudiants issus des 3 écoles, et encadrés par des designers et professeurs de chaque institution.
Pour vous, je m’y suis rendu toute la journée pour discuter avec les étudiants, les enseignants, les designers, assister à l’installation, voir leur présentation ainsi que leurs conclusions sur cette semaine. J’ai vite compris que leur ambition partagée était de fournir une « réponse manifeste » sur les questions du design au XXIème siècle. Les enseignants étaient là pour apporter un regard différent et une expertise mais pas pour donner des instructions, les étudiants se sont donc concertés ensemble.
Quelques photos
Design politique
Cette École d’Été a choisi la voix du design politique pour réfléchir autour de ces trois mots:
rupture,
innovation,
engagement.
Aux origines
Pour la petite histoire, c’est Alain Cadix, le directeur de l’École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI) qui, souvent sollicité par des entreprises pour que les étudiants travaillent autour de l’idée de la place du design, a décidé de rassembler ces trois écoles pour « Arrêter de parler au nom d’une seule école ». Voilà les origines de cette École d’Été. En effet, entre l’Ensad, l’Ensci, Boulle, Strate, et les autres écoles de design, la concurrence est parfois là.
J’ai donc rencontré différents étudiants comme Loic Le Guen de l’ENSCI qui a souhaité écrire une Lettre Ouverte, Grégoire Hembert de Strate Collège qui a rédigé avec d’autres étudiants, un manifeste sur ce qu’est le design aujourd’hui. D’autres étudiants encore ont questionné la place du design autour d’un film qui retranscrit le processus de création. Son message ? Expliquer aux gens, aux citoyens, ce qu’est le design, ce qu’il peut apporter aux entreprises, quel impact il a dans la rue. En effet, dans leur optique, si le design est une réflexion globale, le designer, lui, n’a pas de soif de reconnaissance personnelle mais plutôt une volonté de faire connaître la profession en général.
Appel à la projection !
Trois étudiantes de l’Ensci appellent à la projection :
La première réponse à ces questions est l’appel à la collaboration grâce à ce qu’elles appellent des « agents actifs », des gens prêts à collaborer avec des designers. L’idée étant ainsi de faire de la médiation autour de ce sujet pour décomplexer la définition du design. Cette prise de parole commune d’élèves révèle ce qui les rassemble et les singularise et pour revendiquer une reconnaissance et une « utilité » nationale et européenne du design tel qu’ils l’envisagent, c’est à dire un design qui pense et qui propose.
Les questions d’aujourd’hui sont elles les réponses de demain ?
Un projet d’affiches qui questionne le design a également été conçu, en voici quelques-unes.
À quoi ressemblera l’École d’Été en 2013 ?
Pour conclure, Nathalie Ciprian, enseignante à l’École de design de Nantes m’explique que pour l’année prochaine, il serait possible d’imaginer une vision plus prospective, pourquoi pas de penser à la recherche en design (avec l’EnsadLab ?) ou encore remettre en question l’école elle-même. Enfin, il faudrait élargir la sélection d’écoles aux écoles régionales et aux universités françaises ! En attendant, un petit blog a été mis en place.
Et vous, vous faites quoi l’été prochain ? Moi, je serai là !