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Graphisme & interactivité blog de design par Geoffrey Dorne » Le point sur la grève à l’Ensad.

Le point sur la grève à l’Ensad.

Hello

Ce soir je voulais vous parler d’un évènement qui fait un peu de bruit dans le microcosme des écoles d’art parisiennes françaises, il s’agit du mouvement d’étudiants de l’Ensad (école connue aussi sous le nom des Arts Décoratifs de Paris) symbolisé par la forme d’un workshop de grève. Les étudiants de l’Ensad font grève pour dénoncer « le malaise qui paralyse leur école ». Ils présentent ainsi leurs revendications pédagogiques sous la forme d’un workshop. Comme vous le savez, j’ai fait mes études pendant cinq ans à l’Ensad, j’en suis diplômé et j’y suis aujourd’hui chercheur dans un labo de recherche de l’EnsadLab (je tiens à souligner que pendant ces 7 ans d’Ensad, j’ai eu un excellent enseignement avec des enseignants de très grande qualité et tout ce que j’ai voulu avoir (matériel, prêts de fournitures, accès à certains locaux, etc. je l’ai quasiment toujours obtenu). J’ai donc pu voir un peu sur place ce qu’il se tramait, mais sans trop comprendre toutes les raisons et les revendications…

Pour mieux comprendre un peu tout ça, voici le résumé de la situation :

En images

ensad Le point sur la grève à lEnsad.

En vidéo

En liens

Ainsi qu’un document accablant [PDF] signé par l’intersyndicale et le collectif enseignant de l’Ensad

Je ne sais pas trop quoi en penser. En attendant, les commentaires ne se font pas attendre comme le designer Jean-Louis Fréchin qui commente : « Dissoudre les écoles d’art qui marche dans l’université qui ne marche pas » [source] ou encore « Designer ou docteur en design, talent ou mobilité » [source], ou Michael qui me disait qu’il était soulagé de ne pas être entré à l’Ensad.

Et vous alors… impliqués ? intrigués ? Utopies étudiantes ou problème de fond ?

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55 personnes ont laissé un commentaire... et vous ?

  1. MDescharles, le 11 mars 2011 à 20 h 06 min

    Et je le redis! Très franchement si je rentre dans une école aussi prestigieuse, j’aurais que faire de ce genre de considération et je m’estimerais heureux. A mon sens ils sont déconnectés de la réalité. C’est sans doute un des concours d’entrer les plus difficiles et c’est gens là ne voit même pas leurs chances d’avoir des profs de qualité et un enseignement reconnu intentionnellement. Bien sûr des problèmes existe dans n’importe quelle école, et oui parfois il faut bousculer les choses établis mais là comme je le vois, j’ai plus l’impression que c’est une excuse à faire des apéro géant et boire des coups. Maintenant s’il y en a certain qui veulent partir je suis prêt à prendre leur place. :mrgreen: Faut pas déconné non plus c’est ridicule comme histoire.

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  2. Thibaut, le 11 mars 2011 à 21 h 29 min

    Si par « prestigieuse » tu entends qu’elle fasse bien sur ton CV quand tu voudras intégrer une grosse boîte, c’est normal que tu condamnes ce mouvement. En revanche, si par « prestigieuse » tu entends une école qui te donne le libre arbitre ou la clarté de jugement qui te permettront de te détacher des tendances et contrefaçons pour créer cette tendance, dans ce cas tu devrais mieux comprendre cette mobilisation.

    Et quel que soit le point de vue, un peu de recul donne souvent une meilleure clarté de la situation et permet d’éviter des mots comme « ridicule » ou « apéros géants », moi je n’ai lu ça nulle part. Je trouve ça sain que de temps à autres, des personnes motivées s’unissent pour rappeler, en prenant des risques, que l’enseignement ne s’impose pas, il se partage.

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  3. MDescharles, le 11 mars 2011 à 22 h 07 min

    Je ne condamne pas, je trouve cela excessif. J’ai toujours trouvé idiot de faire quelques choses pour faire bien sûr le cv. CV, diplôme etc. sont pour moi que des bouts de papiers sans grandes valeurs. Si je dis ça c’est juste que j’ai du mal à comprendre leurs revendications. Elles me paraissent non fondé. Evidement du recul est essentiel. A mon sens je trouve que c’est un luxe que peu de personnes peuvent se payer.

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  4. Loïc, le 12 mars 2011 à 7 h 17 min

    Il y a certainement un problème de fond mais l’attitude affichée et les moyens d’action choisis par les étudiants ne m’encouragent pas à accorder la moindre crédibilité aux revendications des étudiants. Donc je n’ose même pas imaginer ce qu’en pense les autorités, politiques, etc. à qui ce message est adressé. Ils doivent doucement s’en amuser. J’ai l’impression de ne pas avoir vu passer une année sans des ‘grèves’ dans les écoles d’art, et les arts déco sont plutôt spécialistes (ENSAD & ESADS), et j’ai tout autant l’impression que rien n’a bougé…

    Ceci étant j’ai une image d’étudiants souvent trop pédants et bien trop sûr de leur bon droit. Oui l’enseignement c’est un partage, pas du gavage, mais identifier le monde professionnel, concret et mercantile à l’ennemi est pour le coup ridicule. L’université joue aussi très bien cette mascarade d’« espace libre », ce qui est un concept très fallacieux à mes yeux parce qu’il cache d’abord des gens qui se touchent la nouille avant d’héberger des libres penseurs (il y en a, heureusement), mais je doute que ces derniers aient vraiment besoin de l’« espace libre ou critique (barrer la mention inutile) » pour penser librement.

    Bref, c’est bien d’agir pour améliorer les conditions d’enseignement si elles sont vraiment terribles (il me reste un petit doute là-dessus, j’y vois surtout des préoccupations de luxe), mais alors faîtes-le sans coller une étiquette ‘woodstock 2011’ dessus…

    [Ceci était un avis sponsorisé par Royal Canin, subjectif, impartial et canin donc] :twisted:

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  5. MrKurt, le 12 mars 2011 à 8 h 46 min

    Je rejoins Loic sur certains points (les reflexions sur les libres penseurs), mais en même temps, j’ai l’impression (et entendu dire) que l’enseignement des arts décos est à la ramasse ces derniers temps, donc, c’est pas forcement un mal que ça change.

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  6. Jérémy Vey, le 12 mars 2011 à 11 h 13 min

    Bah moi je soulignerais l’élan de créativité spontané…
    Et je condamnerai tout ce tapage !

    Il n’y en a vraiment que pour les grandes écoles, c’est frustrant pour les autres.

    J’ai fais mes études à l’ÉSAD d’Orléans (anciennement IAV) et je peux vous dire que c’était pas du luxe d’être dans cette école. Au cours des 5 ans de scolarité j’ai vu des points positifs et des points négatifs. Plus d’atelier sérigraphie, créativité bridé car elle ne convenait pas à l’image que l’école voulait donner, réduction des budgets, non remplacement des profs et plus de titularisation possibles pour les enseignants arrivant… Mais du nouveau matériel d’impression, de vidéo, informatique (bien qu’il est toujours fallut justifier de son utilisation par la signature des enseignants).

    Franchement il n’y a pas de professeurs aussi reconnus qu’à l’Ensad même si certains mériteraient cette reconnaissance, seulement voilà l’école n’est pas à Paris. Cependant j’en ai bien profité.

    Alors de quoi ils se plaignent ces étudiants ? Ils créaient !! C’est le plus important…

    RépondreRépondre
  7. jérémie, le 12 mars 2011 à 12 h 00 min

    Ils font des bon workshop aussi dans l’émission Top chef, si si !

    RépondreRépondre
  8. Quentin, le 12 mars 2011 à 12 h 15 min

    Bonjour,
    Je suis étudiant à l’ENSAD et n’ai que peu participé à ce workshop mais je me dois ici d’en souligner les raisons et la force.
    Je suis outré de voir que l’on prend ces étudiants pour des bourgeois revendicateurs alors que ce sont sûrement les gens les plus créatifs et qui tiennent le plus à leur ENSAD qui participent à ce projet. Ceux qui « se touchent la nouille » sont au contraire contre cette initiative qu’ils jugent révolutionnaire et dérisoire (l’adresse mail conjointe à tous les élèves à dû être fermée pour cause d’insultes récurrentes). En effet notre école est je pense, divisée entre ceux que les remaniements dus à la normalisation LMD européenne arrangent et les autres qui voudraient conserver une certaine possibilité d’expérimentation en opposition avec les partenariats de luxe (il faut savoir que de plus en plus souvent et de plus en plus tôt, les grands noms du marketing viennent se servir de la manne créatrice des élèves pour alimenter leurs nouveaux projets et ce, bien évidemment libre de droits). Comme quoi ces préoccupations font débat même au sein de l’établissement!
    Le workshop est là pour dire merde. Merde à la perte d’originalité et de créativité, merde à la dégradation du diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en Master d’Arts Plastiques, merde aussi au cloisonnement des secteurs et à l’irrespect des instances décisionnaires de l’école par un collège de coordonnateurs de sections omnipotents. Merde enfin à l’utilisation irresponsable de moyens titanesques: oui nous sommes riches, mais nous ne savons pas utiliser cet argent.
    Cette « grève » ne gêne aucunement ceux qui veulent travailler mais intéresse de plus en plus d’élèves, de professeurs et d’agents administratifs qui se rappellent les années bénies du « temps d’avant » où la transdisciplinarité était le mot d’ordre et l’innovation le seul but.
    De mon point de vue, toute remise en question est de toutes manières bénéfique à qui l’entreprend. J’espère sincèrement que ce genre d’interrogations pourra se propager dans le milieu des écoles françaises d’Art pour bénéficier d’une transition au format européen réfléchie et non normalisatrice. Nous ne sommes pas et ne serons jamais une université d’Arts Plastiques.
    Bien à vous.

    RépondreRépondre
  9. Geoffrey Dorne, le 12 mars 2011 à 12 h 22 min

    @Quentin: Merci Quentin ! Je suis content d’avoir également des points de vue d’étudiants de l’Ensad, en effet, il y a la vue de l’intérieure et celle de l’extérieure qui est intéressante de faire dialoguer ! merci encore.

    RépondreRépondre
  10. avetis.kazarian, le 12 mars 2011 à 12 h 27 min

    Bauhaus II : coming soon.

    Loading…Please wait.

    – private jojoke inside –

    RépondreRépondre
  11. Geoffrey Dorne, le 12 mars 2011 à 12 h 41 min

    @avetis.kazarian: :twisted: reste plus qu’à aiguiser le crayon ;-)

    RépondreRépondre
  12. Mateas, le 12 mars 2011 à 13 h 36 min

    Bonjour à tous !

    Je regarde les événements à l’Ensad d’un oeil un brin moqueur, un brin envieux d’autre part.
    Je suis un étudiant suisse dans une école suisse (haute école d’art et de design de Genève HEAD) et j’avoue être assez amusé de voir tous ces discours sur la notion de « grande école » ultra sélective. J’ai toujours pensé que c’était ce système qui rendait crispé le système français d’éducation supérieure (bien que ce soit pas très différent ailleurs).
    Si je pense qu’une action étudiante revendicative est toujours bonne à prendre, à faire, je suis juste étonné que ce soit l’Ensad qui débute un mouvement.

    Ah oui, surtout, c’est quoi une université d’art plastiques ? Une école ouverte ?

    RépondreRépondre
  13. YaYaYa, le 12 mars 2011 à 14 h 24 min

    Je trouve très dérangeant le discours politisé utilisant les mêmes manies et la même gestuelle que nos « Ô Grands Politiciens » quand c’est un étudiant qui se bat contre la normalisation des diplômes. Ça sonne faux et cela décridibilise totalement l’étudiant en question.

    Sinon, j’adore l’idée de « créer ensemble » du projet. C’est ce que les journées portes ouvertes des écoles d’art devraient être réellement.

    On verra bien ce à quoi cette grève va aboutir. Peut-être un apéro géant avec tous les étudiants, youpi de la Schœn’ Braü!

    RépondreRépondre
  14. Miguel, le 12 mars 2011 à 15 h 06 min

    Bonjour, je suis étudiant à l’ENSA de Nancy, et je comprends qu’il puisse y avoir une revendication étudiante, nécessaire selon moi à la vie d’une école.

    Ce que je vais dire ne concerne que la partie LMD.
    Je pense qu’il y a un blocage contre le grade de Master qui ne devrait pas exister. Je ne dis pas cela parce que je suis tout à fait « pour ».

    Je m’explique, nous sommes des écoles d’arts, et nous ne sommes pas des universités certes, mais quand bien même un étudiant voudrait intégrer une école étrangère ou une université à la sortie de l’école d’art que fait-il ? Il recommence du début car les diplômes ne sont pas reconnus comme équivalents, les 5 années ne valent rien.
    Si comme vous le dites, l’école d’art est une chance, une ouverture, alors il faut nécessairement que ses qualités (d’enseignement) soient reconnues par les autres structures et je pense que le Master loin de tout standardiser, peut, si les étudiants et les enseignants se l’approprient, servir d’ouverture, de reconnaissance non pas d’un prestige, mais d’une compétence, une compétence dans la création.

    En bannissant systématiquement cette « normalisation » on ne fait que se brider soi-même, et désolé d’être pessimiste mais la normalisation des écoles d’art se fera, de toute façon. Pire elle se fait déjà malgré les revendications. Alors quoi ? Faire grève pour qui ? Pour se montrer à soi-même que l’on peut s’organiser sans l’école ? Que l’on peut-être créatif sans enseignants ?
    Mais n’est-on pas là pour ça à la base ? N’est-on pas là par ce que déjà nous sommes créatifs ? alors à quoi sert l’école ? A forger des égos ou à exercer nos savoirs faire et à s’ouvrir au monde ? Apprendre à s’adapter n’est-il pas le propre de l’homme.

    Les écoles ne sont-elles que des nouveaux parents que l’on admire au début et que l’on veut rejeter par la suite pour se prouver que nous aussi on existe et retrouver ainsi nos parents que l’on avait quitter plus tôt ? Ne peut-on pas simplement exister avec nos enseignants, nos secrétaires, nos directeurs et ne pas perpétuellement rentrer dans un conflit parents-enfants ? Soit-il avec le sourire.

    Nous sommes à une charnière de l’enseignement artistique en France, et plutôt que de lutter contre, ne devrions-nous pas le développer en proposant des réponses créatives et originales, montrer que la réponse d’une école d’art n’est pas d’être là où on l’attendait, mais d’être, tout court.

    Car au fond, si l’école devait devenir ce standard que l’on craint, y resteriez-vous ? Si l’école d’art n’était plus école d’art, y postuleriez-vous encore ? ( L’Art a-t-il besoin d’une école ? )

    Une école ne vit que par ses étudiants. Elle n’est pas ce que vous en faite, mais ce que vous y faites, ce que vous projetez d’y faire ou d’y trouver. Si vous pensez que vous n’y trouverez rien, vous n’y trouverai rien d’autre que de ne rien y trouver. Si ce que vous y trouvez ne correspond pas à ce que vous projetiez d’y trouver alors il ne tient qu’à vous de rester (pour voir en y projetant autre chose) ou de partir et non à l’école de changer.

    Je ne sais pas si ce que je dis est clair, peut-on réellement savoir ce que l’on dit ? :)

    RépondreRépondre
  15. Laurent, le 12 mars 2011 à 15 h 27 min

    Bonjour. tout d’abord je trouve triste que le dialogue ne suffise pas pour rassembler les gens autour d’un projet pédagogique c’est un peu du gâchis avec les moyens humains et matériels disponibles.
    Je trouve la démarche des étudiants courageuse et les questions soulevées par ce workshop intéressantes (la question de la pédagogie expérimentales, de la transversalité/coordination entre option, la place des sciences humaines dans le projet etc)
    Je ne connais pas de l’intérieur L’ENSAD mais vu de la province et d’une autre école (école de design de nantes ) ce « mouvement  » ne semble ni élitiste ni parisien mais relever des enjeux importants et la nécessaire transformation de « la pédagogie de la créativité » face aux changements de notre société.
    Après la façon de faire la façon de dire les récupérations multiples et de tout bord sont le lots de tout mouvement social…

    RépondreRépondre
  16. manu, le 12 mars 2011 à 15 h 35 min

    bon pour calmer les ardeurs de certains, je rappel que, comme il est dit dans la vidéo, ils sont « légitimes » parcequ’une pétition a été signée par 250 personnes…

    Nous sommes 710 étudiants à l’ensad, cherchez l’erreur ;-)

    Après, étudiant moi même à l’ensad, je ne participe absolument pas à tout ça (même si forcement je suis l’affaire de près) et comme la plupart de mes camarades, je penses que oui, forcement, il y a des choses qui ne vont pas mais de la a avoir des revendications du type « il faut supprimer l’age limite du concours d’entrée et faire en sorte que les élève ai leur mot a dire sur la selection »… sans commentaires.

    et dernière chose :
    « La transdisciplinarité est une posture scientifique et intellectuelle. Elle a pour objectif la compréhension de la complexité du monde moderne et du présent. Le mot transdisciplinarité a été inventé par Jean Piaget, en 1970. »

    (je sais, c’est jouer sur les mots mais ce workshop parle plutot de pluridisciplinarité et d’interdisciplinarité . nan mais :smile: )

    bref tout ça pour dire, ce combat est certainement légitime mais il n’est en aucun cas représentatif de toute l’école (et avant que je me fasse lyncher par mes petits camarades que j’aime : OUI J’adore cette école :) )

    RépondreRépondre
  17. avetis.kazarian, le 12 mars 2011 à 15 h 38 min

    @manu: +1

    La qualité de ce que les grévistes ont produit est…tout à l’image de leur grève :D

    RépondreRépondre
  18. Hubert, le 12 mars 2011 à 17 h 01 min

    Bon, ce que je lis là (manu) me conforte un peu plus dans mon choix, j’avais un peu peur d’un chaos général. (je tente actuellement le concours de premiere année et ça m’a fait un petit peu flipper). Je tente cette école pour cette multidisciplinarité, pour la qualité d’enseignement (je suis actuellement a l’ESMA a montpellier et là il y a de vrais problèmes de moyens et d’enseignement, pas envie de retomber dans la même chose si j’étais pris a l’ENSAD).
    Après, j’ai fait les portes ouvertes et j’ai discuté avec certains profs qui pensaient que les élèves ne se rendaient pas compte de la chance qu’ils avaient, du point de vue créa, materiel, enseignement, locaux etc…Donc des points de vues vraiment partagés…
    Je suis un peu exterieur a tout ça, et je pense qu’il y a sans doute une légitimité dans ces contestations, mais il faut aussi prendre du recul, aucune école n’est parfaite, et il y en a d’autre qui sont bien pire…

    RépondreRépondre
  19. Hubert, le 12 mars 2011 à 17 h 01 min

    Bon, ce que je lis là (manu) me conforte un peu plus dans mon choix, j’avais un peu peur d’un chaos général. (je tente actuellement le concours de premiere année et ça m’a fait un petit peu flipper). Je tente cette école pour cette multidisciplinarité, pour la qualité d’enseignement (je suis actuellement a l’ESMA a montpellier et là il y a de vrais problèmes de moyens et d’enseignement, pas envie de retomber dans la même chose si j’étais pris a l’ENSAD).
    Après, j’ai fait les portes ouvertes et j’ai discuté avec certains profs qui pensaient que les élèves ne se rendaient pas compte de la chance qu’ils avaient, du point de vue créa, materiel, enseignement, locaux etc…Donc des points de vues vraiment partagés…
    Je suis un peu exterieur a tout ça, et je pense qu’il y a sans doute une légitimité dans ces contestations, mais il faut aussi prendre du recul, aucune école n’est parfaite, et il y en a d’autre qui sont bien pire…

    RépondreRépondre
  20. Anne-Perrine, le 12 mars 2011 à 17 h 24 min

    Je trouve ça très beau, ce projet. Il y a toujours des revendications dans les Universités ou les Écoles, les gens ne sont jamais satisfaits. La jeunesse est tumultueuse, passionnée, fougueuse, elle a besoin de se faire entendre. Parfois ça se traduit par un blocage complètement larvaire dans une Université pendant un semestre et demi, parfois c’est un workshop avec plein de gens souriants qui s’amusent et créent ensemble quelque chose… C’est ce qui peut manquer, ce dont on peut regretter l’absence au cours d’une année passée chacun-dans-son-coin à faire ses boulots et puis c’est tout.
    Si cette action peut engendrer un changement de pédagogie, c’est très bien. Dans le cas contraire, ce n’est jamais perdu ; c’est une force de voir que l’on peut parvenir à se bouger les fesses pour prendre d’autres gens par la main et les amener peindre, dessiner, construire, coller, découper… En vue de quelque chose de concret, c’est-à-dire cf. la vidéo, d’une exposition.

    Par contre si les gens pouvaient arrêter de toujours mettre l’Université en fond repoussoir, je trouverais ça très bien. Vraiment. Parce que c’est ce qui creuse sans cesse le fossé entre Université et écoles d’Art, et qu’aux yeux des Universitaires, excusez-moi mes braves, mais ça vous rend pédants et hautains. Intéressez-vous assez aux choses pour ne pas vous arrêtez à ce que tout le monde dit… Votre mérite n’en sera que plus grand.

    RépondreRépondre
  21. avetis.kazarian, le 12 mars 2011 à 18 h 10 min

  22. Remy Bourganel, le 12 mars 2011 à 18 h 56 min

    @Quentin: il me semble que l’opposition création/commerce n’a aucune valeur, et ne sera pas constructeur. Je suis convaincu que l’école a beaucoup à gagner à poursuivre une transformation profonde dans laquelle elle s’engage non pas tant à développer la multi-disciplinarité que l’inter-disciplinarité, et donc à l’ouverture. Constater que les créatifs de l’école (élèves et étudiants) se voient éventuellement dans des silos d’expertise est alarmant, parceque c’est bien vers l’extérieur que l’école doit se tourner reconnaissant la nécéssaire inter-dépendance dans une période de renaissance où la gestion de la complexité est partagée. Le design n’est pas dispensé du besoin en France de décloisonner.

    RépondreRépondre
  23. Jean-no, le 12 mars 2011 à 19 h 19 min

    Je ne sais pas trop quoi en penser, mais comme me le faisait remarquer ma moitié, le casting est bien fait, ces jeunes gens sont tous beaux.
    L’Ensad n’est pas à ma connaissance l’école qui a le plus de problèmes… Même l’infernale pression de la bolonisation des écoles d’art ne semble pas trop concerner l’Ensad (ni aucune école nationale), si ? La vidéo laisse penser que les étudiants veulent faire la pédagogie de leur école. Si c’est ça, ce n’est pas une très bonne idée et ça ne risque pas d’arranger la réputation des étudiants de l’Ensad qui sont souvent considérés comme « les meilleurs, mais persuadés d’être encore meilleurs que ça » comme m’a dit un ancien ensadien directeur d’agence qui a juré qu’il n’embaucherait plus jamais d’étudiants sortis de son école !
    Enfin qu’il y ait du mouvement ici, c’est bien : c’est une école un peu plus réputée que d’autres, les angoisses des étudiants peuvent finir par être entendues, plus que celles d’étudiants d’écoles de petites tailles situées en dehors du boulevard périphérique. J’ai bien ri dans la vidéo quand un étudiant semble embêté du manque de conflit avec l’école : un conflit sans conflit, effectivement, ça craint du boudin, comme on dit dans ma région :-)

    À côté de ça, de nombreux diplômes d’écoles territoriales ont été subitement dégradés, ou plus précisément, n’ont pas obtenu le grade « master 2″, sans doute à cause des tensions qui existent entre le ministère de la culture et celui de l’enseignement supérieur… Tout ça sur fond d’évaluations très pénibles, faussement rationnelles, qui tentent d’harmoniser la fac et les écoles d’art, dont la différence (je connais bien les deux) a toujours été une richesse. En les mettant sur le même plan, on risque de perdre beaucoup de choses.

    RépondreRépondre
  24. avetis.kazarian, le 12 mars 2011 à 19 h 26 min

    @Jean-no: +2.

    Et comme j’ai l’autorisation de Jojo pour troller : http://bit.ly/grg9qi

    RépondreRépondre
  25. Geoffrey Dorne, le 12 mars 2011 à 19 h 33 min

    (petite parenthèse, je suis ravi de voir des avis très intéressants, Jean-no, Rémy, Avétis (troll), et les étudiants, merci beaucoup)

    RépondreRépondre
  26. Dimitri, le 12 mars 2011 à 20 h 51 min

    Il faut faire attention à la manière dont se diffusent des informations. Je tiens à préciser que les étudiants à l’origine du mouvement ne sont en rien contre un rapprochement de l’école avec l’université. Cette « partie LMD » n’est pas concernée par les revendications, elle a d’ailleur peu été soulevée pendant les discutions. Nous avons tous conscience des opportunitées qu’elle représente.

    La « supression de la limite d’age » pour le concours d’entrée dont tu parles, manu, n’est pas non plus dans les revendications. Ce point a été discuté, débatu, et une majorité des étudiants du mouvement étaient contre.

    http://arts-deco.org/2011/03/03/nous-voulons/

    Ensuite, méfions nous, en observant de loin l’évènement, des lieux communs et raccourcis faciles dans lesquels il est facile de tomber. Peut-être que si l’on se penchait un peu sérieusement sur ce que disent étudiants et enseignants, on ne s’arrêterait pas à la qualité des réalisations ou au débat sur la limite d’âge.

    Bien évidement, que les étudiants ont conscience de la chance qu’ils ont. Ce mouvement est justement né de l’idée de profiter d’avantage de ce que l’école a à offrir.

    Les etudiants du mouvement n’ont à aucun moment boycotté le materiel, les profs etc. Bien au contraire, ils se sont rendu compte qu’on ne leur permettait pas d’en profiter comme ils le devraient, et ils ont décidé de se réaproprier ce que l’école a à offrir.

    Ca faisait longtemps que l’on n’avait pas vu, à l’ensad, des gens courir dans tous les sens en portant des planches de bois, des projets dans les couloirs (interdit d’habitude) des gens de tous secteurs et de toutes années travailler ensemble du matin au soir, le materiel et les espaces réinvestits, etc.
    L’école a ressemblé a ce qu’elle est: une école d’art, vivante.
    Durant ces deux semaines, lensad a sessé dêtre un hopital, et un peu de vie y a été insulfée.

    Il est important de noter que le mouvement des étudiants est suivit en parallèle par un collectif de professeurs formé en parallèle et dont voici les publications:

    Intersyndicale-Ensad-2011-01-25-Excellence.pdf
    Intersyndicale-Ensad-2011-02-LEnversDuDecor.pdf

    Mais sans doute les professeurs sont-t-ils également des bourgois élitistes déconnectés de la réalité et inconscients de la chance qu’ils ont d’enseigner à l’ensad.

    Ce n’est pas sur le constat qu’il y a des problèmes dans toutes les écoles et que l’ensad est bien lotie qu’elle est devenue « prestigieuse ».

    Si l’ensad est devenue prestigieuse, c’est notamment grâce à la qualité de l’échange entre la direction, les professeurs et les élèves. Dire qu’il est illégitime de se plaindre quand on est dans un établissement prestigieux, c’est se mordre la queue.

    Aujourd’hui, ce que les professeurs et les élèves reprochent à la direction, c’est de couper cet échange. Une énergie et un fiancement considérable est monopolisé en communication vers l’exterieur au détriment de la pédagogie, dont les instances légitimes ne sont plus consultées. Ils ont l’impression que l’école, aujourd’hui, est assise sur son prestige, et vit sur ses acquis. Mais elle ne pourra pas le faire très longtemps, à un moment donné il deviendra évident qu’il y a un décalage entre sa réputation et la qualité de sa formation. Lorsque la gestion de l’école ne permet plus cet echange, ces connexions, celles qui ont fait de l’ensad ce dont elle a la réputations aujourd’hui, lorsqu’ils ont l’impression que l’ensad ne devient plus qu’une façade, une devanture, alors les étudiants et les professeurs tirent la sonette d’alarme.

    Rien ne se construit ni ne perture sans debat, sans échange, sans mouvement, pas meme la reputation de l’ensad. Une proposition de réflexion , d’amélioration n’est jamais illégitime.

    Ce que les étudiants tentent de faire, c’est de se réapproprier ce qui a fait la qualité de cette école. Car ce n’est surement pas dans le contexte dans lequel vivent profs et eleves en ce moment que se sont épanoui les invités de « que sont nos amis devenus ».

    RépondreRépondre
  27. lionel, le 12 mars 2011 à 21 h 22 min

    Etrange de suivre cet evenement de loin.
    Mes impressions sont melanges, je comprends l’envie de se regrouper et de fair bouger les choses si on estiment qu’elles ne fonctionnent pas. Mais les propositions vont elles dans le bon sens?

    Il y plusieurs annees je regardais l »ENSAD comme un lieu privilegie pour une elite de la creation au sens global. Ceux qui arrivaient a se qualifier pour y rentrer avaient un panel d’opportunites ouvert a eux. Donc j’estimai qu’ils avaient tous un grand talent.

    Je regarde desormais l’ENSAD du point de vue d’un recruteur. Quelles personnes vais-je recevoir de cette ecole? Quelles seront leurs capacites? Sont-ils un apport riche dans le domaine creatif? Seront ils s’adapter au cadre de travail d’une agence?
    Ce sont des questions que je me pose pour chaque candidat quel que soit sa provenance : Ecole publique, privee, autodidacte, changement de filiale, apprentissage… (contrairement a certaines structures qui font deja leur selection selon la provenance de l’etudiant…).

    D’une part ce genre de reaction des eutdiant me plait, ils sont motives a bouger et a apprendre plus ; ils sont donc curieux et envieux d’approffondir leurs connaissances qualite indispensable pour un creatif.

    J’approuve la connaissances dans plusieurs domaines tant qu’ils sont interdependants et que parmi eux on se soit specialise dans quelque chose. La connaissance de plusieurs choses doit servir a appuyer sa specialisation.

    D’autre part l’image qu’ils communiquent ne me parait pas assez mature. Je n’arrive pas a sentir de proposition viable derriere. Cela me semble un melange de domaine et de niveau d’expertise pour le seul salut du melange.

    J’arrive a envisager quelque grands silos contenant chacun plusieurs expertises interdependantes. Et ces grands silos ont egalement des domaines qui sont amenes a se superposer, c’est evident.

    Quel est le besoin pour une agence d’avoir quelqu’un qui puisse toucher a plusieurs (trop de) domaines sans avoir une expertise pointue dans aucun d’entre eux.
    Puis-je me permettre de prendre quelqu’un ayant une palette de savoir tres etendue sans reelle coherence au depit de quelqu’un ayant moins de domaines d’expertise mais plus qualifie dans chacun d’entre eux? (sans parler qu’economiquement, l’un des deux va se vendre plus cher que l’autre)…

    Etant en agence interactive, que puis-je faire de quelqu’un qui ai la moitie de ses connaissances dans des domaines que je ne pourrai pas exploiter.

    D’un autre cote, si les eleves ont un droit de parole pour la selection de leurs enseignants, vont-ils faire de meme dans un contexte professionnel …

    Je vais faire un petit parallele avec des ecoles de commerces. De maniere generale certaines de ces ecoles poussent effectivement leur eleves a avoir une haute opinion d’eux, de leur education et de leur capacites (et ceci est valabel dans le monde, je ne parle pa qu’a l’echelel francaise). J’ai peur de voir dans le futur des eleves sortir de cette ecole et avoir la meme mentalite, une poussee de l’ego appuye par la reputation de l’ecole mais pas neccessairement les competences qui suivent.

    En conclucion, toujours des questions… mais de toutes ces revendications qui touchent la structure de l’ecole je me pose la question : Quel est l’avenir professionel de toutes ces personnes? Que donne cette transdiplinarite dans le domaine du travail? L’ENSAD se trouve a la limite entre les arts appliques et les arts plastiques, il serait dommage de perturber cet equilibre meme si il a toujours ete difficile de le maintenir.

    RépondreRépondre
  28. lionel, le 12 mars 2011 à 21 h 30 min

    Juste un petit ajout, parlant de l’hote de cette discussion : Geoffrey.
    Je suis heureux de voir un ancien eleve tel que lui (non pas pour lui lancer des fleurs gratuitement) avoir un domaine de travail precis mais a l’interieur de celui ci avoir la connaissance de plusieurs specialites. Il est plus evident d’identifier son travail et de savoir a quoi il peut etre applique.
    Si tous ses collegues sont ainsi alors ca ne me pose aps de soucis je serai ravi d’en voir plus , mais les derives peuvent etre mauvaises je ne voudrai pas voir que des plasticiens transdisciplinaires sortir de cette ecole.

    RépondreRépondre
  29. avetis.kazarian, le 12 mars 2011 à 21 h 37 min

    @Dimitri: Bla Bla Bla.

    Votre attitude dans la vidéo et ce que vous avez produit avec les moyens dont vous disposez est ridicule.

    Vous ne donnez pas envie de rejoindre une école où les gens font une soi-disante grève – on remarquera toutes ces personnes les bras croisés dans la vidéo et/ou qui sont là juste pour se divertir – mais surtout une école où l’on parle plus que l’on fait.

    Le problème n’est pas dans l’idée originale – qui est plus ou moins louable – mais dans ce que vous en avez fait concrètement.

    Vous dégradez l’image de votre école.

    Cette grève a plus d’un show-off où quelques têtes de clown sont bien trop contents de passer devant une caméra qu’autre chose.

    Vous auriez très bien pu faire tout cela sans « envahir » l’école en venant avec vos projets concrets devant la direction pour les leur montrer, ou tout simplement les réaliser ailleurs. Cela aurait été plus convaincant et aurait eu plus d’impact que de faire beaucoup de bruits inutiles pour rien.

    Et puis sérieusement, à vous écouter, on croirait qu’il est interdit de parler entre élèves et professeurs dans cette école.

    Mais vu la quantité de blabla que vous nous offrez, je pense qu’on vous l’a plutôt bien ouverte ;]

    Et sans rancune, c’est juste que tout ce carnaval est tellement drôle – et triste à la fois – que je ne pouvais pas m’en empêcher :]

    @lionel: +3

    RépondreRépondre
  30. Anne-Perrine, le 12 mars 2011 à 21 h 45 min

    @avetis.kazarian: “Vous auriez très bien pu faire tout cela sans « envahir » l’école en venant avec vos projets concrets devant la direction pour les leur montrer, ou tout simplement les réaliser ailleurs. Cela aurait été plus convaincant et aurait eu plus d’impact que de faire beaucoup de bruits inutiles pour rien.”

    Je ne suis pas d’accord. Si les étudiants de l’école s’étaient contenté ça, je suis certaine que je n’aurais jamais eu vent des revendications ou du malaise exposé… Et je ne suis probablement pas la seule.

    RépondreRépondre
  31. avetis.kazarian, le 12 mars 2011 à 21 h 54 min

    @Anne-Perrine: Faux.

    C’est une idée stupide et malheureusement très française de penser « Si je sors et que je crie fort, on va m’entendre. »

    La réalité des révolutions ne se fait pas dans les décibels mais dans la puissance et la conviction de ceux qui la portent.

    Ce sont les « cerveaux » qui ont toujours fait ces révolutions, le reste du cortège ayant juste servi à balayer les restes de l’ancien pouvoir.

    Là je ne vois que des jeunes qui veulent faire un apéro géant et faire de la politique – pour ça il existe d’autres écoles. le saviez-vous ?

    Et puis entre nous, le seul malaise que je vois ici, c’est qu’ils n’arrivent pas à trouver mieux à faire que de souffler dans du plastique et de construire des cabanes.

    C’est ça l’école à l’examen d’entrée l’un des plus difficiles de France ?

    Gropius, si tu m’entends dans ta tombe, aie pitié de mon âme, reviens leur botter le cul !

    RépondreRépondre
  32. Jean-Baptiste, le 12 mars 2011 à 22 h 35 min

    Beaucoup beaucoup de réponses! Au début j’avais une petite remarque, mais il m’a été impossible de la poster; sur les conseils de Geoffrey je vais donc tenter de la reconstruire et de le prolonger.

    Oui c’est vrai qu’au départ, on se dit : ces privilégiés qui râlent, etc. Ils ont eu la chance d’y arriver et ils crachent piteusement dans la soupe. D’abord, il n’y a aucune raison que se plaindre soit un privilège qui ne serait accordé qu’à ceux qui ont moins de chance que les autres. Sinon, personne ne serait en droit de se plaindre, car il y a toujours pire que sa propre situation.

    Sinon et plus généralement, je déteste cette idée que l’apparence festive des grèves estudiantines cacherait une absence de véritable revendication. Pourquoi tout devrait-il se passer dans la douleur ? Je trouve qu’au contraire c’est un signe encourageant de la pacification de nos sociétés. Certes il y a parfois un peu de naïveté, et revendiquer « Woodstock » semble un poil enfantin. Mais, il ne faut pas non plus oublier que Woodstock était pour ses créateurs rien de plus qu’une opération commerciale; s’en réclamer, donc, n’est juste qu’un signe de naïveté. Et puis quoi, ces photos ne montrent rien que des tentatives de dire quelque chose autrement qu’en gueulant dans la rue de vieux slogans « ENSAD t’es foutue, tes étudiants sont dans la rue », « au cul, au cul, aucune hésitation, l’ENSAD n’a plus de ronds » et autres rengaines de goût douteux. Moi, j’aime bien l’idée que l’on revendique avec ses propres moyens, et ceux des étudiants de l’ENSAD c’est l’art décoratif. Je ne crois absolument pas à l’idée selon laquelle, il serait dans les gènes des étudiants (ou de n’importe qui d’autre) de faire grève juste pour s’amuser. S’ils sont en colère, quelque soit la forme de leur manifestation, il vaut mieux essayer de comprendre, c’est le sens des très bons messages de Quentin, Dimitri, Anne-Perrine.

    J’ai plus de doute sur les oppositions entre écoles et universités, pourquoi cela devrait-il être conservé ? Le système des « grandes » écoles, la plupart du temps « grandes » pour ceux qui y sont ou qui rêvent d’y rentrer est une absurdité que personne ne nous envie. Elle ne fait qu’exacerber les corporatismes sans jamais être constructive. Le système éducatif français souffre terriblement de ce système qui conduit à de terribles sélections aussi absurdes qu’infondées.

    Et puis, j’ai lu des trucs bizarre sur « ces pseudos intellectuels qui se touchent la nouille » dans des universités qui ne seraient que faussement des « espaces libres ». N’en déplaise à quiconque, l’université française est bien un espace libre, c’est bien ce qui gène certains de nos décideurs. Il peut y être dit et fait à peu près ce que l’on peut imaginer; certes ceux qui y font preuve de trop de liberté et ne sont pas dans le « moule » ont plus de mal à faire carrière, mais à part cela rien ne les empêche de mener leurs réflexions (vive le statut de fonctionnaire pour les penseurs, statut auquel est associé la liberté de parole et de pensée). Et puis, plus fondamentalement, il n’est pas possible de piloter (comme on dit maintenant) la pensée, le seul moyen par lequel on peut espérer obtenir des choses intéressantes est de laisser une masse faire : de cette masse sort parfois l’inattendu; et inutile d’espérer repérer par avance cet inattendu, il ne peut-être cerné par définition. Et pire, il sort parfois de ceux dont on pensait qu’il ne leur sortirait rien de bon.

    Note pour les lecteurs courageux : je ne sais rien de la situation exacte aujourd’hui à l’ENSAD, mes remarques sont d’ordre plus générales…

    RépondreRépondre
  33. Anne-Perrine, le 12 mars 2011 à 23 h 11 min

    @Jean-Baptiste: “N’en déplaise à quiconque, l’université française est bien un espace libre, c’est bien ce qui gène certains de nos décideurs.” +1

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  34. Jean-no, le 13 mars 2011 à 12 h 19 min

    @Jean-Baptiste: J’ai plus de doute sur les oppositions entre écoles et universités, pourquoi cela devrait-il être conservé ? … Drôle de question à poser puisque vous y répondez vous-même plus loin en disant N’en déplaise à quiconque, l’université française est bien un espace libre, c’est bien ce qui gène certains de nos décideurs.
    Pour moi, la réponse à la question est la diversité : chaque système a ses qualités. Les moyennes écoles d’art où j’ai enseigné (Amiens, Le Havre, Rennes) ont pour vertu d’être très maternantes : on connaît les étudiants, on a souvent cinq ans pour les découvrir, avoir des rapports assez forts avec eux, et eux aussi, entre eux, ont toutes ces années pour se créer un environnement, jusqu’à atteindre un simulacre de rapport familial, pour tout ce que signifie le mot « famille », y compris le fait que l’on reste attaché à des gens que l’on n’aurait pas forcément choisi. À l’université aussi on peut se créer une famille mais ça n’a rien d’obligatoire, l’université fonctionne bien plus comme un self-service très souvent impersonnel ou de nombreux étudiants frais émoulus du lycée se perdent complètement. La contrepartie heureuse de ce système parfois cruel, c’est la liberté. L’université ne rend de compte qu’à elle-même et ne se soucie pas de questions d’orientation personnelle (qui limitent l’enseignement, la recherche et l’imagination). À l’Université, j’ai eu peut-être 500 étudiants, ou plus je ne sais pas, je ne pourrais pas les compter en fait. Certains sont venus me voir pendant un semestre et je les ai oubliés, mais il y en a d’autres que je vois toujours dix ans plus tard. L’expérience de l’université n’est pas la même pour tous ses étudiants, certains n’en tireront rien, d’autres (ceux qui avaient quelque chose à y faire) énormément. Inversement dans une école d’art, l’expérience est sensiblement la même pour tous les étudiants. Certains étudiants passent de l’école d’art à l’université et inversement, c’est une bonne situation souvent. C’est mon cas, d’ailleurs.
    Maintenant, que penser des énormes écoles, les nationales, les prestigieuses ? Parfois plus impersonnelles dans les premières années, ce sont celles qui ont les budgets par étudiant les plus élevés, qui embauchent les enseignants prestigieux, à la mode, à la pointe, ce sont aussi celles qui intègrent les étudiants les mieux préparés, les plus éduqués, les plus bourgeois aussi, jusqu’à atteindre des cas critiques où les étudiants se demandent dès la deuxième ou troisième année pourquoi ils n’auraient pas le droit de dicter leur pédagogie aux enseignants. C’est un peu dangereux le complexe de supériorité, croire qu’on en sait trop pour devoir s’abaisser à apprendre. Souvenons-nous des mots du philosophe Bruce Lee : « La vie est votre enseignant, et vous êtes en état de constant apprentissage ».
    Quoi qu’il en soit, la multiplicité des approches permet une multiplicité de résultats, et je ne trouve pas problématique que l’on continue à séparer écoles, université et grandes écoles. Chacun de ces systèmes a ses qualités et ses inconvénients.

    RépondreRépondre
  35. victor, le 13 mars 2011 à 13 h 05 min

    @avetis.kazarian: @Remy Bourganel: Heu oui mais l’ensad comporte dix secteurs, que fait on alors des secteurs non rentables tels que l’animation, la sceno ou l’image imprimée?

    Je ne suis@avetis.kazarian:
    Salut,
    Je ne comprends pas l’étendue de ta haine envers ce mouvement, pourquoi tiens tu absolument à generaliser à ce point?
    À tu lu notre cahier de revendication, je ne parle pas de « Nous voulons » mais de l’indéniable.
    Ce que nous demandons c’est la réorganisation des instances qui permettent une vrai réflexion sur la pédagogie prenant en compte les specificitées de secteur
    Un extrait:
    « Le fonctionnement actuel des instances de l’École ne permet plus un fonctionnement démocratique et, plus grave, ne permet plus une élaboration innovante et audacieuse de sa pédagogie.
    Depuis quinze ans, les baronnies de secteurs s’installent, qui ont la main mise sur l‘école et lui dicte ses choix pédagogiques et budgétaires.
    La dernière direction a permis à certains coordonnateurs de secteur de faire leur nid, instaurant par la même, pour assoir leur pouvoir, une coordonnation par la terreur(enseignants vacataires, postes de titulaires dévolus aux enseignants obéissants, syndiqués menacés). Profitant de la réintégration dans les locaux de la rue d’Ulm, après une délocalisation à Ivry sur Seine de 1996 à 2004, ces mêmes coordonnateurs se sont réservé la part du lion.
    La belle invention de l’ancien directeur des études René Lesné, soit la création en 1997 d’un Collège des Coordonateurs de secteurs visant à prospecter et alimenter les choix pédagogiques du Conseil des Études et de la Recherche (CER), a été, depuis, détournée, amenant peu à peu le Collège des Coordonateurs à remplacer le CER dans son rôle décisionnaire de la ligne pédagogique de l’école.
    L’Indéniable et les étudiants mobilisés qu’il représente, proposent la création d’un Collége des Étudiants Représentants de Secteur (CRES), visant à équilibrer le Collège des Coordonnateurs. L’Indéniable exige l’élection de représentants de chaque secteur par année, et la tenue semestrielle de Conseils de Secteurs. »

    Ces conseils de secteurs où siègerait le coordonateur du secteur, 4 élèves, 4 enseignants et les techniciens de secteurs. Ces réunions serait à la fois un temps de bilan et d’écriture pédagogique.

    Nous avons décidé de cibler nos revendication sur ce point car après maintes réunions sur la pédagogie nous nous sommes rendu compte qu’il était absurde et contradictoire d’écrire un projet sans enseignants ni techniciens.

    Enfin, je ne comprends pas pourquoi tu t’acharnes à ce point sur le fait que ce workshop, et sa clôture s’est passé avec le sourire, dans un esprit festif. Il nous semblait plus constructif d’adodopter cette atitude, sachant que nous ne sommes pas contre l’école, mais pour une autre école.

    RépondreRépondre
  36. avetis.kazarian, le 13 mars 2011 à 13 h 50 min

    @victor: Ce n’est pas de la haine mais de la moquerie acide et ciblée ; j’ai vu l’ENSAD de l’intérieur, je connais des gens qui y sont étudiants ou encore chercheur, et je travaille avec l’ENSAD – tout du moins son labo – ce qui me donne envie de défendre une part de son existant, celle que je connais.

    Je trouve cela grave que des jeunes qui sont incapables de produire des choses de qualité – c.f. votre workshop – se croient en mesure de donner leurs avis face à des gens – même crapuleux et parfois incompétents – qui ont au minimum une certaine expérience et un certain savoir. Là-dessus je renvoie à l’avant-dernier paragraphe de Jean-no – superbe la citation de Bruce Lee :D

    Que vous critiquiez des rapports « malsains » ou des abus de pouvoir, c’est une chose – et une très bonne – mais que vous demandiez à participer à la direction de l’école, c’est juste ridicule.

    Si au moins vous aviez un certain niveau, que vous montriez un génie « indéniable » – vous aimez bien ce mot hein – je n’aurais jamais fait de commentaire.

    Prenez des exemples dans le passé ou dans d’autres pays où la vie étudiante est active et créative, et vous verrez que tout se passe à merveille ; même avec une direction pourrie ils font des projets incroyables, sans avoir 1/1000e de votre matériel.

    Et pour sûr, l’embourgeoisement des élèves n’a pas aidé cette école à aller de l’avant, mais surtout à ramener sur terre l’orgueil et la prétention de ces mêmes élèves.

    Pour apprendre il faut deux choses : du travail et de l’humilité.

    De tout ce que l’on peut voir des grévistes, c’est qu’ils manquent des deux.

    Une dernière chose : si vous n’aimez pas la direction, allez fonder votre propre école avec une belle direction toute démocratique. Certains l’ont fait, mais je ne vous garantis ni succès ni qualité ;-)

    N.B : j’ai dit tout ce que j’avais à dire sur le sujet, et je n’ai plus le temps de répéter mon beau discours de troll. Merci de relire mes commentaires en guise de réponse aux vôtres :]

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  37. cazaentre stéphanie, le 13 mars 2011 à 13 h 54 min

    @MDescharles:
    bonjour à tous,

    je suis une ancienne des arts décos, (sortie en 2006), je rencontrais de nombreux problèmes et frustrations durant ma scolarité. J’imagine les même que vous actuellement.
    Je suis très heureuse de ce mouvement. Je regrette de ne pas y avoir pensé. C’est peu être « grâce » au contexte mondiale actuel, que l’idée vous est venue de réagir avec force et persuasion. Tant mieux.

    En rapport au commentaire du début. Je pense que les arts décoratifs justement est un école qui sélectionne les élèves, ils sont pleins d’entrain, d’ambition et de talents. Les capacités de l’école sont aguicheuses mais ne tiennent pas leurs promesses. Il est naturel que ses même élèves frustré se manifeste, et se révolte.
    Félicitation. Longue vie à votre mouvement. JE VEUX VOIR L’EXPO !

    RépondreRépondre
  38. ThomasD, le 13 mars 2011 à 22 h 46 min

    @Jean-Baptiste:
    « J’ai plus de doute sur les oppositions entre écoles et universités, pourquoi cela devrait-il être conservé ? »

    Pour une raison très simple : l’université forme des théoriciens, les écoles d’art des plasticiens. Il y a certes de nombreux ponts entre les deux mais ce sont deux disciplines assez différentes. De ce fait, leur existence respective ne peut pas être remise en cause.

    Oui, mais voilà, aujourd’hui on veut tout mettre dans des cases bien uniformes : « oh, ils travaillent dans le domaine artistique, c’est pareil on va les mettre ensemble! », créant un gloubi-boulga d’institution artistique…

    Concernant le mouvement de grève, je trouve ça bien que des étudiants fassent autre chose que de râler au quotidien et produisent des choses. Et peu importe la qualité des productions d’ailleurs, ce qui compte c’est l’émulsion qui s’est produite durant ce workshop. Rien que pour ça je cautionne complètement.

    En revanche, pour les revendications, c’est beaucoup plus flou. Ils insistent sur le fait que « non, on se plains pas du matos mais on pourrait mieux l’utiliser », mais dans ce qu’ils nous montrent, ce n’est pas ça qui ressort. Je n’ai pas l’impression de voir des étudiants en art poser des réelles questions sur ce qu’est une école d’art aujourd’hui (et ce qu’est LEUR école en particulier), sur ce que peut produire un projet « interdisciplinaire ». Ils insistent sur ce mot mais les productions ne reflètent pas un seul instant l’idée d’un travail réunissant des gens issus de plusieurs horizons différents. C’est là moi que je n’adhère plus au projet.

    Concernant les critiques des autres écoles/institutions, il faut avouer qu’ils vont chercher le bâton pour se faire battre. Il est normal que les étudiants d’autres écoles de province voient d’un mauvais œil les étudiants de l’ENSAD se plaindre. Personnellement, je suis étudiant dans une toute petite école d’art (Lorient) et j’ai pas le quart du centième de ce qu’ils ont en matos/profs. Est-ce que ça m’empêche de produire? Non.
    Je ne vois pas dans leur grève un caprice d’enfant gâté, mais il y a l’art et la manière de faire les choses, et là, c’est un peu gonflé quand même.

    L’espace d’émulsion qui s’est créé est une bonne chose, mais pour ce qui est des revendications, je ne trouve pas que la finalité du projet les mette en avant…

    Après tout ce sont des problèmes internes à l’école qui semblent le plus ressortir ce ces débats. Ce genre de problèmes ne peuvent-ils pas être abordés en conseil pédagogique? Est-ce vraiment nécessaire de les étaler comme ça?

    RépondreRépondre
  39. adrien, le 14 mars 2011 à 12 h 38 min

    Bonjour,
    Je viens de lire un peu les commentaires, et cela me fait tristement pensé à ces mêmes commentaires que l’on a pu recevoir pendant la lutte que l’on a mené au Art deco Strasbourg.
    Cela oscille toujours en gros entre « de quoi il se plaignent les privilégiés petit bourgeois » à « qualité des productions pouraves  » et « gesticulation inutile » …&c…
    Ce type de réflexion m’énerve profondément, cela montre le visage d’une société ou certaines personnes attendent volontairement le coup de pelle qu’on va leur donner sur la gueule… et qui non-content de cette condition volontairement masochiste voudraient que tout le monde fassent pareil.
    Je souhaiterais que ces personnes laissent au moins ces étudiants gueuler et se défendre. La réforme des EPPC n’est pas une chance mais une logique petit comptable, elle n’est pas faite pour créer de l’interdisciplinarité, n’en doutez pas, mais pour réduire les couts. Rien que pour çà : cette lutte est nécessaire.
    Ce n’est pas parce qu’il y a des différences de moyen entre les écoles que l’on doit toujours niveler par le bas, c’est absurde. Donc oui, oui, oui, étudiants grévistes demandaient toujours plus. L’année dernière à l’ESADS, nous avons pu freiner un peu cette logique comptable en la dévoilant aux grands jours les vraies intentions de cette reforme. Qu’avons nous gagner ? Tout ce que nous demandions : obtenir des enseignants et des heures de cour en plus et le maintien du nombre d’étudiant… Ce que vous faites n’est pas vain, c’est d’utilité publique. L’enseignement ne doit plus être bradé.

    Bon courage dans cette lutte.

    Adrien

    RépondreRépondre
  40. adrien, le 14 mars 2011 à 13 h 38 min

    @adrien:

    J’oubliais de vous donner un lien utile :
    http://www.ouallonsnous-esads.fr/

    RépondreRépondre
  41. Jean-no, le 14 mars 2011 à 14 h 17 min

    @adrien: je ne comprends pas tellement : quel est le rapport entre la grève des étudiants de l’Ensad de Paris et les Epcc ?
    Pour Strasbourg, le problème (auquel je suis tout à fait sensible) me semble être avant tout que le directeur actuel n’est pas à l’aise avec l’idée d’une école d’art dont la réputation est tournée vers les arts décoratifs/appliqués. Il semble aussi que dans le cadre du jonglage avec les évaluation de DNSEP par les ministères il ait été forcé d’associer de force les départements « objet » et « art » (mais si ça ne change rien à leurs spécificités, ce n’est pas grave)

    RépondreRépondre
  42. adrien, le 14 mars 2011 à 14 h 34 min

    @Jean-no: C’est pourtant ce que laisse entendre ce billet, http://www.paris-art.com/art-culture-France/ensad-very-sad/rouille-andre/347.html, ce n’est pas le seul point défendu par les etudiants de l’ENSAD, mais à l’origine c’est l’Epcc qui a créé le trouble à Strasbourg et qui devait entrainer une modification de la pédagogie par la mutualisation des moyens (attendez içi réduction). Sinon c’est l’option design et objet qui ont été groupé, bien avant d’ailleurs le rendu du dossier pour l’évalution.

    RépondreRépondre
  43. Jean-no, le 14 mars 2011 à 15 h 31 min

    @adrien: oui, le billet d’André Rouillé voit cette histoire à l’Ensad comme une partie d’un grand tout, d’un ras-le-bol généralisé, mais le statut EPCC concerne les écoles territoriales, pas tellement celles sous tutelle directe des ministères (les écoles « nationales » : Ensad, Ensba, Ensci, Lyon, Cergy,…). Je ne minimise pas les problème de l’Ensad (je ne les connais pas) mais ils me semblent distincts de ceux qui concernent les autres.
    Sinon c’est bien dans « art » que « objet » a été intégré à Strasbourg, histoire (je crois) de limiter le nombre des DNSEP soumis à l’évaluation par l’Aeres.

    RépondreRépondre
  44. Stéphanie, le 16 mars 2011 à 14 h 28 min

    Juste pour saluer le commentaire d’Adrien! C’est ce commentaire là qu’il faut lire! Je ne suis pas assez concernée par le problème pour émettre mon avis, mais je suis convaincue que cette révolte était nécessaire, ayant parlé avec la plupart des élèves de l’ENSAD, qui ont participé au workshop! Je leur souhaite de continuer leurs revendications et d’obtenir de réels changements!

    RépondreRépondre
  45. Basile, le 17 mars 2011 à 1 h 36 min

    @avetis.kazarian:

    Bonjour à tous,
    je lis des propos qui me font peur!
    L’Ensad souffre avant tout de sa réputation et du luxe qu’elle propose aux étudiants.
    Cela génère une ambiance désagréable et nuisible. Beaucoup d’étudiants bossent pour leur pomme et se désintéressent de l’école, du reste des élèves. Certains professeurs aussi ont un égo particulièrement volumineux et se fichent de ce qui se passe en dehors de leur cours. On méprise les autres, les techniciens, le personnel, le voisin mais surtout le reste du monde.
    Les moyens colossaux mis à disposition n’invitent pas à se serrer la ceinture, à faire des compromis, à se rassembler, à reflechir…
    L’organisation générale de l’école (de l’architecture à la pédagogie) ne permet pas de se rencontrer, de travailler ensemble, de faire dialoguer les savoirs.
    La vie sociale est la base d’une école. C’est l’école. Par conséquent je considère qu’il est nécessaire d’y prêter attention bien avant de soigner son « image ». Ce constat est à l’origine du workshop.

    Donc, cher avetis.kazarian, ne t’appuie pas sur le peu que tu connais de l’ensad pour l’ouvrir si grand, car tu oublies l’essentiel d’une école. Tu es content de constater que nous ne sommes pas des génies, que nous ne sommes que des étudiants… cela te rassure? Tant mieux puisque c’est la pure vérité. Mais il n’est pas nécessaire d’être un génie pour protester (tu saisis la gravité de tes propos?). Monsieur est déçu car il a trouvé que c’était un travail de mauvaise qualité. Monsieur préfère lire étapes car c’est plus propre et en plus il y a les explications en dessous. Monsieur se fiche peut être un peu des causes, ce qu’il aime c’est la critique. Monsieur aurait il le même symptome que les ensadiens eux-mêmes?

    Ça veut dire qu’a l’extérieur aussi c’est le cauchemar?

    RépondreRépondre
  46. avetis.kazarian, le 17 mars 2011 à 6 h 29 min

    Déjà le Basile il va baisser de deux ou trois tons quand il est assis gentiment derrière son anonymat. 

    Après le Basile va essayer de comprendre ce que je dis avant que son cerveau brûle toutes les étapes – jeux de mots foireux avec un magasine que je ne lis pas. 

    Gueuler ne sert à rien. 

    Ça n’a jamais servi à personne de beugler dans un coin même si on veut vous faire croire le contraire – j’ai essayé et d’autres avant moi.

    L’action directe – e.g action physique – est quant à elle peut-être démesurée ; la guerre c’est le mal. 

    Donc il reste le meilleur moyen à l’homme d’agir : s’assoir et utiliser ce qu’il a de plus précieux, son coeur et son cerveau.

    Une fois qu’il a pu la tête froide mais le cœur chaud assumait la conception de sa révolution, l’homme peut construire son projet de révolution. 

    Il rencontre alors d’autres hommes qui ont comme lui user criterium et papier, ensemble ils essaient de convenir d’une même frappe. 

    Une fois la chose décidée, ils présentent leur vision calmement aux vilains méchants tyrans qui les oppriment – qui vont pour sûr refuser la proposition sans même la lire et retourner jouer au bilboquet dans leurs luxueux bureaux respectifs. 

    De là l’homme de peu d’intelligence va s’exciter et s’énerver « Comment ont-ils osé ! Refuser, à NOUS ? C’est un affront que l’on ne peut accepter ! On va leur montrer de quel papier on se chauffe ! »

    De l’autre côté, ceux d’un tempérament plus calme – e.g mon contraire – et possédant une expérience plus aiguë de la réalité, passent tranquillement aux étapes suivantes – les jeux de mots de ce commentaire sont sponsorisés par les purées Mousseline. 

    Ils se réunissent et forment un projet béton, réunissent moyens et membres pour agir suivant un plan précis et en respect à leurs idées. 

    Une fois les ingrédients réunis, ils se mettent à travailler sérieusement sur leur projet et seulement là ils l’ouvrent grand – et de préférence une fois que leur projet est fini. 

    Sans justifier la nécessité d’une telle demande, ils seraient passer pour de petits rigolos. 

    Voilà rien que pour toi mon Basile les étapes – ho ho ho – de la création d’un projet d’envergure. 

     Les gens ont toujours peur de critiquer les jeunes et plus particulièrement ceux qui râlent et crachent sur la société, parce que ça ne le fait pas politiquement. 

    Mon point de vue est différent, et même si cela fait peur parce que tu ne le comprends toujours pas, tu devrais peut-être essayer justement. Il y a toujours quelque chose d’intéressant à apprendre dans les critiques. 

    Et pour ce qui est de connaitre l’Ensad, je ne pense pas avoir besoin de connaitre plus que je n’en connais déjà pour critiquer ce que j’en vois. 

    On jugera toujours les hommes par leurs actes parce que c’est le reflet de ce qu’ils sont. 

    Allez, retourne construire ta cabane et moi je vais lire le dernier numéro d’étapes :]

    P.S : Je ne crois pas que ce que vous avez fait puisse être qualifié de « se serrer la ceinture » ni sans « volumineux ego ». Donc j’éviterais à ta place de critiquer ce que vous n’appliquez pas vous-même.

    P.P.S : Lorsqu’un génie gueule, de sa bouche sort le talent et cela seul suffit pour qu’on l’entende. Les autres doivent SUER et se crever à la tâche AVANT – Goethe is you friend.

    P.P.P.S : Et reste zen, ce n’est pas parce que je fais de la critique acide et avec un humour déplacé que je déteste votre démarche et vous avec ; again, essaie de comprendre ce que je dis. 

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  47. void, le 17 mars 2011 à 8 h 55 min

    @avetis.kazarian: T’as pas fini d’ennuyer tout le monde et à t’exciter pour rien ? Laisse-les gens tranquille et retourne bosser ! Parce que je te rappelle que tu as 3 projets à me rendre (dont deux en retard :D).

    En plus tu aurais fait pareil à leur place voire pire, alors calme-toi et concentre tes énergies sur tes projets.

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  48. avetis.kazarian, le 17 mars 2011 à 9 h 04 min

    @void: Oui maître…

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  49. Stéphanie, le 17 mars 2011 à 13 h 50 min

    avetis.kazarian : « Et puis sérieusement, à vous écouter, on croirait qu’il est interdit de parler entre élèves et professeurs dans cette école. »

    Parce que tu crois qu’ils n’ont pas essayé de dialoguer avec la direction ou les professeurs???!!!
    ça se voit que tu n’a jamais été confronté à des gens fermés.
    D’ailleurs tout un groupe de professeurs les ont soutenus, et ça n’a pas suffit ! Et puis le but de ce workshop n’était pas de faire du beau! L’art n’est pas fait pour être contemplé de nos jours !
    Avec la culture que tu affiche tu devrais le savoir! Il y a eu pleins d’idées intéressantes, dont la totalité n’est pas affiché ici ! C’est la revendication derrière qui est importante. Ils ont été capable de se bouger tous ensemble! rien que ça c’est déjà très respectueux! ça ne te donne pas envie? alors pourquoi tu gaspille ta salive? ou les muscles de tes mains plutôt?

    Moi ce que je trouve ridicule, c’est de critiquer une chose, alors que l’on est même pas allé voir sur place, ou que l’on est même pas capable d’aller discuter calmement avec les gens concernés!

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  50. Basile, le 17 mars 2011 à 15 h 46 min

    réponse invisible… ou engloutie… que faire?

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  51. Matthieu, le 18 mars 2011 à 17 h 06 min

    Permettez moi de vous conter une petite aventure que j’ai eu avec la direction de l’ENSAD.
    En préambule, je ne suis pas diplômé d’une école d’art, mais un autodidacte de 30 piges qui a trouvé sa vocation sur le tard. Je travaille dans une asso de paysans bio depuis 8 ans (je vous raconte un peu ma vie là…). Un jour je me suis dit « j’ai fait mon temps ici, je voudrais bosser en agence ou en studio afin de me confronter à d’autres univers ». Naïvement je pensais qu’en postulant à des offres de DA, je trouverais un nouveau job relativement rapidement. Que nenni, les recruteurs n’étaient pas convaincus par un créa qui n’a pas de diplômes de créa et après avis de professionnels sur mon travail (il me fallait un minimum de certitude concernant la qualité de ce que je produit) , j’ai présenté une demande de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) à l’Ensad. Cette demande s’inscrit dans une vrai démarche de projet professionnel que je ne fais pas à la légère, j’ai donc pris le temps de faire un dossier clair et bien travailler ma lettre de motovation. La réponse, concernant mon dossier est arrivé 3 mois plus tard… Refusé, sans aucune explication. Déçu, j’essaye d’appeler la responsable VAE de l’école pour avoir des explications qui me permettront de rebondir, de me refixer des objectifs afin d’arriver, un jour, à travailler en agence. La dite personne n’est la que le jeudi aprés midi, ce qui n’est pas simple pour la joindre. Et après 3 semaines d’essais infructueux par mail et téléphone, je me décide d’écrire à la directrice de l’ENSAD qui était signataire de ma lettre de refus. Je lui demande de me donner des explications sur le motif de refus de ma candidature, non pas pour remettre en cause cette décision, mais pour comprendre ce qui a manqué et donc me permettre d’évoluer. En plus de ça j’ai payé 80€ de frais de dossiers, les explications sont quand même un minimum…
    J’ai reçu quelques semaines plus tard une réponse laconique et cinglante. En substance, on m’expliquait que la décision du jury est souveraine ( ce que je n’ai jamais contesté) et que eux savent ce qu’est la création graphique et que moi je n’en fait pas partie…
    Je me suis senti rabaissé, considéré comme une insecte qu’on écarte d’un revers de la main. Ce n’est pas l’idée que je me fait des écoles de la République : L’accès au savoir pour tous. Ma demande fait partie d’un vrai projet professionnel et mérite à ce titre d’être un tant soit peu « accompagnée ». Certes, j’ai eu une vocation tardive, mais je ne peux plus prétendre à repasser un diplôme ( je n’ai pas les moyens d’arrêter de travailler pour reprendre des études et de toute façon j’ai dépassé la limite d’âge.)
    Alors je peux comprendre que si les étudiants sont si peu considérés par la direction, ils soient quelques peu énervés !
    La richesse ne se crée pas de façon unilatérale, elle se construit par le partage…

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  52. hello, le 1 avril 2011 à 10 h 24 min

    un ancien de l’ensad qui connait bien EM et PM et qui a été formé par Widm, et qui suit ces problèmes depuis 30 ans… Sachez que l’imagination,la réactivité, la compétence et l’ouverture d’esprit est la clef du succès professionel, j’en dirai pas plus. La génération internet et la génération 68 viennent de se >….> percuter….

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  53. Emilie, le 4 avril 2011 à 10 h 29 min

    J’avoue que j’ai moi aussi pensé au premier abord  » de quoi ils se plaignent ces pauvres petits étudiants privilégiés ? ». Mais bon, je me suis rappelé que j’ai aussi été dans une prépa « prestigieuse » ( l’atelier de sèvres ), et ça a été presque la pire expérience de ma vie, je n’ai pas suivi les cours jusqu’au bout.
    Ce n’est pas par ce que c’est prestigieux et qu’il y a de gros moyens que la qualité de l’éducation est là. On peut tomber sur des gens horriblement fermés d’esprit…

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  54. motte Daniel, le 1 mars 2012 à 0 h 17 min

    on bossait et on se marrait mieux en 1959 car l’on se prenait moins au sérieux.

    Par ailleur étant actuellement en contact avec une école de prépa de province je ne puis que vous encourager à bosser car votre workshop me parait ne pas s’éléver plus haut que ce que font vos futurs collègues ( avec en moins les moyens).

    Allez les petits gars soyez un peu plus fous et l’art ne s’en portera que mieux. Bon il est l’heure d’aller vous coucher.

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  55. _XXXX, le 21 mai 2014 à 17 h 35 min

    @cazaentre stéphanie:

    D’acord avec toi avec beaucoup de recul.
    Et oui je partage ton avis, je suis d’accord avec toi, mais faut mieux rester anonyme, c’est moins dangereux!

    Je cite Apeloig, que j’admire » Le graphisme sera mieux vu, mieux compris, et reconnu que si il coexiste avec d’autres formes artistiques. L’isoler dans des manifestations trop sectaires, c’est le condamner à se scléroser autour d’un public déjà acquis. C’est comme si on se construisait nos propres barreaux, au risque de nous maintenir en périphérie de l’art contemporain et de sa vitalité. »

    Il y a que lui qui puisse dire cela.

    http://ligature.ch/2013/10/philippe-apeloig-interview/

    Soo long!!

    RépondreRépondre

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