Vous avez peut-être déjà croisé son travail, Julian Legendre est un designer graphique de talent, enseignant, curieux et libre penseur dans nos échanges. Quand je lui ai proposé de participer à « Dans le carnet de…», il m’a tout de suite dit oui puisqu’il est passionné par les carnets, par la pratique de la réflexion graphique, écrite, illustrée. Comme il me l’a dit à propos de ses carnets : « J’en ai toujours un voire plusieurs avec moi. Ca peut rendre fou ma femme tant je peux passer des heures à les regarder dans les librairies. Le choix de celui-ci peut se révéler très difficile, tellement que parfois j’en prend plusieurs au cas ou l’instant se prête plus à l’un qu’à l’autre.»

À côté de cela, Julian fait comme moi, il a une trousse et il nous en parle avec passion :

« Je crois que je ballade celle-ci depuis 2004 à peu près… Je l’ai acheté à Chicago avec mon frère qui a toujours la sienne avec lui également. C’est un lien assez fort entre nous. A l’intérieur de celle-ci des outils basiques mais assez précieux à mes yeux :
– un bic, l’arme absolue,
– un feutre PaperMate noir et un bleu.
– un pinceau Pentel (revu par Craft Design Technology) sorte de sabre laser absolu de ma trousse.»

Et ton outil préféré pour dessiner ?

« J’ai eu mon premier Pentel à mes 18 ans, cadeau de mon frère, et depuis il ne me quitte plus. Cet outil me permet d’encrer de façon ultra rapide et d’esquisser de façon parfois naïve des idées (telles que les logos AG, dans le dossier de photo). Il me permet tout autant de poser mon regard sur mon environnement. À ce stade mon matériel de survie peut s’arrêter là mais j’y ajoute pourtant :
– de quoi faire de la couleur ! Et oui ça m’arrive peu, mais de temps à autre je peu avoir envie d’exprimer quelque chose par la couleur (interlude, jazz)
– des criteriums et une bonne gomme (quasi inutiles mais bon…)
– un Apple Pencil, le dernier entré dans la trousse ! je dessine beaucoup sur iPad Pro. J’adore pouvoir esquisser en temps réel au grès de mes besoins en design. Illustration pour magazine, cabochons pour la presse, sketches pour expliquer mes logos, et puis beaucoup de dessin de famille ! »

Et c’est sans doute mon sujet préféré ! J’ai souvent besoin de faire une pause avec mes notes, mes esquisses, mes recherches et me réfugier dans mon environnement, ma bulle. Elle est souvent composée des membres de mon cercle proche : Charlotte, mon fils Edgar…

Peux-tu nous parler des formats sur lesquels tu travailles ?

« Mes carnets sont de plus en plus grands ! Au début j’adorais avoir un petit carnet. Les Moleskine ont souvent été mes meilleurs amis. Depuis quelques années je privilégie un carnet plus grand environ A5 fermé. Je trouve cette taille idéale pour le sac ou les grandes manteaux. Cela laisse de place pour s’exprimer plus convenablement. J’aime aussi les grands de plus en plus, et j’arrive à trouver le temps de les remplir ! Ils sont composés de listes de to-do, brief client, listes comptables, livres à lire, plans, qui sont pour moi une sorte de tout-venant de notes. Mais ils sont composés aussi de libre expression. Dessin, peinture, recherches, récréation, humeur. (interlude, Moebius). Je mélange volontiers toutes les pratiques dans le même objet. Ça peut paraître étonnant mais ça me permet de désacraliser le coté carnet de dessins et d’être plus à l’aise sur mon expression, sans me poser de limites.»

« J’aime faire des recherches que je ne ferai pas sur écran comme pour Rungis, où j’ai esquissé un projet de sculptures-signalétique grâce à ce carnet (Rungis). C’est la simplicité de ces premiers sketches que l’on retrouve dans les futurs projets. Pour le conservatoire d’Orléans (série d’affiche qui m’a fait connaitre au public), j’ai fait de nombreux sketches de préparation à la fabrication des volumes réalisés en papier. Tu peux voir les réalisation en photo. Par moment j’adore tenir mes cahier avec rigueur. Comme dans les petits carnets de Chicago, ou la composition prime sur le dessin lui même. Cette série est commencé en live au grès des rencontres, puis encrée plus tard.»

Et pour ton travail de design graphique, ça se passe comment ?

» Parfois je rempli les pages de façon frénétique pour trouve le signe parfait ! Comme pour les recherches autour de la marque Ancestral Ground (AG). Je dessine aussi beaucoup mon environnement, et donc beaucoup en voyages…»

Tu utilises aussi le carnet… numérique ?

« J’ai joins aussi des recherches réalisés sur iPad car pour moi c’est aussi un carnet de croquis. Grace à ce formidable Pencil et les applis Paper et Procreate je ne quitte plus mon iPad. Je n’ai jamais canné mes dessins de mes carnets pour les reexploiter. Je préfère dissocier les étapes créatives. Le carnet sert à esquisser, réfléchir surtout ! Puis mon travail de designer se poursuit sur ordi, souvent de zéro. Avec le pencil c’est la révolution ! Je réfléchis, j’esquisse et je fais une acquisition instantanée de ces roughs sur mon poste de travail. Cela me permet de valoriser mes dossiers créatifs de façon plus efficiente, rapide, efficace. La gestuelle et la couleur prenne une place inédite dans mes productions.»

   

Julian, où peut-on te retrouver ?

Encore merci à toi pour ce partage !




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