Graphisme & interactivité Blog sur le graphisme, le design et la créativité numérique, par Geoffrey Dorne 2017-09-23T21:21:18Z https://graphism.fr/feed/atom/ https://graphism.fr/wp-content/uploads/2016/03/favicon-220x220.png Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[[Documentaire] Éthique, design et utilité du designer]]> https://graphism.fr/?p=619681864 2017-09-15T15:16:34Z 2017-09-15T15:16:34Z

Il y a quelques mois j’échangeais avec Gauthier Roussilhe à propos du documentaire qu’il était en train de réaliser. Son sujet ? L’utilité du designer. Intitulé « Ethics for Design », ce film de 50 minutes se pose une seule question : à quoi devrait servir un designer ?

Présentation

« Si cette question est essentielle aujourd’hui c’est parce que ce que produit un designer – interfaces, services, produits, etc. – semble parfois aller contre les intérêts des usagers. Au travers d’interviews croisées entre designers et chercheurs et d’études de cas réelles, le documentaire interactif dresse un état des lieux de la profession et propose un nouveau cheminement aux actuels et futurs designers. Ethics for Design a été conçu avec une interactivité précise qui permet à l’usager de pouvoir choisir l’importance qu’il donne à chaque médium présent dans le documentaire (vidéo, photo, texte). Cette expérience va dans le sens du propos énoncé dans le documentaire en offrant une interaction basée sur l’intention de l’usager et non pas sur son impulsion. »

Un extrait

 

Un beau sujet donc puisqu’il est polémique pour certaines personnes et fondamental pour d’autres. Cette question de l’utilité de notre métier fait partie de la pratique de nombreux designers (de tous les designers ?). Pour illustrer un aperçu de cette réflexion, ont été interviewés des personnes comme James Auger (designer, ancien professeur au Royal College of Arts et professeur associé au M-ITI Madeira), Alain Findeli (de l’université de Nîmes et de celle de Montréal et du laboratoire Projekt), Sarah Gold (designer d’interaction et fondatrice de IF), Peter Bil’ak (designer graphique et dessinateur de caractères, fondateur de Typothèque, éditeur de Works that Work), Flora Fischer (doctorante et chargée du programme de recherche du Cigref) ou encore Nicolas Nova (chercheur et professeur associé à la Head Geneva).

On appréciera également l’effort réalisé sur l’interface de ce documentaire puisque la vidéo est traduite, le texte s’affiche en temps réel, des images également, etc. Une façon intéressante de créer un dialogue entre image animée et information contextuelle.

L’interface

→ Visionner Ethics for Design directement sur le site

→ Visionner la vidéo uniquement

Encore bravo à Gauthier Roussilhe pour ce très riche travail !

]]>
0
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Babozor nous parle de l’avenir du travail]]> https://graphism.fr/?p=619681857 2017-09-15T12:46:01Z 2017-09-15T11:44:00Z

Vous connaissez peut-être Babozor, un « maker » de la première heure, un talentueux bricoleur et aventurier du DIY, bref, c’est quelqu’un que j’apprécie énormément. Comme lui, je partage l’amour du hack de soi-même (remember cet article!) et une de ses nombreuses quêtes qui est « comment créer l’environnement et la vie que je souhaite / qui me correspond ? ». On en a parfois parlé et je suis ravi de vous partager aujourd’hui sa toute dernière production vidéo qui aborde la question de l’avenir du travail.

Pourquoi je vous la partage ici ? Tout simplement car je sais que beaucoup de designers et de développeurs passent sur mon blog mais aussi beaucoup de personnes qui « créent » en général. C’est justement avec cette posture active et créative qu’il faut regarder cette vidéo. Babozor a un plan : à 50 ans, il veut entamer une sorte de retraite, ne plus être en CDI, ne plus avoir 3 heures de transport par jour (on le comprend…). Sauf qu’il va nous expliquer comment il compte s’y prendre et comment cette aventure s’organise.

Babozor nous parle de l’avenir du travail

De mon côté, cette réflexion existe également. Pour le CDI / CDD, j’ai toujours refusé d’être salarié, donc pas de souci là-dessus. Pour les transports, mon ancien atelier était à 30 minutes de chez moi ce qui faisait 1 heure gaspillée par jour. Cela n’est rien comparé à la majeure partie des habitants de l’Ile-de-France mais lorsque j’ai cherché un nouvel atelier j’ai cherché au plus proche de chez moi. Depuis 3 ans, mon atelier est à 5 minutes à pieds de mon domicile. Les prochaines étapes sont pour Babozor :

  • la diversification des revenus (avoir plusieurs métiers ? Aujourd’hui ma pratique du design m’offre de nombreux métiers (création, illustration, etc. voir mon article sur la diversité du métier) mais faire d’autres métier est une riche idée !
  • la mise en place de revenus passifs (là en l’occurrence, je n’aime pas la notion de rente mais je me demande si d’une certaine façon, il est possible de générer des revenus autrement qu’en s’agitant au quotidien)

Ce à quoi j’ajoute de mon côté (peut-être que Babozor a prévu cela également) :

  • la mise en place de systèmes autonomes et durables (pour l’alimentation, le transport, etc.)
  • la diminution de la consommation au sens large
  • l’acquisition de nouveaux savoir-faire (dans un but de trouver d’autres sources de travail mais aussi d’autres sources d’autonomie)
  • le refus systématique des sollicitations qui nuisent à long terme à ces évolutions

Voilà, tout ça c’est long à mettre en place, Babozor le sait, c’est pourquoi il s’est fixé comme délai ses 50 ans, mais c’est en effet sur du temps long que l’on peut organiser tout cela pour créer un changement réellement durable et stable. Il faut aussi prototyper, essayer, échouer, réussir avec sa propre vie, c’est aussi comme ça que l’on avance.

Bref, avis aux designers en devenir, actuels, et aux designers reconvertis, n’hésitez pas à nous partager aussi vos plans pour l’avenir de votre travail !

(Merci Babozor pour cette lueur !)

]]>
0
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Tour du monde des affiches à Échirolles]]> https://graphism.fr/?p=619681824 2017-09-11T11:51:15Z 2017-09-11T11:51:15Z

Ce vendredi j’étais invité par la Scoop la Péniche pour parler de design, de citoyenneté et de réappropriation de l’espace urbain dans le cadre de l’événement Culture Futur. J’ai pu échanger avec l’architecte Alain Renk lors d’une table ronde et aussi réfléchir avec les citoyens présents aux initiatives et idées pour une ville différente. Exercice amusant aussi, il y avait un petit stand sur lequel j’ai dédicacé mon livre 🙂

Le lendemain, direction le Centre du Graphisme d’Échirolles pour une exposition d’affiches… d’aujourd’hui ! Et si je précise affiches « d’aujourd’hui » c’est parce que beaucoup de graphistes présentés m’étaient inconnus puisqu’ils viennent du Japon, du Brésil, d’Israël, etc. De belles découvertes donc, loin des super stars du graphisme et des incontournables dont ont voit sans cesse fleurir les noms. Du changement donc et des sujets souvent forts actuels. Cependant, les affiches présentées sont encore majoritairement issues du milieu intellectuel et culturel et sont parfois loin du populaire… Mais cela vaut le détour !

J’ai fait quelques photos en espérant que vous puissiez y jeter un œil si vous passez par Échirolles avant le 29 septembre 2017 🙂

Quelques photos de l’exposition

Voilà, si ça vous tente, c’est gratuit, c’est du lundi au vendredi de 9h à 12h / 13h30 à 17h30 et c’est jusqu’au 29 septembre !

]]>
0
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Le carnet de dessins d’un soldat français en 1930]]> https://graphism.fr/?p=619681736 2017-09-06T09:02:06Z 2017-09-06T09:02:06Z

Il y a bientôt un an, j’ai retrouvé dans ma famille ce carnet d’un autre temps, un des objets les plus précieux que j’ai eu entre les mains. Il s’agit du carnet de Alcide, mon grand-père maternel qui faisait ses classes au 94e régiment d’infanterie à Bar-le-Duc dans les années 1930. Ce carnet date précisément de 1929, Alcide avait 21 ans et ses écrits ont été faits lors de son quotidien dans la caserne. Pour les plus férus d’histoire, il faut savoir que c’est plus tard, en 1940, que son régiment fut alors rattaché alors à la 42e Division d’Infanterie. Plus tard, il est devenu Chasseur Alpin, s’est battu pendant la Seconde Guerre Mondiale et c’est en 1940 qu’il a été fait prisonnier pendant 5 ans dans un camp.

Ce carnet, je ne le connaissais pas et quelle découverte ce fut pour moi : l’objet en lui-même porte son âge, les feuilles son très fragiles et le papier est totalement jauni. L’écriture est à la plume, une très belle écriture par ailleurs avec ses pleins et ses déliés. Les chansons et poèmes sont ceux de l’époque et parlent de guerre, de soldats, de femmes, de la France, de la mer et des campagnes mais s’il y a bien un sujet qui revient vraiment souvent c’est celui de l’amour 😉 Ajoutons à cela que mon grand-père dessinait également dans son carnet, dessins que je vous partage ci-dessous. Je l’ignorais totalement et j’ai été réellement surpris de voir qu’il avait un beau coup de plume, de crayon de couleur et une grande imagination !

Il y a des années qu’il a disparu, j’étais hélas bien trop jeune pour pouvoir lui poser toutes les questions que j’aurais aimé lui poser aujourd’hui, je le regrette parfois mais c’est ainsi. Ces quelques images sont celles d’un jeune soldat des années 30 mais ce sont celles aussi d’une personne à laquelle je pense très souvent.

Dessin d’un soldat français en 1930

  

Un immense merci à ma maman pour m’avoir fait découvrir ce carnet et pour m’avoir raconté les histoires. J’en profite aussi pour vous dire de profiter de l’expérience humaine qu’ont vos grands-parents si vous les avez toujours. Prenez un peu sur vous pour oser échanger de la vie d’avant avec eux, je pense sincèrement que ce sera bénéfique pour chacun d’entre-vous.

]]>
5
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Apprendre en 365 petits pas.]]> https://graphism.fr/?p=619681789 2017-09-04T09:43:48Z 2017-09-04T09:34:41Z

Apprendre, toujours apprendre. Il n’y a pas de petit apprentissage. Tout est à apprendre et c’est à soi-même qu’il faut confier quoi apprendre, quoi retenir, ce qui nous sera utile mais aussi ce qui nous permettra de nous épanouir. Je distingue quatre formes d’apprentissages (même s’il en existe sûrement d’autres) :

  • l’apprentissage théorique : un manuel m’apprend des choses tout comme une vidéo tuto Youtube par exemple
  • l’apprentissage pratique : une formation pratique m’apprend des choses, par le travail de la main liée à la mémoire
  • l’apprentissage en immersion : une expérience de vie à l’étranger par exemple peut m’apprendre des choses
  • l’apprentissage par petits pas : un apprentissage long, individuel et répété comme pour la musique ou les arts.

Je souhaitais donc vous partager l’apprentissage par petits pas qui est quelque chose de laborieux et qui pourtant permet d’acquérir un savoir-faire sans trop de peine sur une durée très longue. Pour ma part, j’utilise cet apprentissage pour le dessin. J’ai essayé pour la musique mais je n’ai pas réussi. Certains l’utilisent pour l’écriture (écrire tous les jours), d’autres pour une activité sportive, etc. Comme souvent, on peut imaginer apprendre quelque chose en ne faisant que ça pendant 1 mois, 3 mois, 12 mois ou plus… mais devant de telles durées, la réalité de la vie nous rattrape souvent et pour ma part, si je m’arrête de travailler sur des périodes longues, je ne pourrais plus payer mon loyer 😉

Combien de temps pour apprendre la gravure ?

Il y a quelques années, j’ai entrepris de faire un dessin par jour pendant un an. Le but ? Exprimer de nouvelles choses et apprendre l’usage du pastel gras. Les débuts étaient difficiles, les couleurs se mélangeaient, je repartais parfois sur des choses très simples pour m’éviter des difficultés techniques, puis je réattaquais des choses plus difficiles quand j’en avais l’énergie et donc, j’apprenais à nouveau de façon empirique. Après, une année et donc 365 dessins au pastel, je n’ai plus eu de difficultés ni de peur avec cet outil et même si cet apprentissage artistique et technique ne sera jamais terminé, j’ai quand même progressé et j’ai retracé cette progression dans un livre (toujours dispo à la vente par ailleurs).

J’ai laissé deux ans avant de me re-lancer dans un pareil challenge mais cette fois-ci avec l’aquarelle, un outil extrêmement difficile à mes yeux puisque c’est vivant, ça sèche, le papier absorbe, tout va assez vite et une erreur est vite arrivée. Bref, aujourd’hui je suis à mon 53e dessin, la route est donc très longue mais qu’importe, j’apprends, j’échoue, j’essaye, je réussie parfois, je découvre, je cherche, je tente… On verra où tout cela me mène.

L’important à retenir c’est qu’il faut parfois se planter. Parce qu’on ne peut évidemment pas être bon tous les jours, parfois on rate (et donc on apprend), mais qu’importe, on recommence le lendemain. C’est là aussi l’intérêt de créer chaque jour.

Quelques-une de mes aquarelles

L’apprentissage par petits pas est une façon pour moi d’intégrer de nouveaux savoir-faire dans mon quotidien sans venir tout perturber et ainsi, faire une transition douce vers d’autres choses ou tout simplement me changer les idées. À cela on peut imaginer :

  • Jouer et apprendre chaque jour d’un instrument
  • Pratiquer chaque jour le même sport
  • Écrire chaque jour quelques lignes d’un livre
  • Pratiquer le jeu de go chaque jour
  • Découvrir le travail d’un nouveau designer chaque jour
  • Inventer et enregistrer chaque jour une histoire
  • Dessiner un mot (lettering) chaque jour
  • Cuisiner chaque jour un nouveau plat
  • Lire quelques pages d’un livre chaque jour
  • Faire un pixel art par jour (pour Olivier !)
  • Faire une photo argentique par jour
  • Filmer chaque jour quelques minutes et en faire un montage
  • Apprendre chaque jour quelques mots et grammaire d’une langue étrangère
  • Cultiver chaque jour son jardin

Ajoutons à cela, que si on le souhaite, le partage quotidien sur Internet est une sorte d’archive, de rituel et une façon de recevoir – ou pas – les encouragements et la critique de ses proches. À force de faire, on apprend, à force d’apprendre on retrouve l’envie de faire, de créer. Je me réserve le temps de réfléchir quant à l’objet de mon prochain challenge de 365 jours mais je serais curieux de connaître celui que vous aimeriez entreprendre.

]]>
13