Graphisme & interactivité Blog sur le graphisme, le design et la créativité numérique, par Geoffrey Dorne 2017-11-22T08:21:05Z https://graphism.fr/feed/atom/ https://graphism.fr/wp-content/uploads/2016/03/favicon-220x220.png Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[[Documentaire] Raymond Loewy, le designer du rêve américain]]> https://graphism.fr/?p=619682298 2017-11-22T08:21:05Z 2017-11-22T08:21:05Z

Raymond Loewy est une des plus grandes figures du design et un personnage vraiment intéressant à mes yeux. Je vous ai déjà parlé quelques fois sur mon blog, mais aujourd’hui c’est un plongeon vraiment fort que nous propose Arte avec cette émission consacrée intégralement à ce français un peu fou, vraiment créatif et idéaliste qui sera devenu franco-américain après sa naturalisation. On connait certains de ses projets de design comme les paquets de cigarettes Lucky Strike, le logo de Shell, le logo de LU et d’autres projets pour la NASA ou encore Coca Cola…

Présentation du documentaire

« Quand je suis arrivé en Amérique, tout était très laid. J’ai décidé que j’allais faire quelque chose pour corriger cela. » En 1919, Raymond Loewy, qui n’a pas achevé ses études d’ingénieur en France, émigre aux États-Unis avec seulement 40 dollars en poche, habité par de grandes ambitions. D’abord dessinateur pour « Vogue » et le « Harper’s Bazaar « à New York, le « Frenchy » aux allures de star hollywoodienne collabore par la suite avec de grandes marques américaines dont il façonne l’identité visuelle. C’est à lui que l’on doit, dans les années 1930, le design des cars Greyhound à deux étages ou celui des plus belles voitures Studebaker, qui deviendront sous son trait sportives et élégantes. Son génie créatif s’illustre également à travers le design de produits industriels du quotidien, comme le réfrigérateur Coldspot, vendu à plus d’un demi-million d’exemplaires en 1935, le paquet rouge de cigarettes Lucky Strike ou le distributeur emblématique de Coca-Cola. Si ses créations sont passées à la postérité, le nom de celui qui fut le premier designer industriel à faire la une du « Time Magazine » en 1949 a étrangement disparu des mémoires. French Touch. À travers d’innombrables objets, commentés par les proches de Loewy et de grands noms du design, ce documentaire flamboyant revisite l’œuvre d’un «  »mad man » « français que l’on découvre par ailleurs ultracréatif et mégalomane. Le réalisateur retourne sur ses lieux de vie, de sa sublime villa de Palm Springs, dont il est l’architecte, à son château de la Cense, dans les Yvelines. Si le film retrace la carrière grandiose du designer, il laisse également entrevoir les parts d’ombre du personnage, en évoquant notamment sa mystérieuse faillite après la crise pétrolière de 1973. »

Raymond Loewy, le designer du rêve américain

Bon visionnage !

]]>
0
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Le design de nos émotions numériques]]> https://graphism.fr/?p=619682272 2017-11-21T08:03:35Z 2017-11-21T08:03:35Z

« Une émotion est un trouble subit, une agitation passagère causée par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie, etc. Cette réaction affective transitoire d’assez grande intensité est habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement. »

Cette définition du Larousse place l’émotion humaine au rang de trouble, de réaction exprimée. Si l’on va plus loin, Wikipedia définit trois types d’émotions :

  • les émotions « cognitives » par opposition aux émotions « non cognitives »;
  • les émotions instinctives (des amygdales), par opposition aux émotions cognitives (du cortex préfrontal).
  • les émotions primaires (existant dans plusieurs espèces animales : rage, vigilance, extase, adoration, terreur, stupéfaction, chagrin et dégoût) et secondaires (états construits à partir des émotions primaires et d’une multiplicité de représentations additionnelles : représentations de situation, de soi, d’objet, d’autrui, de cause).
Credit: Wellcome Library, London. Wellcome Images

D’autres définitions comment celle de Klaus Scherer (professeur de psychologie à Genève), complètent cette définition et s’accordent à dire que les émotions provoquent des changements d’état intervenant dans cinq systèmes organiques à savoir :

  • un changement cognitif (activité du système nerveux central),
  • un changement psychophysiologique (réponses périphériques),
  • un changement motivationnel (tendance à répondre à l’événement),
  • un changement moteur (mouvement, expression faciale, vocalisation),
  • un changement de sentiment subjectif.
Une émotion exprimée 😉

Le numérique et Internet nous font ressentir des émotions

C’est justement sur ce dernier point que mes pensées sont absorbées ces derniers jours. En effet, le numérique – et plus précisément Internet – nous apporte une quantité gigantesque d’émotions potentielles. On peut rire devant un lolcat, un peut pleurer en lisant un e-mail, on peut s’énerver en discutant sur Twitter, on peut avoir peur devant une vidéo Youtube, on peut même tomber amoureux sur Tinder.

Ces émotions ressenties étaient jusqu’il y a quelques années, principalement exprimées par du texte. Nous utilisions des phrases pour exprimer nos émotions, puis certaines conventions sont apparues comme les points de suspension qui portent en eux une expression très forte même si souvent ambiguë, ou encore des acronymes comme « mdr », « lol », « rofl », « xptdr » pour le rire mais aussi l’expression de la stupéfaction comme avec  « wtf » ou de la surprise avec « omg » (voir cette liste).

À cela, il faut ajouter tous les smileys en texte qui expriment la joie, le rire, la taquinerie, l’amour, j’en passe :-p =) :-O B-) >.< – Et depuis l’avènement du web et du smartphone, ces émotions ont été pensées, conçues visuellement par des designers et on a le droit aujourd’hui à une richesse encore plus grande de smileys que l’on appelle emoji : 😀 😃 😄 😁 😆 😅 😂… À cela, les services en ligne ont demandé aux designers d’ajouter des émotions encore plus riches avec des « stickers ».

Les émotions réelles VS les émotions de convention

Oui, les services numériques que l’on utilise nous permettent de ressentir des émotions et d’essayer de les exprimer au travers d’une palette plus ou moins riche – et parfois restreinte –  d’émotions. Oui, les smartphones comme l’iPhone nous poussent à utiliser des émojis à la place des mots en les remplaçant automatiquement (quel est le but recherché ? quels sont les effets à long terme sur notre système de pensée ou de communication ?). Là où la difficulté augmente c’est que nos émotions sont souvent complexes, elles sont rarement uniques et elles durent rarement longtemps. Il faut pouvoir les saisir, les comprendre avant même de les traduire avec le bon émoji. J’aimerais augmenter encore un peu la difficulté avec cette idée qu’il y a sur les interfaces numériques deux principales expressions émotionnelles :

  • L’expression émotionnelle que l’on arrive à saisir en vrai : un vrai rire physique à la lecture d’un message, un vrai sourire franc et massif, une vraie larme qui roule sur la joue,
  • L’expression émotionnelle de convention : le smiley qui indique que j’ai compris que c’était drôle, le smiley qui indique que j’ai compris qu’il s’agissait d’un moment triste, le smiley qui éclate de rire sans même que son émetteur n’ai a bouger les lèvres… etc.

Quel langage graphique pour nos émotions ?

Ma question est donc la suivante : comment peut-on différencier visuellement les expressions émotionnelles réelles (et donc ressenties) et celles fictives (et donc réfléchies) ? Peut-être avez-vous déjà jeté un œil sur l’écran de quelqu’un qui écrit des textos (moi oui je l’avoue !) et l’on y découvre souvent des rires, des larmes, des expressions de stupeur ou d’amour. Cependant, physiquement, la personne ne trésaille pas d’un sourcil, mieux, elle discute avec quelqu’un d’autre ou est en train de scroller son flux d’actus Facebook qui n’a rien à voir. Oui, cela m’arrive aussi : j’exprime souvent, sur les interfaces numériques, des émotions par convention, par habitude, par analyse mais pas avec les tripes, pas avec le cœur ni avec un ressenti réel, physique ou même psychologique.

Une seconde question me taraude : afin de distinguer les émotions ressenties de celles non-ressenties, faut-il enrichir notre langage émotionnel et visuel par un sous-texte ? Par d’autres représentations graphiques ? Par certains types de smileys ? Ou alors devrait-on créer une forme qui viendrait sur-exprimer certaines émotions numériques pour indiquer qu’elles sont ressenties réellement (comme parfois on le voit lorsque l’on prolonge une lettre : « loooooool » « mdrrrrrrrrrrrr ») ? Est-ce suffisant ?

Enfin, faut-il se forcer à exprimer de façon visuelle, uniquement les émotions que l’on a ressenti réellement ? Ou alors changer sa façon d’exprimer ses émotions en « hackant » un peu les choses, en refusant la pauvreté des représentations visuelles que les services et applications nous proposent et en créant son propre langage, un peu comme le faisait Cristina Vanko en répondant à tous ses SMS par des messages écrits à la main. Cette dernière piste, vous vous en doutez, me plait particulièrement.

Et comme à chaque fois que je me pose ces questions, je suis bien curieux d’avoir votre avis, votre regard sur les choses.

]]>
1
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Le design du mur de Trump]]> https://graphism.fr/?p=619682260 2017-11-14T16:51:11Z 2017-11-14T16:51:11Z

[ Chronique diffusée sur Radio Nova à cette adresse ]

« Aujourd’hui, nous allons aux États-Unis et plus précisément en Californie pour parler de design. Et lorsque l’on aborde la question du design en Californie, on pense bien évidemment au design des entreprises de la Silicon Valley et ses produits comme l’iPhone, les Google Glass ou encore les voitures Tesla mais il ne faut pas oublier non plus les décors de cinéma hollywoodien et les génériques de Saul Bass ou encore l’esthétique de la planche de surf, de ses motifs vivants, colorés, comme un signe de liberté.

Mais en ce moment, en Californie, une ombre se dresse au tableau avec le mur de Donald Trump qui s’improvise chef de chantier en fournissant un brief de plus de 100 pages – brief qui est ainsi résumé par Trump en personne : « il faut que ce mur qui sépare les États-Unis du Mexique, soit un mur haut et beau ». Oui, on parle bien de fonction et d’esthétique – et donc de design ? – pour un ouvrage de béton aussi abjecte que monumental. Dans ce brief de design, on retrouve notamment le fait que le mur doit être beau mais uniquement du côté américain, qu’il doit également répondre aux exigences de la CBP (U.S. Customs and Border Protection : protection aux frontières) – que ces derniers vont donc faire ce que j’appellerais en design des « tests utilisateurs » à savoir essayer de passer par dessous le mur, par dessus ou encore de le défoncer à coups de marteau piqueur pendant une heure. En dehors de ces tests utilisateurs, nul ne dit qui jugera du caractère esthétique du mur (peut-être Donald Trump ? un vote sur Facebook ?) mais il faut savoir qu’actuellement, 8 prototypes sur les 200 ont été retenus lors d’une compétition qui rapportera 300 millions de dollars à son vainqueur.

Côté design, et telle une Valérie Damidot qui aurait abusé sur la colle à papier peint, Donald Trump propose, lui, d’installer des panneaux solaires sur le mur de 3000km de long – une absurdité selon les professionnels du solaire puisque installer des panneaux solaires en ligne est totalement contre-productif. Bref, voici la liste des murs considérés comme esthétiques (autant que puisse être beau un mur en béton…) et dont le design a été travaillé pour répondre au brief :

  • Le modèle discret avec un mur intégralement couleur sable pour se fondre dans le désert.
  • Le modèle ajouré, avec un mur intégralement constitué de barreaux de béton pour que l’on voit au travers. Le tout est réhaussé d’une paroi en béton lissé avec un gros tube tout en haut pour ne pas passer par dessus le mur.
  • Le modèle en métal peint de couleur bleu roi parce que c’est joli
  • Le modèle en béton motif « velour côtelé » pour rappeler les pantalons des années 80…

En préparant cette chronique, j’ai également découvert que DOMO, une agence de design proposait d’installer des pyramides de conteneurs à la frontière dans lequels on pourrait installer des logements et des boutiques. On frôle l’absurde et pourtant il ne reste que quelques mois au président pour décider quel sera son « mur coup de cœur » puisque les travaux commenceront dès 2018.

[ Pour retrouver la chronique c’est sur Radio Nova]

]]>
2
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Mon challenge : le cap des 100 dessins est passé.]]> https://graphism.fr/?p=619682150 2017-11-08T14:26:10Z 2017-11-08T14:26:10Z

Vous le savez peut-être, il y a quelques mois, j’ai commencé un nouveau challenge créatif : réaliser une aquarelle par jour pendant une année ! Celles et ceux qui suivent mes activités savent que j’ai fait un projet similaire en 2012 avec 365 dessins au pastels, j’en avais même profité pour créer ce livre. Pourquoi recommencer un challenge de dessin sur une année ? Parce que j’aime ça, parce que j’apprends énormément de choses en pratiquant mais aussi parce que ça me manquait de ne pas dessiner au quotidien. J’aime aussi me rater quand je dessine car ça n’est pas grave, il n’y a aucun enjeu et surtout parce que cela m’oblige a avoir toujours plus de rigueur.

En 2012, j’utilisais le pastel, une technique rapide, fluide, facile à faire et très vive… cette fois-ci, je réalise ce challenge avec des aquarelles et je me dis toujours que c’est une vraie galère : il faut de l’eau, un bon papier, il faut que ça sèche, il faut être à plat, il faut être patient, bref, un outil que j’apprivoise chaque jour un peu plus et qui possède de nombreuses contraintes. Ce qui me plait aussi c’est de jouer avec ces contraintes et de créer des images que je n’aurais jamais pu créer sans cela.

Bref, il y a quelques jours j’ai dépassé les 100 dessins, je suis donc à peine à un tiers de mon challenge mais je souhaitais vous en toucher quelques mots sur mon blog.

Quelques dessins issus de mon challenge

Au passage, certains m’ont demandé d’acheter mes aquarelles, je les mets donc en vente tous mes originaux (que je vends encadré si besoin). Pour conclure, j’aurais aimé savoir si certains ou certaines d’entre vous ont déjà réalisé ce type de défi ou si vous souhaitiez vous lancer là-dedans, sur quel sujet, avec quel objectif, sur quelle durée, tout ça tout ça !

Pour observer au quotidien ce petit challenge, il suffit de me suivre sur Instagram ou via Twitter aussi 🙂

]]>
6
Geoffrey Dorne https://graphism.fr <![CDATA[Interaction 18 : la conférence du design d’interaction !]]> https://graphism.fr/?p=619682227 2017-11-07T18:08:51Z 2017-11-07T18:08:51Z

L’association internationale IxDA (Interaction Design Association) a choisi Lyon pour organiser sa conférence annuelle autour du design d’interaction : une semaine de conférences et d’ateliers dédiés à la promotion de ce secteur d’activités, à la croisée de plusieurs pratiques et à l’émulation de la génération future des designers. Placée sous le signe de la Confluence, cet événement très prisé par l’univers du design d’expérience continuera à créer des passerelles entre toutes les disciplines de la conception et de l’expérience utilisateur. La ville deviendra la capitale mondiale du design d’interaction pendant 7 jours. C’est surtout la première fois que la France accueillera l’événement et Lyon sera ainsi le digne successeur de villes telles que New York cette année, Helsinki en 2016, San Francisco en 2015, Amsterdam en 2014…

Interaction 18

Interaction18, c’est la semaine de l’année où l’on discute de tous les aspects du design d’interaction :

  • La pratique, la théorie et le questionnement commun de la nécessité de nos compétences à travers des retours d’expérience, des ateliers et des conférences,
  • L’enseignement et la préparation de la génération future, à travers l’Education Summit et le Student Design Challenge
  • La volonté d’engager la discipline vers l’excellence, centrée vers l’humain et la diversité.

Parmi les premiers intervenants annoncés, Interaction18 a la chance compter Alan Cooper, l’un des pionniers de la conception centrée utilisateur appliquée au monde du design d’interaction, et Anab Jain, designer du futur de l’humain à travers Superflux, son studio-laboratoire. Bref, un événement qui vaut le détour et qui met à l’honneur une discipline dans laquelle chaque année, des milliers de professionnels sont formés.

Merci Christelle pour l’info 🙂

]]>
0