Hello ! Aujourd’hui, je veux vous parler d’un projet qui m’a occupé ces deux dernières années et qui sort enfin : ICONOFASCISME, un livre que j’ai écrit avec Ricardo Parreira et l’association Indextrême. L’idée de départ était simple… on voyait passer des symboles, des tags, des tatouages qui circulaient sans que personne ne les reconnaisse vraiment. Des croix, des chiffres, des runes, même des emojis. Et derrière tout ça, il y avait une vraie stratégie de communication de l’extrême droite.

On a donc décidé de recenser 100 de ces symboles. Pas pour faire peur, mais pour donner des clés. Parce qu’un signe, quand on ne le comprend pas, il passe souvent inaperçu… Et c’est justement ce qui le rend efficace pour certains. Le fascisme utilise le design, le graphisme, comme n’importe quelle idéologie : pour séduire, pour recruter, pour se diffuser. Alors d’un point de vue de designer, ça posait une question assez directe : est-ce qu’on laisse ces images circuler sans rien dire, ou est-ce qu’on les décrypte pour les neutraliser ?

Ce livre mélange de la sémiologie, de l’histoire et du design graphique. Chaque symbole est analysé : d’où il vient, comment il a été récupéré, ce qu’il signifie aujourd’hui dans les milieux d’extrême droite en France. Avec une préface du sociologue Ugo Palheta, ça donne, je trouve, un outil assez concret, utilisable par n’importe qui. Je me souviens d’une soirée où un ami m’a envoyé la photo d’un autocollant vu dans le métro, sans comprendre ce que c’était… et on a passé une heure à en parler. C’est exactement ce genre de situation que ce livre veut adresser.

Écrire ICONOFASCISME, c’est aussi un acte politique. Parce que le design n’est jamais neutre. Et que quand on comprend les codes visuels de la haine, on peut commencer à les désarmer. Est-ce qu’on peut vraiment se permettre d’ignorer ce qui se passe sous nos yeux… même graphiquement parlant ?

Si ça vous intéresse, le livre est disponible ici.