Ce midi on se détend les mirettes avec une bande dessinée !

Vous le savez peut-être Michel Rabagliati dessine des romans-graphiques et raconte des histoires avec son personnage Paul. Ainsi, ses ouvrages comme « Paul à la campagne », « Paul a un travail d’été », « Paul en appartement », « Paul dans le métro » racontent du vécu, de l’histoire vraie teintée d’émotion. Dans « Paul à la pèche », Clément a récemment scanné ce strip qui parle de l’arrivée d’Apple et plus précisément du Macintosh dans le domaine des arts graphiques.

Une bande-dessinée subjective qui présente un point de vue personnel et historique mais néamoins très intéressant. Alors, là où l’on comprend l’auteur et son « coup de gueule » contre l’informatique – avec pour fer de lance le Macintosh – on décèlera cependant un phénomène social qui est la grande standardisation des outils de travail.

les bandes dessinées de Michel Rabagliati | source




30 commentaires

  1. C’est peut-être parce que nous ne l’avons pas vécu, nous autres jeunes trentenaires actuels que nous trouvons ça dur. Ça a été la même chose dans les années 1950 et 60 dans d’autres secteurs avec l’arrivée des machines et l’industrialisation de plusieurs tâches autrefois manuelles.

    Après la conclusion sur la fin des rapports sociaux, la déshumanisation… C’est un peu facile. On croirait entendre les discours de certains sur les réseaux sociaux, les jeux vidéos, l’addiction à internet…

    Est-ce que nous aussi, dans 20 à 30 ans, on regrettera le bon vieux temps et on se plaindra des récentes innovations ?

  2. Pour le manque de sociabilisation, faut arrêter avec l’informatique, c’est parfois un peu facile. Evidemment faut savoir se bouger le cul et aller vers les autres, parce que entre les rythmes de vie, l’espace de vie urbain, il n’y pas grand chose qui incite vraiment les gens à sortir de chez soi. Mais bon, avant l’ordinateur, ya bien la télé, et les gens ont beau jeu de s’indigner que leur gamin passe 5h derrière un écran, pour rester 3H30 par jour devant la téloche.

    Après dans le fond, l’histoire est triste, et la constatation est réaliste. Moi-même je me pose souvent la question, même si j’adore mon métier, même si j’adore toutes les possibilités de création qu’offre l’outil informatique (et pas seulement le mac, lol), je me demande souvent si à terme je ne reviendrais pas à plus de concret. Faire quelque chose de matériel, créer avec mes mains. Dans le fond on vient tous à la création par ça, nos premiers modelages, nos premiers gribouillages au feutre. Je me sens revivre quand je reviens maintenant vers plus de « tradi ».

    Et honnêtement, j’ose espérer que les gens en auront marre d’être comme des hamsters dans leur petite roue, et qu’on ira vers plus de contact, de communication directe, de travail en collaboration. La prise de conscience se fait peu à peu dans ce chemin là, j’espère que ça ne va pas s’arrêter là. 🙂

  3. @Sébastien Magro: très juste oui, il y a aussi une histoire de vécu. Personnellement, je n’ai pas vu mes proches « touchés » par l’arrivée de l’informatique tout simplement car nous étions trop jeunes. À l’inverse, comme le dit @agou: c’est cet outil moderne qui nous permet d’avoir une immensité de possibilité de créations. Et aujourd’hui avec un simple ordinateur et internet, il est possible parfois de « réussir » certaines choses de sa vie (vous comprendrez la largeur du mot « réussir »).

  4. Merci pour cette BD totalement exacte sur la mutation de nos métiers.
    Le Mac est d’une extraordinaire facilité, mais tellement déshumanisé. Je ne parle pas du lien amical, mais comme lu dans la BD, d’interminables discussions entre passionnés qui se croisaient au hasard des impératifs du travail. Chez le compo ou chez les éxés ou encore à la photogravure, sans oublier les photographes et les illustrateurs, etc. Maintenant, la plupart du temps nous parlons par blogs interposés ou sur Skype… c’est un peu frustrant.

  5. Croyez-vous qu’avant l’informatique on ne « gâchait » pas de la même manière ? C’était pareil, l’industrie passe son temps à renouveler ses machines, et pas seulement par ignorance. C’est dans sa nature que de chercher plus de productivité, l’outil magique, etc.
    Je pense que le problème fondamental avec l’informatique n’est pas sa soit-disant obsolescence intrinsèque (c’est pareil avec tous les produits industriels); c’est plutôt que cet outil (ou plutôt comme disait quelqu’un dont j’ai oublié le nom : ce méta-outil) qui pourrait servir à l’homme à s’affranchir et à se libérer est devenu (par le fait des hommes, les machines elles-mêmes n’y sont pour rien) un instrument de soumission (« pas ma faute c’est l’ordinateur ») et d’oppression (« si l’ordinateur le dit c’est que c’est vrai »).

  6. Oui mais après dans le fond, qu’aient disparus certains de ces métiers, le fait d’être le maillon de la chaîne, je trouve ça un peu dommage dans le fond, ça fait très « ultra moderne solitude ».

    Une fois je me plaignais sur le fait que je n’aimais pas bosser en solo, on m’a répondu « alors pourquoi tu fais graphiste alors? », en arriver là c’est un peu dommage. Alors j’ai bien aimé cette bd qui fait écho à cette question qui me trotte dans la tête.

    En dehors de l’outil informatique c’est juste la question de l’individualisation de notre travail, et ce quel que soit le métier, qui est posée. Moi j’y répond en créant mon atelier et retisser du lien et de l’humain 🙂

  7. @Geoffrey Dorne:

    Donc, les p’tits cerveaux agiles d’IBM se frottent les mains dès les années 40 pour révolutionner le stockage de données, les calculs puissants et tout le toutim.
    En ces temps machistes les secrétaires apprennent la dactylo et la sténo, les ordi sont des monstres et les sous-chefs, les chefs, et les sur-chefs dictent à tout va ! Pas question de mettre les mains sur le clavier Azerty et de s’emmêler les carbones.

    Après que Nora et Minc aient publié leur rapport sur l’informatisation de la société (1978), IBM va infiltrer les ordinateurs dans les entreprises et les sténo-dactylo se recycler en vitesse. La machine a écrire désuète jonche les décharges et pas question que la maîtrise et les chefs mentionnés ci-dessus s’essayent au petit joujou bien laid d’IBM.

    Puis Steve s’y colle et dans le même temps les ordinateurs bien balourds arrivent sur les bureaux de la maîtrise, des cheffaillons et même des cadres sup’. Avec leurs gros doigts ils commencent à taper (sur les nerfs des secrétaires) et tout d’un coup ça va devenir tendance de rédiger soi-même (l’autonomie de l’homme n’en est qu’à ses débuts) des petites notes itou.

    Et puis surtout l’e-mail va démocratiser un regard permanent sur l’écran.

    C’est alors que la société de consommation réuni en conclave se demande comment forcer le particulier à acheter un ordinateur… familial. C’te blague ! Et comme il risque pas de faire micro-ondes va fallloir se creuser les méninges pour faire croire au couple moderne que cet chose grise ne leur rappelera pas le…
    bureau !

    Eureka s’écrient les gourous de la pub (avec un b) on va se servir des enfants meilleurs prescripteurs depuis les années 80 des produits de conso à fourguer.

    Et là pas question de grignoter le budget vacances, donc une grosse vache de PC sans âme fera l’affaire, et le design d’Apple ne veulent pas en entendre parler. Ils veulent bien consommer mais moins cher (que quoi ? ça ils ne le sauront pas c’est le secret de super gourou dit aussi Edouard (Leclerc)-).

    Le génie du Steve c’est d’avoir accroché via Ipod, Iphone et Ipad la cohorte de Pcistes qui se pâment maintenant devant le Mac.

    C’est une première dans l’histoire sociale du travail. On aurait dit aux ouvriers, aux employés, à la maîtrise et aux cadr’sup qu’un jour ils seraient aliénés à la maison par leur outil de travail ils seraient sortis dans la rue.

    Les sociétés informatiques se lèchent les babines et se frottent les mains… E la nave va !!!!!

  8. Pas mal cette petite BD. Aujourd’hui les modèles sont moins attendus car il n’y a plus de grosses évolutions matérielles et les puissances actuelles sont largement suffisantes, du coup la création de besoin se fait ailleurs : iphone, ipad, …

  9. Ce n’est pas faux ce petit stip mais c’est un peu simpliste. N’oublions pas que même si nos outils modernes coutent une blinde ils sont dans l’ensemble moins chers que les plombs ou les studios de reprographie. Si moi aujourd’hui je voulais imprimer une affiche, ça me reviendrait beaucoup plus cher avec une impression sérigraphier qu’un simple laser. Depuis toujours, les humains ont cherché l’outil universel qui permettrait de faire tout type de travaux. Aujourd’hui, nous l’avons et nous nous plaignions de ne plus rien faire à la main. Moi aussi j’aime mettre les mains dans le cambouis à l’ancienne, mais le plus souvent c’est un luxe que je ne peux pas pratiquer soit parce que les ateliers sur paris n’existent plus que dans les écoles (et encore) ou que je n’ai tout simplement pas le temps de prendre 4 jours de ma semaine sur une affiche en atelier de sérigraphie.
    On s’est fait baiser, mais on était consentant ! (enfin pas moi je n’étais pas né 🙂

  10. Très bonne cette BD ! C’est le revers de la médaille, the Dark Side of the Pomme. Mais il faut autant blâmer Apple (et les autres compagnies) que les consommateurs. L’informatique a tué des métiers et en a créé d’autres. Certaines compétences se sont perdues mais des possibilités créatives inédites se sont ouvertes…

  11. Je ne sais pas si il faut vraiment blâmer qui que ce soit, en revanche on se demande vraiment comment le mac a pu se substituer à tous ces métiers avec des machines qui nous paraissent aussi peu pratiques/rapides aujourd’hui. J’aimerai voir ce premier mac démocratisé à l’oeuvre dans une vidéo qui montrerait le processus du début à la fin avec si possible le détail du temps de travail nécessaire derrière la machine…

  12. Plus vrai que vrai cette BD. J’ai vécu exactement ça, de 1987 à…presque aujourd’hui. Baisé de façon consentie, parce que fascinant changement qu’on ne pouvait de toute manière pas éviter, à moins de changer de métier. Alors, j’ai choisi de me passionner. Le monde serait de toute manière dans le même état. Sauf que j’ai fait plein de trucs très sympas et rencontrés plein de gens différents. Dans une imprimerie ou un studio de graphiste à l’ancienne, je ne suis pas certain que ce serait arrivé…

    Ma foi. C’est ainsi. Mais cette BD est très vraie et très touchante au fond.


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