Si vous avez cliqué sur cet article, peut-être est-ce parce que vous connaissez déjà ce qu’est le cycle de Krebs, autrement dit vous avez des notions en biochimie. Pour les curieux et curieuses qui sont là autrement, voici un parallèle intéressant que fait Neri Oxman, une brillante professeur du MIT, entre la science et le design.

Neri Oxman, professeur au MIT

Pour rappel, le cycle de Krebs est un processus fondamental à la vie et il se résume, dans la mitochondrie, en une série complexe de réactions biochimiques qui produisent, entre autres, de l’adénosine triphosphate (ATP), un composé riche en énergie. Ce qui est beau dans ce cycle c’est qu’il fait appel à bon nombre de réactions en chaîne, qu’il est complexe, logique et fondamental.

Le cycle de Krebs

C’est sur ce cycle de Krebs que Neri Oxman a dessiné une relation très fine et complémentaire entre les disciplines suivante : l’art, l’ingénierie, le design et la science. Vous le verrez ci-dessous, ces disciplines sont opposées sur le cercle et toutes ne sont pas interconnectées comme on le voit souvent dans les schémas de ce type. Ce schéma représente donc la relation dynamique entre deux activités fondamentales : d’une part ce que les anglosaxons appellent « la science du design » et d’autre part, le design de la science.

Le cycle de Krebs de la créativité

Dans son article de recherche publié sur le JODS (pour Journal of Design Science) du MIT, Joichi Ito raconte que lorsqu’il est arrivé au Media Lab en 2011, le premier mot qu’il a appris et pratiqué était le mot « antidisciplinaire ». Alors oui, je connaissais le travail interdisciplinaire qui consiste à travailler ensemble mais avec des personnes de différentes disciplines. Mais voilà, la travail antidisciplinaire est quelque chose de très différent puisqu’il s’agit de travailler dans des espaces qui ne s’inscrivent tout simplement pas dans une discipline académique existante. Autrement dit : on travaille dans un autre cadre référent et avec d’autres méthodes. Un peu comme si des chercheurs en sismologie se mettaient à travailler en appliquant le cadre de pensée et les méthodes d’un architecte urbaniste. Vous y croyez? Cela peut sembler totalement contre intuitif et pourtant, en terme de créativité, cela peut amener à des solutions et des pistes totalement hors cadre, inattendues et très utiles.

Enfin, si cette pensée de la recherche antidisciplinaire vous intéresse, je ne peux que vous proposer de vous rapprocher du travail de recherche de Joichi Ito  afin de mieux saisir l’essentiel de ce cycle de Krebs de la créativité. Pour ma part, j’y retrouve les quatre modalités essentielles et traditionnelles de la créativité: l’art, la science, le design et l’ingénierie. Résumé simplement, ce cycle indique que la science produit des connaissances qui sont utilisées par les ingénieurs. L’ingénierie produit une « mécanique » qui est utilisée par les designers. Les designers produisent des changements de comportement perçus par les artistes. L’art produit de nouvelles perceptions du monde, donnant ainsi accès à de nouvelles informations dans et autour de lui, inspirant alors de nouvelles recherches scientifiques.

Pour conclure, je trouve que ce concept est réellement applicable dans ma pratique de designer puisqu’il se trouve dans la répétition, la continuité et le changement et qu’il aborde une mise en danger permanente de son savoir et de l’approche académique. Parce que oui, le design c’est aussi avoir une approche, une culture et un processus qui varient en fonction de chaque nouveau projet et c’est au designer d’essayer de trouver vers quelle approche se tourner… Peut-être pourrait-on alors ouvrir le champ de l’imagination et faire en sorte que pour chaque approche choisie, ce serait autant de d’expressions du design que nous pourrions découvrir et concevoir ?




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