Aujourd’hui a été lancé le site Graphiste.com. Un site de crowdsourcing (réalisé par un adepte du « marketing web » et le fondateur de codeur.com) comme il en existe énormément. Le concept est simple :

  • Vous êtes client: vous faites votre demande sur le site, par exemple : Bonjour, société Luxury Trends, je veux un logo, je verse 400€
  • Vous êtes « graphiste-ou pas-: vous allez sur le site et vous répondez aux demandes des clients.
Pour rappel, le crowdsourcing est le fait d’utiliser la créativité, l’intelligence et le savoir-faire d’un grand nombre de personnes (des internautes en général), en sous-traitance [wikipedia]

Le Hic ?

Pour une demande de client, environ une centaine de logos sont envoyés. Sur ces 100 logos, aucun dialogue, aucune concertation, aucune relation entre le client et le graphiste. Comprenez : la quantité au lieu de la qualité. Pire encore, le graphiste ne reçoit qu’une partie infime de l’argent mis en jeu. Vous comprenez donc que ce site est un intermédiaire entre clients et graphistes.

Quelques principes :

1. Tout appel d’offres doit être rémunéré. Ici le site parle de « concours ». L’Association Française des Designers nous présente bien la différence. Il faudra donc être vigilant à ce qui est publié sur le site pour ne pas se retrouver devant des appels d’offres déguisés en concours.

« L’esprit du concours est d’ouvrir la participation à un projet en faisant appel au plus grand nombre, pour donner leur chance à des personnes ou des équipes inconnues et faire émerger de nouvelles idées. Un concours doit obéir à des règles équitables [lire la charte des concours]. Son règlement doit être déposé chez un huissier.

L’appel d’offres ou l’Avis d’appel public à la concurrence (AAPC) est une mise en concurrence par l’acheteur public pour répondre à une dépense publique. L’esprit premier d’un appel d’offres est le souhait, louable, de dépenser correctement l’argent public, c’est-à-dire nos impôts. L’un et l’autre doivent proposer des règlements équitables et respectueux du travail, de l’expertise et la propriété intellectuelle des auteurs. Ils sont souvent lourds et plus coûteux à organiser que la recherche puis la sélection de designers après l’examen de leurs sites Internet, leurs qualifications, leurs références et leurs portfolios. »

2. La relation entre un designer et son commanditaire est le point de départ d’un travail réussi. Je ne dis pas ça pour le fun, mais après 6 ans à travailler avec de nombreux commanditaires en tant que designer, je vous l’assure vraiment. D’ailleurs, la vidéo de démonstration publiée sur le site : « Pas la peine de chercher un graphiste,  choisissez juste la création qu’il vous faut ». Autrement dit, le graphiste disparaît dans la masse.

Les réactions sur twitter

Pour conclure, je voulais résumer un peu tout ça avec l’accueil fait à Graphiste.com sur twitter. Il y a du troll, des interrogations, et des points soulevés…

Bref, je tenais également à préciser que je n’ai rien contre les concepteurs de ce site, je ne les connais pas et je suis sûr qu’ils ont de bonnes raisons, cependant, vous, designers, graphistes, amateurs de graphisme, qu’en pensez-vous ? Et vous qui travaillez avec des graphistes, que pensez-vous de cette qualité ?




63 commentaires

  1. Avis d’un non-designer non-graphiste (et donc potentiel client de graphiste/designer)

    Je suis mitigé 🙂
    Bien sûr, c’est hard de bosser pour rien. Mais personne n’est obligé de prendre ce risque.

    Dans l’industrie par exemple, les appels d’offre ne sont pas forcément rémunérés, alors qu’ils peuvent représenter un boulot considérable.

    Pour ce qui est du prix: le service rendu n’est pas le même : comme tu le dis, aucun dialogue. Alors que la création d’une identité graphique pertinente nécessite quand même de connaître assez bien son client.

    Le résultat ne sera donc pas le même non plus ! Ou alors il y a un problème…

    Reconnaissons que tout le monde n’a pas les moyens d’avoir recours à un graphiste/designer…

    J’y vois un aspect positif (non non je ne trolle pas): ça peut aider à faire prendre conscience que le design est un élément nécessaire. Et ça, c’est bon pour le design, et donc les designers 🙂
    Pour illustrer ça rapidement dans le domaine des sites webs:
    – Au début des temps, aucun site n’a de démarche de design
    – Puis certains s’y mettent. Résultat : ils ont plus de succès. Donc ceux qui ne s’y sont pas mis vont finir par s’y mettre.
    – Des offres « design » abordables permettent à tout le monde de s’y mettre.
    – Mais les résultats diffèrent. Les sites avec un bon design bien abouti ont plus de succès. Donc les autres vont chercher à améliorer ce point.

    Bref, ça peut générer du tirage vers le haut, ça démocratise le design, et donc ça crée un besoin, un marché, plus (sss) de boulot.

    Regardez ce qu’a fait (tenté…) Starck avec ces objets de grande consommation vendu via la redoute.
    Je suis sûr que pas mal de designers de l’époque ont dû crier au scandale.

    Il faut à mon avis séparer l’aspect prix de l’aspect ‘crowd sourcing’, ce qui n’est pas le cas de la plupart des tweets cités ici (leader price…)

    Une offre à coût réduit, pour un service minimal ne devrait pas représenter un danger pour ceux qui proposent autre chose.

    Le danger, c’est pour ceux qui proposent la même chose, au prix fort. Il y en a… (un peu comme en téléphonie mobile, si vous voyez ce que je veux dire).

    L’aspect ‘crowd sourcing’, c’est un autre problème, et là chacun voit s’il doit y souscrire ou pas…
    Mais un graphiste/designer qui travaille différemment devrait-il se sentir menacé ? C’est une question que je pose, hein, pas une réponse déguisée. J’ai envie de lire les arguments des pros.

  2. Bonjour,

    je pense qu’il y a de quoi s’inquiéter pour
    notre métier. Mettre en compétition plein
    de graphiste dans ces conditions sera
    gage d’un travail bâclé. Nous sommes censés
    apporté des solutions aux clients. Ces solutions
    doivent être le fruit d’un dialogue poussé entre
    eux et nous. Le choix ne peut pas se faire sur
    un coup de tête sans étapes de travail, sans
    réflexion… bref. Assez indigné par ce genre
    de chose.

    Cdt

  3. J’ai beaucoup de respect pour le créateur du site (codeur.com), mais j’avoue avoir été déçu. Je comprends que tous les petits entrepreneurs n’ont pas forcément beaucoup d’oseille à investir dans du graphisme, mais je trouve ça relativement impersonnel comme travail et ça me rappelle aussi les concours où celui qui gagne n’est pas forcément celui qui a passé le plus de temps.

    C’est une suite logique du site codeur.com, mais il y a des métiers qui, selon moi, ne peuvent s’industrialiser de cette manière. Un client est à la recherche d’une touche graphique, une patte, quelque chose de particulier. Souvent il a besoin d’être guidé car lui-même ne sait pas ce qu’il veut.
    Ce sont des aspects de la profession très importantes qu’on ne peut retrouver sur ce genre de site. Et ça dégrade un peu la profession, les graphistes et le client aussi au final.

  4. @Clément:
    Justement, Clément, crois tu que le travail bâclé soit une menace pour un travail non bâclé ?
    Regarde Chak: déçu par un service pas cher, il n’y retournera pas…
    Ce qui sauve le métier, c’est comme il le dit « Souvent il a besoin d’être guidé car lui-même ne sait pas ce qu’il veut. »
    Et ça, le site Graphiste.com n’est pas prêt de pouvoir le fournir (et n’y prétend d’ailleurs pas).

  5. @chak: Salut,

    Donc tu trouve que ce qui est fait pour le code ne peut être fait pour le graphisme ?

    De mon coté , je pense que le graphisme ou le code ont tous deux besoin d’une relation priviligié, d’un véritable partenariat entre le client et le presta.

    Désolé, mais selon ton message, j’ai l’impression que les codeurs peuvent plus faire un métier de M, mais pas les graphistes ;).

  6. @chak:
    « Et ça dégrade un peu la profession, les graphistes et le client aussi au final. » Bah ton expérience avec codeur.com ne t’a pas dégradé 🙂 tu t’es rendu compte du problème.

    Evidemment il faut sans doute éduquer un peu le client, pour qu’il comprenne bien la différence, et ne dise pas « mais pourquoi ce prix, alors que sur Graphiste.com c’est X fois moins ?

    D’un autre côté, les gars, faut pas être angélique, ça existe aussi les designers/graphistes peu scrupuleux qui assomment le client pour pas grand chose.

    Comme des sociétés qui proposaient des sites web (parfois une simple page) à des prix hallucinants…

  7. @Shnoulle:
    Vrai éternel problème entre les codeurs et les graphistes…
    Pour pas mal de graphistes, le codage ou la réalisation c’est juste de la mécanique…
    Pour pas mal de codeurs, le graphisme ou le design, c’est juste du rouge à lèvre ou une cravatte.

  8. @reivax:
    Zut j’ai un peu fait un contresens là. Chack n’a pas été déçu suite à une expérience malheureuse avec codeur.com, mais déçu que le concept soit transposé au graphisme.

    Alors là, je dis LOL.
    « C’est bien assez bon pour les codeurs, mais pas pour nous graphistes » ? hum hum.

    PS: Dis donc Geoffrey, la durée d’édition est vraiment courte 🙂 pour rattraper les bévues.

  9. @Shnoulle
    >> Du tout ! j’ai mal formulé ma phrase. Chaque métier doit être mis en valeurs, surtout lorsqu’il est bien fait. Avoir une relation de confiance, avoir l’habitude de travailler avec quelqu’un, etc, c’est essentiel à chaque métier entre un client et son prestataire. Ce genre de site mette pas en valeurs nos professions.
    Je voulais surtout comparer le fait qu’un client s’il cherche un logo, c’est pas comme s’il cherchait un plugin wordpress par exemple. Le plugin peut déjà exister, il n’a plus qu’à le configurer, alors qu’un logo, logiquement c’est comme une carte d’identité, chacun à son logo, personne aura le même.

    Vous voyez ce que je veux dire ou pas ? (après une nuit blanche, j’ai du mal à m’expliquer … moi même j’ai du mal à comprendre ce que j’ai écrit ^^)

  10. ça dégrade énormément le travail d’un Graphiste ! Les Graphistes/Designers sont des communicants, avec des règles très précises à respecter. Il ne suffit pas d’avoir que de l’imagination ou des idées créatives. Des études scolaire existent pour exercer ce métier et c’est ce qui fait la différence entre un « vrai » Graphiste/Designer et l’autodidacte qui en plus de ça n’a aucune notion du marché du travail. Si des études existent c’est pour faire un métier. Bah Graphiste c’est pareil, si des études existent c’est que le métier doit être reconnu en tant telle… Et quand je dis études, je ne dis pas formation de logiciels (outils technique pour la création) mais études sur la théorie de Communication Visuelle par exemple…

    « Le crowdsourcing est donc un moyen pour les graphistes de transformer directement leur temps en marketing, en faisant ce qu’ils savent faire de mieux : créer des œuvres. »
    no comment 😯

  11. J’avais lutté contre lafraise au début de sa création, j’avais même réussi à faire doubler le gain et ajouté un paragraphe sur les droit d’auteur aux cgv. Malheureusement ça ne va pas dans le bon sens. J’ai pris parti de penser que ceux (client) qui passaient par ce genre de procédés n’étaient pas vraiment concernés par le graphisme (au sens noble du terme) et les risques d’une mauvaise comm. Et donc, qu’il ne méritaient pas qu’on s’attarde sur leur cas. C’est snob et prétentieux mais franchement je vis mieux 🙂
    j’ai laissé tombé les dossier foireux et les appels d’offre non rémunérés et j’ai une armada de lien et dossier pour argumenter ( http://www.blog.manit4c.com/2011/04/18/pourquoi-un-site-internet-ne-coute-pas-300-e/ ou http://www.alliance-francaise-des-designers.org/les-marches-publics.html ). Quand vraiment je pense que le client en vaut la peine, je prend mon téléphone et j’essaie d’expliquer les dangers encourus dans une comm au rabais et des fois ça passe.
    En fait j’ai été très actif au début de mon activité, vers 2002 > 2005 mais aujourd’hui je suis lassé de tout ça…

  12. En fait c’est le côté low cost, le manque d’interaction et le concept qui cantonne un graphiste juste à sa créa qui me dérangent sur ce genre de site.

    Sinon le principe qui met en concurrence, l’esprit de challenge, et le fait de filer du boulot est positif. Ca part d’un bon sentiment 😀

  13. c’est deja tres dur de trouver du boulot en sortant des études alors ce genre de site n’arrange pas trop la profession maintenant je pense que sa peus aider a arrondir les fin de mois mais c’est tres dangereux pour nous malgres tout

  14. Pfiouuuuuu.. Par où commencer… D’abord Wilogo, puis Creads, qui s’est mis la presse dans la poche, et maintenant ça… Bon, allez, ressortons les arguments anti-crowdsourcing…

    J’enseigne le graphisme depuis maintenant 6 ans. J’ai rencontré des étudiants, AVANT la création du statut d’AE, qui étaient inscrits sur ce genre de site et qui ne déclaraient pas leur éventuels gains. Déjà, là, ça m’a agacé. Parce qu’au-delà de l’aspect fiscal, ces étudiants, qui vivaient pour la plupart encore chez leurs parents, participaient à ces concours pour se faire de l’argent de poche, tandis que des graphistes professionnels en auraient eu besoin pour se nourrir et nourrir leur famille.

    Sans parler bien sûr du fait qu’un client qui fait son choix dans un catalogue n’aura jamais exactement le logo, le foyer ou quelque autre création qui reflète parfaitement ses désirs ou sa personnalité ou sa boîte.

    La plupart des VRAIS graphistes ne sont pas seulement des exécutants, ils sont avant tout des accompagnants, des consultants. Comme le disent certains d’entre vous dans vos commentaires, une identité visuelle, c’est avant tout une identité. Et ça ne se construit pas sur un catalogue fourre-tout de pros et de non-pros (Graphiste.com va-t-il vérifier les numéros de SIRET de chacun de ses graphistes avant de valider leur inscription ? Laissez-moi en douter fortement). Non, le client, il faut discuter avec lui AVANT même d’allumer son ordinateur ou de prendre son crayon. Il faut savoir ce qui le branche, ce qu’il souhaite, ce qu’il déteste, les couleurs qu’il envisage, le public qu’il vise, etc… tout un tas de paramètres à prendre en compte avant de créer quoi que ce soit. Il faut l’analyser, lui, sa société, ses clients, ses besoins, ses objectifs… Ce n’est pas seulement une histoire de prendre sa souris et son stylet et de commencer à dessiner. C’est tout un travail préparatoire pour établir une relation de confiance, une relation de compréhension mutuelle.

    Après la création, il doit y avoir un suivi, le client est-il satisfait, doit-on changer des couleurs, des typos, des formes ? Veut-il une déclinaison particulière pour tel ou tel support quelques mois après ?

    C’est toute cette relation, ce travail en amont et en aval, cet accompagnement quasi-quotidien, cette faculté d’adaptation, ces conseils (« non, ne prenez pas de la Comic Sans », « Evitez le vert à pois mauve », …), bref, tout ces éléments qui font qu’un site comme ceux-là n’arriveront jamais à la cheville d’un graphiste professionnel et aguerri. Et c’est ce qui en fait également sa différence en terme de prix. Vous ne payez pas seulement un dessin, vous payez une véritable prestation, c’est de votre marque qu’il s’agit, le graphiste-consultant va jouer le rôle de la sage-femme qui aide le client à accoucher de sa marque. Et on ne choisit pas sa sage-femme sur catalogue.

    Après, le problème de ces sites, hormis donc leur aspect fiscal douteux, leur marge financière énorme (50% ?? Juste pour relayer des fichiers ??), leurs pratiques et leurs tarifs agressifs, c’est surtout leur visibilité. A force d’en parler, les petits clients (et même les moyens et les gros) vont aller y regarder de plus près et vont, oui, voir leurs tarifs. Et en cette période assez morose pour les bourses de chacun, cela ne peut leur faire que de la publicité.

    Point suivant :

    Quand je lis le lien de Serge, je ris jaune. Et je suis parfois surpris. Tous les graphistes n’achètent pas de la pub sur Google. Loin de là ! Très loin de là ! Comme si le peu d’argent qu’ils gagnaient devait repartir directement dans la pub ! Un bon graphiste, un qui réussit, ce n’est pas celui qui va faire le plus de publicité, c’est celui dont la satisfaction et le travail seront les plus reconnus.

    « Le modèle du crowdsourcing a ses détracteurs. Ils sont peu nombreux mais assez virulents ». Détrompez-vous, ils sont plus nombreux que vous le croyez. A vrai, dire, je pense qu’il y en a au moins autant qu’il existe de freelances dans tous les domaines où le crowdsourcing s’insère.

    « Le crowdsourcing répond à un réel besoin autant du côté client, que du côté graphiste. »
    Dernière nouvelle !! Les graphistes aiment travailler gratuitement pour rien, c’est vrai, je n’y avais pas pensé, mais j’adore me prendre la tête pendant plusieurs jours pour trouver LE bon design, tout ça juste pour le plaisir de perdre du temps sans gagner d’argent ! Mais enfin, comment peut-on penser cela en terme de besoin ??

    « la sécurité de ne pas s’engager avec un graphiste » == et donc de ne pas instaurer de relation de confiance (cf. plus haut).

    « Prenez l’exemple des graphistes qui font de la publicité sur Google :
    • Ils travaillent pour des clients qu’ils facturent
    • Ils gagnent de l’argent
    • Ils dépensent de l’argent pour faire venir des gens sur leur site
    • Sans garantie de remporter des contrats à tous les coups (à chaque clic qu’ils payent)
    • Au final, ils remportent quelques contrats
    Ceux qui participent aux sites comme Graphiste.com :
    • Ils travaillent (ils soumettent des créas)
    • Sans garantie de remporter des contrats à tous les coups
    • Et au final, ils remportent quelques contrats »

    Là au moins, c’est clair : ceux qui participent aux sites comme Graphiste.com ne gagnent pas d’argent ! La ligne manque !

    Enfin, bon, je crois que de toute manière, au-delà du dessin, c’est le service qu’il faut promouvoir auprès des clients et des prospects. Et je crois également qu’en plus de condamner ces sites, il faudrait aussi blâmer les graphistes qui y participent. Parce qu’ils déshonorent une profession. Et, cerise sur le gâteau, combien de propositions n’ai-je vu sur ces sites, qui venaient de fichiers issus de stocks vectos…

    Bref, je vous laisse, je vais proposer 500€ à celui ou celle qui me construira la maison idéale pour ma famille.

  15. @Aurels:
    Je suis l’avocat du diable.

    « Juste pour relayer des fichiers ?? » C’est un peu caricatural : il y a mise en relation de graphistes avec des clients, sans aucun effort ni coût pour le graphiste (avant qu’il ne produise quelque chose, au risque que ce soit pour rien on est d’accord…)
    Mais un graphiste qui doit démarcher des clients, va y passer du temps, et peut etre aussi sans succès.

    Là c’est le site qui se fait connaître des clients, et peut apporter du travail.

    Dites, les gars qui protestez parce que vous trouvez que le site vole votre boulot, quand vous faites vos courses, vous allez toujours chez des artisans (boulanger, bouchers, …etc) ou dans les grandes surfaces ?

    Ah oui, la comparaison va vous choquer, c’est fait pour.
    Il y a « les études », tout ça. Bah oui mais pour les artisans aussi, et le savoir faire, et les producteurs, en amont…
    La qualité des produits, une relation de confiance… C’est pas rien, quand on achète de la nourriture, c’est juste ce qui permet de vivre…
    Bah oui mais on n’a pas forcément les moyens. Et chez leader price, les steacks hachés ne sont pas toujours avariés.

    Avis de troll force 4

  16. @reivax
    Je suis d’accord avec ta remarque sur les grandes surfaces. C’est une technique d’industrialisation. Ca doit pas nous faire peur pour trouver du travail car vous le savez tous, les clients qui cherchent du low-cost, ce sont des clients à éviter !
    Et on ne joue pas dans la même cours. Un artisan patissier ne fera pas la même qualité que les patisseries dans leur emballage plastique chez Au…tcchhtchhhpasdemarque.

    (ce qui est « marrant », c’est que depuis que j’ai travaillé en freelance, je vais beaucoup plus chez les artisans, boulanger, boucherie, etc donc je la trouve pas si choquante cette remarque)

    Disons que le besoin des entreprises a bien été identifier : la plupart des personnes ne savent pas où trouver un bon graphiste.
    Malheureusement la solution n’est pas forcément adaptée à la réalité et elle peut nous choquer (nous les graphistes) car ça renforce les aprioris qu’ont les clients sur notre job >> je veux du low cost = je comprend pas pourquoi des graphistes sont « cher » >> ah bin j’avais raison regarde sur ce site c’est pas cher ! C’est vraiment des zzzarnaqueurs ces graphistes !

  17. « Avec quels outils faire les créations ? Dans le cadre de logos, il est important de fournir des fichiers vectoriels, c’est à dire qui pourront être agrandis sans perte de qualité. Vous devez utiliser des outils permettant de générer de tels fichiers (Adobe Illustrator, Corel Draw, Inkscape par exemple). »
    >> une telle explication ne peut que s’adresser a des non-graphistes O__O

  18. @reivax:
    quand tu consommes des produit de chez carrouf au lieux de chez un artisan, ça n’engage que toi. Quand tu consommes un graphisme de chez gr.com, ça engage aussi ta clientèle non?
    le graphisme tu ne le stockes pas dans ton frigo, il a vocation a être diffusé, c’est une nuance importante tu ne crois pas?

  19. @mat:
    Heu non je comprends pas du tout.
    Quand tu consommes un graphisme de chez gr.com, tu es donc client, tu as choisi et acheté un logo (par exemple) pour ton activité, ok, tu le diffuses, ok… En quoi ça engage ta clientèle ?

    Si tu veux avoir un logo tout naze, que tu l’aimes assez pour le diffuser, bah… ça n’engage que toi… comprends pas…

    J’ai un autre exemple.
    Personne (qui proteste ici) n’est jamais allé se faire coiffer chez Tchip ? « C’est moins cher, les coiffeurs sont de gros arnaqueurs… etc » ?
    Bah faut voir les conditions de recrutement, de travail, etc… comparées à un artisan…
    Et là, c’est bien sa propre image qui est impactée…
    Ah, c’est sûr on peut parfois tomber sur un bon. Ou pas.

  20. @reivax:
    oui je comprends ou tu veux en venir la comparaison est évidente.

    mais je crois qu’il y a quand même une différence entre un choix personnel (coupe de cheveux, bouffe etc.) et un choix pour son entreprise. C’est de l’ordre du ressentit là, j’ai pas d’argument…

    Je sais, tu vas me dire qu’un costume de chez kiabi ou une coupe de cheveux chez tchip peut aussi nuire à l’image d’une entreprise 🙂

    (ou ptin je viens de comprendre ton pseudo 😆 )

  21. @mat:
    1/ bravo pour le pseudo 🙂
    2/ Bah perso je préfère risquer de me planter de logo pour mon entreprise que risquer de donner un steack avarié à mes enfants.
    3/ Ça PEUT dépendre, en fonction des enfants.
    4/ J’ai pas d’enfant, ni de logo.

  22. Que dire ? Énième clone de ces plateformes de perverted crowd-sourcing cheap par et pour amateurs, le tout enrobé du même argumentaire lénifiant qu’on nous sert à chaque fois. C’est usant…

  23. J’aimerais bien qu’il y ait des sites de crowdsourcing pour l’industrie… Ah non, suis-je bête, ingénieur c’est un vrai métier, c’est pas comme graphiste.

    Trève d’ironie, évidemment, le risque d' »accident industriel » est particulièrement prégnant quand il s’agit de construire un centrale nucléaire, on ne rigole pas avec ça, mais dans le design graphique, il y a quand même une marge de risque qui vaut le coup d’investir dans de vrais professionnels.
    La démocratisation des outils de PAO fait que maintenant tout le monde se sent capable de créer des logos, des mises en page etc… c’est désespérant. Je vois ça tout les jours en agence avec des clients qui bricolent des trucs sur word, sur powerpoint, et ils demandent juste qu’on optimise ça un tout petit peu avant d’envoyer le document à l’impression…

  24. @Ben:
    Ben, le crowd sourcing ça existe depuis fort longtemps dans le domaine du logiciel.

    Et ce que tu dis sur le graphisme et design est tout à fait vrai également sur la réalisation de logiciels et de sites web, et, hélas, y compris chez pas mal de graphistes et de designers 😉

  25. Ce n’est pas le premier site du genre, je ne vois pas pourquoi il y a tout ce buzz.
    La problématique est toujours la même, peu importe ce que disent les « vrais graphistes », au final, ce genre de site répond au besoin de certaines personnes.

  26. @reivax:
    c’est sûr ça me touche parce que c’est mon métier et c’est l’objet du site, mais c’est un vrai fléau autant que la sous-traitance à l’étranger dans des pays émergents où les travailleurs sont payés à coup de lance-pierre (je pense notamment à l’Inde). Je ne suis pas pour le « made in france » qui à l’heure actuelle me semble ridicule, en plus je ne vois pas pourquoi un français serait meilleur qu’un turc, un chinois, ou un malien, mais c’est le « prix » du travail qui est en cause et il est tiré vers le bas pour s’aligner sur des tarifs hallucinants…
    Pour revenir à gr.com, ok c’est pas cher, mais tout le monde y paye bien ses cotisations (au moins à la maison des artistes et à l’URSSAF ?) tout le monde a bien acheté sa licence Illustrator ? Toutes ces petites choses qui impacte le prix d’une création et qui font qu’on ne peut pas toujours s’aligner… mais bon, je dois être un vieil aigri ^^

  27. @Ben:
    Je suis d’accord sur le prix du travail, mais là, le prix est bas, mais pas du tout pour le même travail : aucune relation client, aucun dialogue, … le processus créatif réduit au maximum… pas d’itération, d’affinage…

    Par ailleurs, sur « tout le monde a bien acheté sa licence Illustrator ? » heu comment dire… honnêtement, tu crois que c’est un problème qui ne toucherait que ce type de site ? Tu crois que faire appel à un freelance en dehors de ce type de site est la garantie que les softs utilisés ont été payés ?

    Pour le reste, oui c’est vrai que ça favorise sûrement le travail non déclaré…

  28. @reivax: ôte moi d’un doute mais, les « marques » qui distribuent leurs produits dans des grandes surfaces ne le font pas gratuitement et ne sont pas rémunérer que si le produit est vendu si ?..

  29. @Julien:
    Ah la la tu n’es pas très au courant des pratiques de la grande distribution, qui impose les prix ET la reprise des marchandises non vendues…

    Par ailleurs, ça n’était pas là mon point de comparaison. Je ne parlais pas des marques, mais des commerces de proximités et artisans, qui ne vendent pas les marques dont tu parles.

  30. @reivax:

    Oui enfin la comparaison a ses limites, ce n’est pas tant le « low cost » le problème mais surtout qu’un graphiste qui répond a ce « grand jeux concours » n’est pas certain d’en retirer une rémunération et il est bien là le soucis…

  31. @Julien: il est là oui et non. En passant par le site, le designer connait les règles du « jeu », mais surtout il n’a pas eu a faire de recherche de client, de prospection, où il va passer également du temps a chercher, sans en tirer non plus de rémunération…

    Je ne dis pas que c’est super, attention. Mais qu’il ne faut pas non plus diaboliser à outrance.

  32. @reivax: Il ne faut pas diaboliser c’est certain, mais faut avouer que ce genre d’offre n’est pas vraiment en faveur du graphiste.

    C’est même presque malhonnête car elle joue vraiment sur la « naïveté » de jeunes graphiste débutant en leur faisant miroiter de pur moment de bonheur créatif sans avoir à gérer le côté commercial et administratif.

    Sauf que ce là fait partit intégrante du métier d’indépendant et si on est pas prêts à si investir la seul autre option viable c’est d’être salarié !

  33. Hello Geoffrey…

    Merci de citer l’AFD 🙂

    On appelle cela aussi perverted crowdsourcing d’ailleurs…
    Encore un (parmi d’autres) qui va finir ici :
    http://www.alliance-francaise-des-designers.org/blog/2011/11/03/liste-noire-des-appels-d-offres-de-design-et-de-communication-1.html


    J’en profite au passage pour signaler que, fruits de plusieurs mois de travail (bénévole), les chartes AFD eco-designers et des marchés publics de design sont disponibles sur le site :
    http://www.alliance-francaise-des-designers.org/chartes.html

    Et aussi que nous avons changé les modalités d’adhésions,
    http://www.alliance-francaise-des-designers.org/adherer.html
    Sachant que pour défendre et valoriser nos métiers nous avons plus que jamais besoin de tous…
    😎

  34. Allez hop, je témoigne en mode presque anonyme (parce que je ne suis pas fier) 😈 :
    Il y a encore peu, je n’avais pas de travail. J’avais toujours besoin de manger donc, en continuant à chercher, je me suis inscrit sur odesk (un site pour bosser en ligne qui se rémunère plutôt bien). Là, on se rend vite compte que le monde est rude, puisqu’on se retrouve en concurence avec des gens qui travaillent pour 1 $/h (et qui y gagnent). Il faut se batir une réputation, donc ne pas trop être regardant pour le premier job et essayer d’avoir un bon feedback. J’ai décroché un truc pour un logo avec un gars en Autralie (pour 200$, je ne veux pas calculer mon taux horaire qui devait bien avoisiner les youhou 2 $/h du coup, ce qui explique l’utilisation des termes « truc » et « gars »). Il voulait juste un logo, sans choix de police, sans travail typographique, juste un logo (enfin, ce qu’il entendait par ce mot … pas un logotype !), une image « internationale ». Je lui ai dit qu’il valait tout de même mieux essayer de travailler sur l’ensemble de la charte graphique avec un petit bonus pour moi, mais il n’a pas semblé y prêter attention (et puis je n’avais pas non plus envie de trop m’engager pour le prix, c’est le cercle vicieux). On a juste eu des contacts par mail. J’ai essayé de cerner ce qu’il voulait, et en trois envois (sur un mois), il a été satisfait. Je lui ai fait signer une session de droits partielle pour l’utilisation du logo (comme si, avec mes trois francs six sous, j’avais l’a carrure d’un investisseur), lui ai dit que j’aimerais suivre la suite du projet mais depuis, il fait sa petite tambouille dans son coin.
    Entre temps, j’ai trouvé du travail IRL, mais toujours dans le méga rouge sur le compte banquaire (j’attends ma paye à la fin du mois et elle ne va pas tout boucher) j’ai continué à farfouiller sur odesk. En cherchant dans les offres d’emploi, je suis tombé sur un gars qui renvoyait sur un site de crowdsourcing (interdit normalement tout ça)… Quand j’ai vu les prix, j’ai rigolé jaune et je suis retourné à mes activités … Mais quelques jours plus tard, la banquiaire m’ayant souhaité la bonne année, j’ai cherché des concours un peu rémunérateurs (à partir de 600$, on considère cela comme rémunérateur) et j’ai balancé des propositions (comme il est dit, aucun contact avec le client : j’attends les réponses, je ne sais pas encore ce que ça donne si on gagne, si on peut un peu discuter avec le client ou si on envoit juste le fichier et c’est fini).
    Evidemment, si je ne m’étais pas retrouvé dans cette situation financière, je n’aurais jamais foutu les pieds dans ce genre d’engrenage. Sur le site que je fréquente, j’y croise en majorité des indiens et des pakistanais qui balancent de la propal fashion à gogo et des gamins qui découvrent illustrator. Il y a quelques gars dans mon cas aussi je pense …
    Ouaip, je suis d’accord avec l’image de la prostitution : une minorité y va peut-être par plaisir, mais beaucoup y vont à contre-coeur avec l’impression de ne pas avoir le choix et puis les autres font cela de manière mécanique.

    Non pas sur ces questions de crowdsourcing, mais plutôt sur celle des métiers de la création et sur les questions que cela pose, un peu de lecture pour finir, cela devrait vous intéresser :
    « Le Sacre de l’amateur »
    Patrice Flichy

     » Nous vivons une révolution silencieuse : la montée en puissance des amateurs, ces passionnés qui ne sont ni des novices, ni des professionnels, mais de brillants touche-à-tout. Grâce à l’informatique et au web participatif, ils ont investi tous les aspects de la culture contemporaine. Foisonnantes, souvent pionnières, leurs pratiques ont bouleversé la manière de créer des œuvres, de diffuser l’information, de produire de la connaissance, de militer. Cette démocratisation des compétences contrebalance l’élitisme de nos sociétés et prolonge la démocratisation politique et scolaire que nous connaissons depuis deux siècles. Un nouveau règne s’annonce, qui brouille toutes les frontières : celui du pro-am (professionnel-amateur), citoyen-acteur, expert autodidacte, créateur à part entière.  »

    Patrice Flichy est professeur de sociologie à l’université de Paris-Est Marne-la-Vallée. Spécialiste de l’innovation et des techniques d’information, il a publié L’Innovation technique (La Découverte, 1995) et L’Imaginaire d’Internet (La Découverte, 2001). Il dirige la revue Réseaux.

    http://www.seuil.com/livre-9782021031447.htm (et non pas le lien amazon … et toc)

  35. L’exemple d’un gars qui paye 1240 dollars (1000 pour le gagnant, 240 pour le site !) et qui se croit le maître du monde, enjoy :

    ))))))))))))))))))))))))))))))))))premier message le 6 janvier
    Hello, Happy New year to everybody. (…) I paid $1240, please make unique and creative design. welcome to all talented designs and quality.
    )))))))))))))))))))))))))))))))))))deuxième message le 7 janvier
    Dear Designers, I am shocked, I haven’t seen more designs yet. I understand it is earlier, but $1000 is not bad prize for just three words of AGT. I am looking forward more exciting designs.
    (Blabla …)
    Looking forward to more

    Cela s’appelle de la relation client !
    Non, les gens qui vont là pour leur logo ne sont pas ceux qui vont contacter des designers en direct ! Enfin … On espère …
    Merci Serge Roukine

  36. je le connais mal, mais dans le genre outsourcing et crowdsourcing il y a http://www.odesk.com , il me semble qu’il est assez important. J’ajoute (et plussoie certain) que si un client veut un truc a 199€ HT, il doit bien savoir à quoi s’attendre, c’est un peu de la roulette russe du graphisme. Parceque sans la relation client, on ne sait rien de lui mais lui aussi ne sait rien de nous, ca peut être un avantage (ou pas) pour certain qui serait évincé. A savoir que ce site ne va pas écrouler les prix du marché, sauf si on voit les prix à l’international (cf le petit coder, designer indien). Bienvenue dans le village global de l’internet!

  37. Pour le crowdsourcing, c’est du même niveau que la mise en concurrence non rémunérée. C’est un foutage de gueule vis à vis d’une profession toute entière dont on ne veut pas reconnaitre sa légitimé, qu’on met volontairement au rebus pour éviter qu’elle ne s’exprime.

    Je suis freelance depuis 7 ans et je me suis toujours refusée à travailler gratuitement.
    Les arguments sont toujours les mêmes : ajouter des références à ton book, te booster pour sortir le meilleur du graphisme qu’il y a au fond de toi, ne pas se tromper quant au choix du graphiste – je me suis toujours demande avec amusant pourquoi le mec 5 minutes avant disait adorer ton style et discuté de certaines références s’il n’est pas sûr que ton travail « plaise » – et le tout évidemment pour demain.
    Evidemment je refuse. Le client insiste et je ne résiste pas de lui demande si lui travaille gratuitement. Non ? Moi non plus. Bisous.

    Un designer comme le dit à l’AFD est « celui qui dessine à dessein ».

    Et quelque part, je ne m’empêcher de penser – je vais être caricatural exprès – qu’au final ces demandes viennent de la part de gens qui s’en tapent du design. C’est une couche de joli pour faire 2.0 et que le métier du graphiste c’est jouer avec sa palette graphique et pondre des propositions au kilomètre et puis – oh magie – y’aura bien quelque chose qui lui aimera (la question n’est pas si ça lui correspond puisqu’il n’a pas envie de perdre du temps à parler à ce blaireau de graphiste) mais c’est le genre de personnage qui marche au coup de cœur.

    C’est ce genre de prospect qui ne veut pas être accompagné et qui n’a pas envie de l’être. Peut-être parce qu’il croit tout maîtriser, peut-être parce qu’il n’a aucun respect pour les gens d’autres professions, peut-être aussi qu’il n’a pas un goût très prononcé pour l’esthétique, peut-être aussi qu’il n’a pas une grande culture générale et qu’il croit qu’un logo avec un dégradé et une ombre c’est trop la classe.

    Quelque part, je me dis que ce sont des gens qui n’a pas non plus un grand respect pour leur propre clientèle. « Nous les savons avides de notre pourriture, mieux que de la confiture à des cochons » disait la chanson.

    Maintenant, ce qui me gène dans le crowdsourcing c’est bien entendu l’absence de rémunération des participants et l’absence de dialogue entre le commanditaire et les designers. On relaie le graphiste au rang d’un simple exécutant et non au rang d’un accompagnateur.

  38. Perso je suis pas trop favorable à ce genre d’idée, de graphisme de masse, et encore par le biais du virtuel, on fini par créer des éléments de communications en la négligeant elle-même…

    La chose positive, c’est que pour les jeunes graphistes, c’est une occasion d’avoir des projets concrets sur lesquels travailler, avec une jolie dose de challenge et même si le concours n’est pas gagné et bien ce sera quand même tout bénef car cela fera un boulot de plus à mettre dans son portfolio…!

    Bref, idée pas mal, pour client comme pour créa, ce n’est pas une tel plateforme qui va tuer le graphiste…

  39. @reivax

    Comme beaucoup de designers, dans mon entourage j’ai souvent entendu ceci :

    « Oh mais tu gagnes combien avec ton boulot de graphiste, des fortunes, un prit logo gratis ça va pas trop te déborder, c’est l’affaire de 1 ou 2h de mise en page?… »

    Ou bien : « Bah de toutes façons tu gagnes rien en ce moment alors un logo de plus gratis de + ou de moins… »

    J’ai une question pour les ab… qui répandent de telles conneries.

    Vous même, vous accepteriez que votre patron vous sorte : Dis, c’est pas grave si tu viens bosser ce WE gratis? Vu que tu fais déjà des journées de 10 heures ça va pas trop te gêner…

    Autre chose : Faites la même proposition à votre plombier ou votre employée de ménage :
    « Vous faites un essai gratis, et je rémunère que celui que j’ai choisi ! »


    Les appels d’offre doivent être rémunérés, sinon c’est un concours, et en France qui dit concours dit huissier mandaté. Or un huissier coûte cher. A moins que Creads ou Graphiste.com fasse pareil avec les huissiers, pourquoi pas?

  40. @Paul
    Oui, mais je ne vois pas bien pourquoi tu adresse ton message à moi en particulier…
    Je n’ai jamais défendu ce genre de propos… ?

  41. @reivax :

    « Je suis d’accord sur le prix du travail, mais là, le prix est bas, mais pas du tout pour le même travail : aucune relation client, aucun dialogue, … le processus créatif réduit au maximum… pas d’itération, d’affinage… »

    Alors l’affinage c’est pour les fromages, et l’itération c’est l’action répétitive dans les mathématiques ou la programmation, rien à voir avec le graphisme ou la typographie. En typographie par exemple, on y apprend le sens de la valeur de l’approche, pour travailler l’équilibre et la finesse graphique d’un logo, en somme, un savoir indispensable pour un graphiste qui se respecte. C’est un des nombreux savoirs qui me différencient d’un « graphiste » autoformé ou amateur, et je ne les confonds pas avec les autodidactes, qui sont en général, talentueux et ont bossé leur métier à fond en faisant des heures sup le soir.

    Un graphiste professionnel apprend avec des gens qualifiés venant soit de la typographie, comme ce fut mon cas, ou de l’infographie, comme c’est plus généralement le cas. Souvent les « graphistes » que j’ai pu rencontrer dans ma vie professionnelle, n’ont pas de formation significative de ce genre et ne savent pas gérer correctement les approches et les espaces sur un logo, et en général, ça se voit souvent au résultat.

    Dans ma profession, on travaille des années avant d’avoir un savoir-faire réel, en école d’abord, puis en milieu professionnel.
    Je nuancerais mon propos concernant quelques rares autodidactes, qui réussissent des créas équilibrées et riches sans avoir appris ces techniques. Mais ils sont rares, il ne faut pas rêver. Les 40000 « créatifs » de Creads me laisse songeur. Je vois mal autant de gens si talentueux rester sur une plateforme proposant des revenus low-cost, alors qu’il pourrait gagner bien mieux sa vie à New-york ou à Paris, ou à Londres.

    C’est tout cela, que Creads, Wilogo, graphistecom et consorts prétendent jeter aux oubliettes, laissez-moi vous dire que nous arrivons à la fin de l’ère du jetable, la preuve les produits de qualité manque cruellement sur le marché, les produits low-cost parfumé à la pékinoise commencent à lasser, moi le premier.

    Creads, par exemple, se présente comme une agence de communication, le fourre-tout idéal, mais en aucun cas il ne devraient avoir le droit de se présenter comme agence de création, ce qu’ils ne seront jamais, en tous cas pas sous leur forme actuelle. Les architectes protègent leur profession en interdisant à quiconque n’ayant pas de diplôme reconnu, d’exercer la profession d’architecte, CQFD.

  42. Mais enfin, tu me cites, et tu réponds hors sujet par rapport à ce que tu cites…

    Tu me parles de TON métier, TA pratique, TON savoir. Je ne vois pas le rapport avec ce que je disais et que tu cites… ?

    Moi je parlais de la relation avec le client, quand on bosse sur un projet, pour arriver à un objectif.

    Maintenant, si tes clients savent dès le début exactement ce qu’ils veulent, savent l’exprimer, et que toi tu parviens à satisfaire leur besoin dès ta première proposition, heu, ben tu vis chez les bisounours, félicitations.

    « Dans ma profession, on travaille des années avant d’avoir un savoir-faire réel »
    Oui comme dans beaucoup de métiers, tu sais, même le mien…

  43. @reivax oui, je te cite dsl je n’ai pas non plus la journée pour répondre précisement à chacun de tes commentaires, j’arrive ici après la bataille, alors si je dois être plus précis, je répondais aussi à cela : »Bien sûr, c’est hard de bosser pour rien. Mais personne n’est obligé de prendre ce risque. Dans l’industrie par exemple, les appels d’offre ne sont pas forcément rémunérés, alors qu’ils peuvent représenter un boulot considérable.
    (…)
    Reconnaissons que tout le monde n’a pas les moyens d’avoir recours à un graphiste/designer… »
    Justement, il me semble qu’il ne faut pas accepter la casse de notre profession sous prétexte que les « pme n’ont pas les moyens ». Julien Machin/Creads c’est juste un ambitieux qui veut se faire du pognon en faisant racheter sa startup, dévaloriser notre profession n’a pas l’air de beaucoup le déranger. Normal qu’on réagisse

  44. J’imagines que certains d’entre vous sont allé lire les commentaires des « concours » sur graphiste.com…
    http://graphiste.com/projects/455-creation-d-un-logo-pour-air-space
    « diiplo
    16 mar. 12:44
    Magnifique ! Merci aux clients de m’avoir demandé des modifs a l’infini, merci aussi d’avoir demandé à drikc de reprendre des éléments de mon logo, merci donc à drikc d,avoir repris le cercle bru et les segments gris, et merci aux administration de ne pas être intervenu. Bravo!! Le client à un logo qui renvoie l’image d’un vendeur de ventilateur ou de climatisation. »

    Les belges s’assoient sur le droit de la propriété intellectuelle?

    Et il y en a beaucoup dans le même genre, en fait les jeunes se tirent la bourre et le « client » doit se marrer et en redemander… Le mec a les moyens de se payer un batiment et une soufflerie aéro et il a pas les moyens de payer un vrai graphiste? Franchement, le logo choisi est pas terrible

  45. Je viens de comprendre que le « client » pour airspace doit être une agence de com qui sous-traite à graphiste.com. Les concours utilisés dans le but de faire du profit…

  46. @Clément:
    Je suis graphiste et j’ai été banni du site graphiste.com il a quelques semaines sous prétexte d’avoir perturbé la classe ! Sur un projet ouvert par un client j’ai déposé plusieurs créations et me suis fait plagié par un autre graphiste …. pour être bref sa proposition à été plébiscité par le client et j’ai fini à la poubelle comme mes créations d’ailleurs.
    Les clients en général sur ce site n’ont que peu de respect vis à vis des graphistes et ont pratiquement la même façon de procéder à croire que les créateurs du site savent très bien leur expliquer la stratégie à adopter. Pas de communication ou très peu, diriger les graphiste en laissant les logos qui ont un potentiel (plutôt que de le faire évoluer en ayant une vrai réflexion) c’est une jungle sans véritable règles (sauf celles de graphiste.com) Tu la boucle sinon tu passes à la trappe et en plus de servir de « nègre » des menaces sont proférées par mail (avocat etc …) le Paradis des graphistes, un véritable panurgisme mais sans la poésie de Saint Ex ….

  47. Les fondateurs de ce site sont à blamer, certes, mais c’est surtout les graphistes qui se « vendent » si bas, sans aucune conscience professionnelle, qui sont à plaindre.

    Bientôt on aura des concours de dévs backs, 100€ le dév sur-mesure de module + des concours d’inté, en front, 50€ pour avoir un site responsive, 10€ pour une optimisation ux…. On va où ? Autant travailler dans les rayons de carrefour ou à McDo.

    ++

  48. un truc que je viens de me rappeler quand je bossais pour une agence de com lambda en alsace, c’était une boite marketing direct à 10 francs, avec des infographistes avec une culture graphique qui se résumait à mettre en page tout la journée des compos en se demandant quelle typo mettre pour changer le style, bon je suis dur mais en gros c’était ça. Saoulant.

    Tout ça pour dire qu’il y a un marché pour les boite com nulles en graphisme avec zéro créativité rayon logo qui peuvent être demandeuses pour des rapaces genre crads/grafist.con

    Ces boites c’est le degré zéro de la créativité, leur richesse créative ils la volent à de pauvres types qui ont pas compris le genre d’arnaque qu’ils subissent, quand aux mecs qui croient se faire de la pub avec ces boites…
    là je pense particulièrement au gars qui a pondu la créa pour un album de Daft Punk, et qui s’est fait rémunérer une misère pour un boulot que je qualifierais de créatif et professionnel, je suis pas sûr que sa carrière décolle forcément avec ce job. Ma question : comment va t’ il se faire payer correctement après ça… Quand aux Daft Punk, ils gagnent des millions avec leur musique, j’aimerais bien avoir leur avis sur cette affaire


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