Vous le savez, culture & design sont intimement liés par l’histoire, les usages et les traditions également (sans parler des techniques!). Parfois, des designers travaillent sur la question en créant des dispositifs qui s’appuient sur la culture d’un pays, sur une tradition, sur l’histoire comme par exemple le fauteuil Mi Ming-XO de Philippe Stark qui s’inspire de la tradition du mobilier chinois pour décliner son fauteuil « Ghost ».

Parodie esthétique ou élégant clin d’œil, ce fauteuil essaye donc de faire la synthèse de deux mondes. Bref, dans un tout autre style, le designer Richard Benc a cherché à concevoir Halo, un objet plus social qui vise à aider les personnes portant des charges lourdes sur la tête. Comme le précise le site Yanko, contrairement à la croyance populaire, la tête est l’un des moyens les plus efficaces que l’humain possède pour transporter des objets lourd, car l’intégralité du poids repose directement sur le centre de gravité de la colonne vertébrale. C’est en partant de cette observation que le projet Halo a été conçu, afin de répartir le poids au travers non seulement la tête, mais aussi des épaules. Ce dispositif réduit donc la pression sur les vertèbres cervicales et répartit la charge uniformément sur toute la partie supérieure du corps. L’ensemble est en aluminium, un métal très léger et assez souple.

Quelques croquis de Halo

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Après ces différents croquis et prototypes, Richard Benc a réalisé ce modèle 3D dont la forme est ajustable. Ses essais lui ont également fait comprendre que Halo était aussi utile pour les porteurs novices, ces derniers étant plus susceptibles de subir des blessures dues à une mauvaise posture.

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Ce dispositif résonne avec le projet Hippo Water Roller qui est un outil permettant de transporter de l’eau, beaucoup d’eau, au travers d’un tonneau en plastique qui roule. Le but est plus ou moins le même mais la réponse est différente, le transfert de la force du portage se fait là par la poussée grâce à un objet qui roule.

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Même si tout ceci est plein de bonnes intentions, j’attirerai votre réflexion sur l’importance de pratiquer une méthodologie de design centrée sur l’utilisateur, sur les usages, mais surtout sur l’échange entre les humains et la conception de tels objets. Pour Halo, pas de doute qu’il faille absolument mettre des prototypes entre les mains de ces hommes et femmes qui portent habituellement des charges lourdes sur la tête et ainsi voir, au bout de deux jours, d’une semaine, d’un mois, comment cela est utilisé, peut-être détourné, peut-être abandonné au profit des habitudes ? Jusqu’où le design peut compléter intelligemment et s’inscrire dans les traditions, qu’elles viennent d’Afrique d’Asie, d’Europe… et à quel moment n’est-il plus accepté ? Quelle est cette jauge à ne pas dépasser ? Cette frontière qui change à chaque projet ?




2 commentaires

  1. Difficile d’introduire des objets visant à faciliter une pratique présente depuis biens des années dans une culture. Certains l’accepteront d’autres le rejetterons car trouverons la chose inutile. L’occident cherche souvent à apporter une modernité à des populations défavorisées qui parfois n’en ont pas une nécessité absolue, pensant savoir ce qui est le mieux pour eux.


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