Hop !

Je souhaitais vous présenter le projet de diplôme de Julien Laureau, étudiant à l’Esad de Strasbourg. Intitulé « Voyageurs amnésiques », cet élégant projet de graphisme regroupe cinq livrets et cinq posters qui s’attachent à démontrer le caractère fantasmatique d’autant d’idées reçues véhiculées sur le fait migratoire. L’objectivité et la factualité du graphisme d’information pour rompre avec l’irrationalité des faux-semblants.

Voici un extrait du travail finalisé :

De même, on appréciera la police de titrage dessinée spécialement pour le projet. Sa silhouette rappelle certaines linéales géométriques qui ont vu le jour durant l’entre-deux-guerres, comme le Futura ou le Kabel. Julien Laureau souhaitait évoquer cette période de l’histoire qui vit le premier accroissement massif des flux migratoires dans l’histoire moderne de notre pays.

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14 commentaires

  1. Intéressant, mais cite-t’il ses sources ? Ça semble logique mais bon…
    De plus certaines affirmations sont interprétables, je pense au 50% d’emplois en espagne : s’il s’agit d’emplois sous-payés (travailleurs agricoles par exemple) ça ne favorise pas vraiment la population locale.

  2. Trop tard pour éditer, je double post 😛 juste pour ajouter que graphiquement le projet est très beau, et au cas ou mon précédent commentaire serait mal interprété j’apprécie énormément cette initiative, trop rare malheureusement.

  3. Et quel est l’intérêt de gagner un demi-point de croissance si c’est pour y perdre son âme ? On était assurément bien moins riche dans les années 60 (qui connaissaient peu ou pas d’immigration), mais on y vivait bien mieux.

    Et ce n’est pas lié au fait d’avoir été jeune à l’époque, car j’ai constaté que :

    – les personnes nées dans les années 1900 regrettaient les années 60
    – les personnes nées dans les années 1910 regrettaient les années 60
    – les personnes nées dans les années 1920 regrettaient les années 60
    – les personnes nées dans les années 1930 regrettaient les années 60
    – les personnes nées dans les années 1940 regrettaient les années 60
    – les personnes nées dans les années 1950 regrettaient les années 60

    D’ailleurs mon fils, né en 1980, semble beaucoup regretter de n’avoir pas connu les années 60.

    Cela montre simplement que la qualité de vie d’un pays ne se résume pas, et de très très loin, à la croissance. Nous manifestions d’ailleurs en 1968 pour que nos contemporains se montrent – déjà à l’époque – moins « unidimensionnels ».

    En revanche quelques exploiteurs vient mieux en ayant davantage de monde à exploiter, ça, c’est un fait. Ce ne sont pas eux qui en subissent les conséquences dans leur quotidien, pas vrai ?

  4. Ce document n’est pas édité pour le moment. Je souhaiterai pouvoir le diffuser et je réfléchis actuellement aux différentes façons d’y parvenir. Toute aide ou conseil à ce niveau-là serai la bienvenue.

    @Gabriel, @Vivien, les informations sur lesquelles je me suis appuyé sont référencées à la fin de chaque livret. Un grand nombre d’entre elles sont disponibles sur les sites de l’INED et de l’INSEE. D’autres m’ont étés fournies par des ouvrages, au nombre desquels je recommande particulièrement :

    – Noiriel, Gérard. Le Creuset français. Histoire de l’immigration XIXe-XXe siècle. Paris : Seuil, 1988. 447 p.

    – Rodier, Claire. Terray, Emmanuel. Immigration : fantasmes et réalités. Pour une alternative à la fermeture des frontières. Paris : La Découverte, 2008. 150 p.

    @Geoffrey Dorne, merci de relayer mon projet.

  5. Commentaire de vivien philizot qui n’était pas passé:

    J’ai bien du mal à voir et à comprendre en quoi les affiches de l’UDC partagent certains codes graphiques ou esthétiques avec les productions visuelles du régime nazi.
    Le piège de ce genre de comparaison un peu rapide est de confondre proximité idéologique et stylistique.
    On peut noter sur ce point que si l' »esthétique » nazie convoquait à ses débuts un répertoire formel très traditionnel, les productions se sont rapprochées par la suite des travaux des avant gardes – en témoigne le revirement du régime sur la question des caractères gothiques, remplacés après la circulaire de Martin Bormann de 1941 par des linéales comme le Futura par exemple.

    Sur le plan esthétique – entendu comme traitement plastique des formes et des images – les visuels de l’UDC relèvent plus de l’illustration vectorielle dans sa forme la plus indigente, empruntant au mieux certains traits à la bande dessinée franco belge, alors que visuels nazis sont traités dans un style graphique beaucoup plus riche, caractéristique des années 30 et 40 et commun par ailleurs à certaines productions des alliés.
    Quant à l’usage du rouge – couleur évidemment commune aux deux drapeaux – ce n’est pas un indicateur plus fiable.

    Alors évidemment, on peut faire des rapprochements iconographiques : le drapeau sur les premières affiches – un peu léger on vient de le voir. Les bottes ? Pour l’UDC, ce sont celles des immigrés, alors que sur la couverture du magazine Frauen Warte, ce sont celles de l’armée allemande. Le marteau est celui du tribunal, on est censé l’empêcher de frapper. Sur l’affiche électorale, c’est au contraire un marteau utilisé pour briser la coalition socialiste libérale de la république de Weimar (Schwarzenroten Block – le bloc noir-rouge). Les minarets répondent quant à eux aux pointes des drapeaux, mais la aussi de manière inversée.

    Si les deux séries d’affiches présentent les mêmes objets – elles disent cependant le contraire. Là où l’UDC nous montre un scénario catastrophe, le régime nazi met en scène l’aboutissement logique d’un programme politico militaire sous forme de dystopie.
    Ironie d’un côté, hyperbole de l’autre : les procédés rhétoriques n’ont rien à voir entre eux. Pourquoi ? Parce que le parti nazi, si on compare son état à la situation actuelle de l’UDC – et là je n’apprends rien à personne – n’occupe pas la même position structurelle dans le champ politique des années 30, position qui n’est d’ailleurs pas la même suivant les périodes auxquelles appartiennent les visuels que tu as choisis. (On remarque d’ailleurs que l’émetteur est tantôt le parti, tantôt le régime légitimé dans sa position dominante) Dans la première comparaison par exemple : les deux entités ne sont pas au même stade de leur développement (on souhaite d’ailleurs que l’UDC n’ait jamais l’occasion de réaliser un visuel représentant le soulèvement de l’armée nationale), et ont par conséquent un message complètement différent à faire passer.

    Ce type de rapprochement peut aller très loin : on pourrait ajouter beaucoup d’affiches politiques ou publicitaires aux mêmes couleurs, mettant en scène les mêmes objets, mais ça s’arrête là : les codes visuels, le traitement graphique et, très important, les discours en présence sont fondamentalement différents.

  6. A la personne qui voulait vivre dans les années 60 . Je ne suis pas d’accord avec vous, vous êtes sur que dans les années 60 on vivait vraiment mieux ( santé, confort ,technologie, politique, exploitation ? colonisation? sans immigrés ? ….) dans les années 60 y avait plus de flux migratoire que maintenant , maintenant (AA 2000) on a de l’immigration choisie « les cerveaux: qui payent énormément d’impôt pour … ». Bref je n’arrive pas à organiser mes idées et vous rappelez l’histoire … Mais juste un point, aujourd’hui je suis fière de l’effort ( comparant aux années 60 ) de mon pays, à respecter « parfois » les immigrés, on les exploites, c’est vrai , on exploite leur pays d’origine, on les utilise comme argument pour faire peur … mais souvent on tire la sonnette d’alarme et on se dit ehhh réveillons nous c’est des humains, qui ne souhaites que survivre . Vous voulez vivre mieux ? Souhaitez à votre prochain ce que vous souhaitez à vous même .


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