J’ai appris ce matin qu’un artiste pacifiste du nom de Joseph DeLappe refait les 380 km de la Marche du sel dans le monde virtuel.

Alors qu’est ce que la Marche du sel ? L’article de Wikipédia ici
ou sinon, sachez que c’était pour obtenir l’indépendance de l’Inde aux Britanniques en 1930.

Un petit homme chauve aux lunettes cerclées, silhouette familière en pagne blanc, pieds nus dans ses sandales, discute avec une amazone à la poitrine généreuse. Mais que fait le Mahatma Gandhi dans ce décor de pixels ?”

Jusqu’au 6 avril, les résidents du monde virtuel Second Life pourront croiser sa silhouette émaciée au détour d’un centre commercial ou d’un sex shop. Derrière l’avatar se cache l’artiste américain Joseph DeLappe, qui a fait des jeux vidéos en ligne la scène de ses interventions. L’artiste a décidé de rééditer dans le monde virtuel la célèbre Marche du sel de Gandhi. Parti de l’ashram Sabamarti en 1930, ce périple de 380 kilomètres l’a mené dans les marais salants de Dandi où Gandhi a récolté le sel, violant le monopole de l’Etat colonial. Ce geste lance la désobéissance civile qui allait mener l’Inde à l’indépendance.

La Marche du sel dans Second Life a débuté le 12 mars par le discours historique de Gandhi. Depuis, son avatar va «où le vent le pousse». «Je marche au hasard en direction des groupes de gens, je leur parle de mon action et je leur distribue des bâtons de pèlerin avec un lien vers mon blog. Régulièrement, certains me suivent.»

«De manière curieuse, le système me fait marcher plus vite que les autres dans Second Life. Ce qui est assez amusant, puisque Gandhi marchait aussi à vive allure

«Marcher est en soi déjà un challenge, Second Life n’a pas été conçu pour les piétons

«C’est très frustrant : cet espace présenté comme un lieu de création est devenu très commercial et uniforme, peuplé d’avatars, jeunes, beaux et grands. Je n’étais pas vraiment séduit par SL, mais cette technique de marche permet de ralentir l’interactivité, de découvrir le monde pas à pas.»

 

Aux sceptiques qui l’interrogent sur le sens de cette action, il répond : «Je marche pour l’art, pour la paix. Souvent, on me demande contre quoi je proteste. Pour moi, c’est une façon de se souvenir mais aussi d’implanter Gandhi dans le monde contemporain. Gandhi luttait contre le colonialisme des Britanniques, contre l’exploitation des ressources de sa nation.» Aujourd’hui, le pétrole a remplacé le sel, et l’impérialisme américain, la mainmise britannique. «Evidemment ma marche n’a pas la portée héroïque de la Marche du sel de Gandhi. C’est pour moi une manière de questionner la séparation monde physique/monde virtuel, et plus globalement cette expérience de vie en ligne.» 

Pour en savoir plus sur Joseph Delappe
Pour en savoir plus sur sa marche virtuelle

via Libération 




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