Que se passe-t-il dans la tête d’un joueur lorsqu’il s’adonne à sa passion ? Plus exactement quelles émotions ressent-il exactement lors d’un combat, lorsqu’il tue, ou lorsqu’il est tué ? C’est la question à laquelle ont cherché à répondre des chercheurs de l’école d’économie d’Helsinki. Pour pénétrer l’esprit de leurs cobayes, ils ont utilisé tout un appareillage d’analyse des réactions psychophysiologiques telles que la résistance électrique de la peau, ou les mouvements faciaux et oculaires. Les expérimentateurs ont utilisé le jeu James Bond 007 : NightFire comme base pour leurs tests.

Les résultats obtenus sont étonnants : ainsi, il semblerait bien que le joueur éprouve une joie secrète à voir son personnage abattu lors d’une mission. En revanche, de nombreux sujets auraient montré des signes d’émotion négative lorsqu’ils tuaient ou abattaient un ennemi, malgré, bien sûr, des signes extérieurs de satisfaction. Plus inquiétant, les chercheurs ont fait passé un questionnaire à leurs cobayes pour voir lesquels présentaient des tendances psychopathiques (le fameux questionnaire de personnalité d’Eysenck utilisé par les chercheurs contient des questions comme : “aimeriez vous que les gens aient peur de vous” ?). Il s’avérait que ceux-là se montraient beaucoup moins inquiets à l’idée d’abattre leurs cibles…

Comme toujours on ne sait trop comment interpréter ces résultats. Il est déjà difficile d’avoir des résultats fiables avec l’IRM, alors que penser de l’efficacité des méthodes plus “superficielles” employées par cette équipe ? Mais tout de même, on en peut s’empêcher de penser aux expériences inspirées par Stanley Milgram au cours desquelles des chercheurs établirent que leurs sujets éprouvaient une certaine difficulté à torturer un personnage virtuel en 3D. La principale objection qu’on pouvait faire à ces travaux était précisément que les jeux vidéos violents ne semblaient pas déclencher de tels scrupules. Cette nouvelle recherche, en allant dans le même sens, pourrait changer la perspective négative qu’on prête aux jeux violents. Quant au plaisir secret éprouvé à voir son personnage tué, on ne peut que le rapprocher de cette théorie psychologique bien connue qui affirme que le joueur invétéré qui dilapide son argent dans les casinos éprouve en réalité un plaisir inconscient à perdre… A moins bien sûr que la mort du personnage ne soit vécue avec soulagement comme une punition justifiée après avoir commis tant d’atrocités !

Via New Scientist Technology Blog.
Via internetactu




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