« Ouch mes yeux. » Ce fût ma première réaction.

Bonjour ;-)

Je vous présente ce matin la nouvelle identité visuelle de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, l’Ensad, grand cru 2010 ! Je tiens à préciser que cela fait 7 ans que je suis dans cette école, j’y ai fait toutes mes études et aujourd’hui de la recherche. Au début, j’ai pensé à une blague mais non, il s’agit bien du travail qui fait suite à l’appel d’offre qui mettait plusieurs agences & designers en concurrence afin de refaire la charte graphique de l’Ensad. L’ancienne, souvenez-vous avait été dessinée par m/m paris (ici et pour plus d’info).

Cette fois-ci, le travail a été réalisé par l’Atelier Trois. Je tiens d’ailleurs à préciser que ce travail ne reflète pas la qualité de l’Atelier Trois qui fait par habituellement du bon boulot. J’imagine que la problématique de faire une identité visuelle pour l’Ensad et assez douloureuse, notamment avec ce que j’en ai entendu, comme par exemple plusieurs mains sur la souris qui dessine et qui fait les choix… Mais quand même.

Le petit texte publié sur le site de l’Ensad (en italique) avec quelques commentaires (en gras) :

« L’École nationale supérieure des Arts Décoratifs adopte une nouvelle identité visuelle, résolument contemporaine, signée par Atelier Trois (« résolument contemporaine ») […] Cette charte graphique, étroitement liée à la spécificité des activités de l’Ecole, se caractérise par : une typographie à empattements, incarnant l’étude et la pensée (une charte résolument contemporaine, mais si.), et une trame mécanique rappelant la nature sérielle de la production des arts décoratifs. (le sens « décoratif » prend toute sa force donc)[…] La trame intervient comme motif de fond. […] Le site Internet de l’École: http://www.ensad.fr sera entièrement réhabillé et une lettre d’information électronique verra le jour en novembre.[…] (une lettre d’information électronique ? Résolument contemporain, on vous le disait ;-) ) »

Accrochez vos ceintures, place aux images !


(j’ai glissé une blague dans l’image, saurez-vous la retrouver ? ;-) )

Allez, petite info pour les curieux, la typo n’est pas du Times ou du Garamond mais du Arnhem (typo conçue en 1999 par Fred Smeijers, il s’agit d’une typographie contemporaine inspirée des modèles français du XVIIIe siècle, période à laquelle l’École a été fondée).

Je vous laisse vous faire votre avis.

« Ouch mes yeux. » Ce sera ma dernière réaction ;-)

pour loler plus




39 commentaires

  1. Je pense que l’identité visuelle des arts déco sera toujours un problème, parce qu’il s’agit des arts déco, comment placer dans une seule identité visuelle tout ce qu’est censée être cette école au passé, au présent et au futur ?
    Bon les rayures jaunes et blanches, faut admettre que c’est curieux.
    J’aime bien la typo.

  2. Le jaune c’est a la mode ! Je l’utilise meme pour un rendu en cours (mais je dis sans honte m’inspirer du theatre des amandiers)… mais bon meme si c’est un fort partie prie ces trames je suis moyennement convaincu :s

  3. Deuxième ligne, douzième mot: « résolument ». J’emploie ce terme dans des argumentaires uniquement quand je plaisante, tellement c’est le joker des adverbes.
    Si en plus tu ajoutes « contemporain » derrière (7 cas sur 8), t’as gagné le gros lot. Avec ces clefs je lis systématiquement la suite comme: « creuse creuse creuse creuse… ».

    On voit la qualité de dessin d’un Fred Smeijers mais pour autant je doute que ce caractère ait vraiment vocation à être explosé comme ça. Bien sûr qu’on le peut, il s’agit pas d’être dogmatique, mais je suis toujours sceptique quand on utilise en titre un caractère de texte aussi proche de standards devenus un peu indigestes.

    Quant au reste, j’ai pas vraiment d’avis, c’est à l’image de la production en vogue que je prends plaisir à ignorer puisqu’elle me lasse.

    Bon, je vais arrêter de cracher dans la soupe et tout même aller voir le travail de l’Atelier Trois dont je ne connais pas l’œuvre.

  4. Ah ah alors c’est très drôle cette nouvelle apparence, il y a quelques années (6 exactement) une de mes connaissance en 1ere année de graphisme a produit exactement la même chose dans le cadre d’un travail pour son école qui souhaitait changer d’identité visuelle… Sauf que pour lui, c’était une blague !
    Résoluement contemporain en tout cas !

  5. Ouch… ça fait mal aux yeux.
    C’etait une volonté de repositionnement de la part de l’ENSAD ? ils voulaient être plus  » grand public  » ?
    Parcequ’autan l’identité des M/M envoyais quand même du lourd, autan la… ça n’évoque pas grand chose.

  6. Comme Loïc, le mot contemporain me fait sourire. N’étant pas un spécialiste dans le domaine artistique, j’aime plaisanter en disant que toutes choses est très « contemporaine ». Au moins pour une fois j’aurais eu raison avec cette magnifique présentation jaune fluo stabilo qui me fait penser à un livret pour le code de la route.

  7. C’est un logo en travaux peut-être ? 💡
    Il faut le regarder avec un casque de chantier 🙂 …

    Sinon c’est d’une originalité déconcertante.
    Du jamais vu. ➡

  8. Ouat the fuck ?!

    Genre, une trame à 45°, style webdesign de y a 5 ans avec une typo à empatement ?

    Sérieusement, je trouvais ça mega classe en première année de BTS mais faut pas déconner là

    Le tout donne un coté « ruban de chantier jaune », genre, attention école en travaux.

    Et le décalage de ouf entre le brief et le rendu : l’identité aurait été contemporaine si elle avait été faite y a plusieurs années oui … mais maintenant, elle est juste datée.

    Je suis déçu déçu

  9. Le fait d’avoir choisi un jeune studio (au-delà du fait qu’il est composé d’anciens de l’école et que ça sonne joliment bien — il y a peut-être aussi un peu d’auto-congratulation là-dessous) n’est certainement pas anodin : je crois qu’il est assez évident qu’il ne possède pas les mêmes qualités pour se défendre qu’un studio plus ancien, plus expérimenté à négocier avec un client et à le convaincre de choix plus «radicaux».

    En tout cas, si j’ai bien compris lors de leur présentation le choix du caractère typographique (on pourra quand même regretter l’abandon — faute de budget !? — du caractère développé spécialement pour l’occasion par Stéphane Elbaz), ce choix de bandes diagonales me semblent vraiment peu original et peu spécifique à l’école.

    Au-delà des qualités de chaque logo (l’ancien et le nouveau), je trouve cette nouvelle signature vraiment frileuse pour une école qui prétend former l’élite des concepteurs et accorde une place majeure à l’expérimentation.

  10. je trouve cela hyper classique.
    beaucoup de plaquette culture machin utilise ce code depuis les années 80 on s’en lasse . J’aime bien la typo
    Du retard dans le contemporain ….Même si l’identité d’une école ne doit pas forcement innover juste être bien.

  11. Ça me paraît quand même bien mieux que l’identité précédente (complètement illisible et plutôt moche). Ceci dit, on souhaiterait voir utilisées des créations d’anciens de l’école, ou d’enseignants-chercheurs comme c’est le cas dans beaucoup d’écoles en Angleterre ou ailleurs (quel désaveu pour sa propre formation !). L’Arnhem est un peu trop passepartout me semble-t-il. Il y a plein de très beaux caractères de titrage qui donneraient une vraie identité : Anisette, Banco, Ambroise, Vista, Blue Island, Tuxedo, Zipper, Acier, Malaga et qui pourraient être combinés à un caractère de texte…

    Conclusion : il y a pire mais il y a mieux. C’est une amélioration.

  12. Mieux, moins bien, tout est question de goûts et ils sont tous dans la nature fort heureusement…
    Il n’en demeure pas moins que c’est un peu limite question « avant-gardisme » voilà tout…

  13. OK ! Je ne peux pas m’empêcher de mettre un 24e commentaire à cet article… ce qui ne fera que confirmer le fait que cette nouvelle fait «du bruit» (traduire « buzz » pour les anglophones) dans le milieu du graphisme.

    Mais ce commentaire est plutôt une question (d’ailleurs je ne sais que poser des questions, car apporter des réponses semble plus compliquer…) bien au-delà des notions de goût ou de style :

    Un système graphique d’identification, n’est-il pas créé de manière à ce qu’il existe et soit reconnu comme tel plus bien plus que 1 ou 2 ans ?

    Vive le «cours-termisme» et l’égocentrisme des directeurs de l’école qui, au lieu de se contenter de marquer cette école de leurs empreintes par une vraie politique d’enseignement et culturelle, préfèrent jouer sur l’image «star/people» et les taux de réussites aux examens avoisinant les 100% (faussement et tout le monde le sais pourquoi…)

    Voilà, donc double peine !
    Une à l’encontre des commanditaires qui ne sont finalement pas plus cultivés ni intelligents que dans les milieux non initiés pour entreprendre des tels choix d’images.
    L’autre envers les graphistes qui ne respectent même pas leur métier et leurs réalisations en produisant des images qui finalement n’ont pas leur place dans une société qui en est déjà que trop saturée.

    Faites des images, mais faites les biens…

  14. Un système graphique d’identification, n’est-il pas créé de manière à ce qu’il existe et soit reconnu comme tel plus bien plus que 1 ou 2 ans ?

    Pardon? 😯 😯 😯 😯 😯

  15. @B# : Oui je veux dire qu’une identité visuelle doit être réalisé de manière à ce quelle soit la plus perrenne possible, surtout dans le cas d’institutions ou d’entreprises… (pour un événement l’exercice graphique est différent bien sur). Imaginez changer de visage de corps et de style vestimentaire tout les ans ? Qui vous reconnaitra ? Et puis ça évoque l’instabilité, le fait qu’au delà d’une image qui change constamment c’est la structure qui, non pas évolue, mais tourne en rond…

    Enfin je me fais toujours rire quand je relis mes commentaires. C’est vraiment de la reac’ pas souvent bien pensé et je m’en excuse. La prochaine fois je laisserai murir un peu la chose.

    «si ce que tu as à dire n’est pas une parole pensée pour durée au moins 50 ans alors ne le dit pas» proverbe tibétain (approximativement la citation mais l’idée est là et j’essaie de l’appliquer à mon travail…)

  16. « La critique est facile, l’art est difficile » … (tout comme c’est facile d’utiliser cette citation en réponse à ton billet Goeffrey).

    Je me se souviens du débat qu’avait suscité la charte de M/M à l’époque. A3 a vraiment livré quelque chose de complètement différent et une nouvelle fois le débat fait rage.
    Comme quoi personne n’est jamais content et les élèves de l’ENSAD sont très peu « corporate » …
    Un français reste un français et se montre peu souple face aux changements quelque soit le domaine d’application …

  17. « La critique est facile et l’art est difficile » je partage cet avis.
    Surtout qu’il faut rappeler que ce logo est fait pour les jeunes qui vont y rentrer et non pour ceux qui en sorte. Il se trouve qu’après plusieurs années dans cette école on en sort avec une culture graphique différente et une envie de créer différente. Alors que les jeunes qui ne rêve que d’une chose, rentrée dans cette école, ne capte surement pas l’intéret de l’ancien logo, ou si oui, 2 %. Alors que la, se sont des signes qui portent une mémoire collective.
    Et qui plus est très explicite. Alors oui il y a toujours mieux, mais moi je trouve ce logo pas si mal dans le sens ou il va fédérer la majorité des futures inscrit. Et ce démarquer par son classicisme.

  18. Un design simple, un devis calqué sur le prix minimum de la demande de consultation, et exit toute la concurrence qui avait surement des travaux de qualité mais qui a du s’envoler dans le devis, vive les appels d’offres publics.

    Après, c’est raté et cliché (humble avis) mais beaucoup de monde en parle, c’est le but de la communication, dans le domaine des écoles on appelle ça la  » méthode creapole  » je crois. Ca remplira son but initial même si ça ne plaît pas à tout le monde.

  19. Bon l’article date de plusieurs années alors peut-être (sûrement) que ma vision de la chose est liée à ça.

    Mais contrairement à tout les commentaires qui ont été fais, je valide complètement le travail de l’Atelier Trois. Le jaune ne me gène pas, il donne un coté très Print – CMJN.

    c’est osé mais bien géré. J’ai vu des personnes qui avaient tenté le tramage jaune pour leur projet et leur rendu était illisible et mal équilibré. Ce n’est pas le cas ici.

    Cette charte est pour moi représentative d’un bon travail créatif que peut faire un graphiste avec peu d’éléments.

    Je trouve qu’on retrouve un côté « Étapes », le magazine.

    Quand à leur ancien site, je me rappelle l’avoir visité quand j’étais une petite lycéenne d’Arts-Appliqués et il était juste Too-Much.

    Voilà, après je pense qu’honnetement ma vision est très liée au retour du minimalisme et a l’arrivée du flat dans nos designs


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