Hello 🙂

Ce week-end, je discutais avec un ami fan de tennis et il m’a montré l’affiche pour Roland Garros 2012. Je m’attendais au pire à une affiche à la sauce publicitaire, au mieux à une affiche un peu banale. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai découvert cette affiche, illustrée, peinte, complètement inattendue et pour le coup, assez, euh, « colorée ».  Au départ, j’ai pensé à une blague, puis cela m’a rappelé le travail de Sagmeister pour Chaumont, et enfin, j’ai cherché le nom de l’artiste : Hervé Di Rosa, un artiste qui a fait ses armes à l’Ensad (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) en 1978, qui est passé par la Fondation Medicis dans les années 80 et qui expose partout dans le monde depuis les années 1990. On découvre donc au travers du site de l’artiste [internet explorer 6 required ;-)] que c’est donc bien son style, son travail et sa touche personnelle.

Voici donc l’affiche pour Roland Garros en 2012 :

Certains crieront au génie, d’autre à l’oeuvre d’art, les derniers au WTF. Personnellement, sur le coup, j’étais plutôt du côté WTF de la chose. Je file donc sur le site de la FFT, la Fédération Française de Tennis pour y lire le communiqué de presse, le CP comme ils disent:

« La balle est l’héroïne de l’affiche 2012 des Internationaux de France de Roland-Garros. Ainsi l’a voulu Hervé Di Rosa, qui la signe cette année. Une balle bondissante, objet de toutes les attentions : « C’est elle que l’on suit dans le tennis, plus que les joueurs, explique l’artiste. On regarde les joueurs quand ils sont en contact avec elle. » Bouches voluptueuses et regards mutins, l’affiche raconte l’œuvre de Di Rosa, gourmande et chaleureuse, truffée de petits personnages. Une œuvre nimbée de bandes dessinées, de publicités, de couleurs et de formes rapportées de ses nombreux voyages. Artiste éclectique, Di Rosa se nourrit au gré de diverses influences, classiques telles que Vélasquez, Dubuffet ou les peintres de la Renaissance italienne, mais aussi contemporaines, multiculturelles, souvent imprégnées d’humanisme et de réalité sociale. Un artiste hors norme ! » (source)

Curieux, toujours, je souhaite savoir les réactions d’autres personnes, je file donc sur Twitter et voici ce que j’y trouve :

Les réactions (sauf celles de l’ami Paingout \o/) sont unanimes, tout le monde est très questionné par cette affiche. Et pourtant… et pourtant, tous les ans, la tradition de l’affiche de Roland Garros se veut artistiques, parfois abstraite, parfois illustrée, parfois photographique, dessinée à la main, à la gouache, bref, ça n’est pas la première fois. J’en profite donc pour remonter le temps avec ce petit historique des affiches de Roland Garros, comme si nous étions restés bloqués dans les années 1980 avec des artistes illustrant cette période.

Petite sélection des précédentes affiches de Roland Garros :

Enfin, voilà, je me questionne donc sur la tradition de l’affiche artistique de Roland Garros. D’une part c’est l’occasion de nous servir enfin une autre soupe que les affiches fades, froides et publicitaires que l’on passe notre temps à voir partout, et d’autre part, cette affiche communique-t-elle « l’esprit » de Roland Garros, informe-t-elle, donne-t-elle envie d’aller assister aux match de tennis ? Mitigé je suis.




21 commentaires

  1. Et bien personnellement, je la trouve bien plus jolie et percutante que d’autres affiches parmi l’historique que tu nous présente (joli boulot d’archive au passage !).

    J’aime bien celle de 2009, notamment 🙂

    À quand une affiche orientée pixel art ? Un peu à la Super Tennis sur Super Nintendo 😀

  2. Rohlala que de réactions à l’emporte-pièce et décevantes, pour une affiche à l’image de Di Rosa, marrante et qui se démarque de la production graphique habituelle avec son côté brut. Faut un peu enlever ses oeillères et aller voir ailleurs ce qui s’y passe parfois…

  3. Leur collection d’affiches est quand même impressionnante. Merci pour cette petite rétrospective. On reconnait Di Rosa au premier coup d’oeil, et c’est ce que voulaient sûrement les commanditaires : se « payer » une image de l’artiste (qui vaut sûrement cher), c’est plus snob qu’il n’y paraît au premier coup d’oeil. Maintenant moi j’aime bien voir des affiches qui n’ont rien d’une affiche, un peu comme les visuels des pochettes de vinyl à l’époque, c’était un vrai territoire occupé par les plasticiens.

  4. immense di Rosa, grand illustrateur / artiste / dessinateur / whatever des années 80. En fait j’ignorais qu’il officiait encore. J’adore l’affiche, mais effectivement : haters gonna hate. Big up, di Rosa forever !

  5. En tant qu’énorme fan de tennis (je ne sais pas pourquoi, je sais même pas jouer :lol:), je trouve que cette affiche s’inscrit dans la longue lignée des affiches précédentes : a savoir une affiche très orienté vers l’art traditionnel (pastel, fusain, modelage, etc.). Pour moi elle ne me choque pas du tout et au contraire j’ai envie de crier au génie !!! 😳

  6. Ben, moi, je l’aime bien 🙂 Très arty décalé, c’est sûr, mais très expressive et pleine d’humour. Ces grandes bouches qui crient leurs encouragements aux joueurs, ces yeux qui vont de gauche à droite puis de droite à gauche, c’est tout à fait ce qui se passe sur un cours de tennis. On croirait entendre les clameurs de la foule. Je trouve ça fort et « couillu » 🙂

  7. Elle m’éclate bien cette affiche moi !
    Ça ne fait peut-être pas trop 2012, mais je trouve que ça évoque bien l’excitation que peut provoquer le sport.

  8. C’est un grand peintre de la figuration libre, comme Robert Combas, François Boirond qui a déjà fait une affiche pour RG il y a quelques années.

  9. Clairement, avec cette affiche, on sort du design pour tomber dans l’art. Les codes et objectifs sont différents. Et qui a dit que l’art devait être aimé ? L’art se doit de faire ressentir des choses, et pour moi, de ce point de vue là, c’est donc réussi. C’est beau ? Très bien. C’est moche ? Très bien aussi.

    C’est plutôt le support « affiche » qui complexifie la façon d’appréhender l’œuvre. Ça serait une toile, tout le monde s’en foutrait, moi le premier (car en effet, je n’adhère pas du tout). Mais le fait de retrouver cette œuvre sur une affiche amène une réflexion tout autre. Pour moi, ce n’est pas une affiche. C’est une œuvre supportant l’inscription « Roland Garros 2012 ».

    Donc pour conclure, c’est donc une affiche horrible supportant une œuvre d’art réussie.

  10. J’aime vraiment bien cette mouture 2012 contrairement à d’autres assez fades de l’historique que tu nous présentes là. C’est coloré, légèrement caricaturé mais surtout efficace et on ne transmet plus un message mais une émotion (ou un ensemble d’émotions), et ça c’est quand même assez fort.

    Je pense qu’Olivier n’a pas tort en parlant d’affiche horrible mais d’œuvre réussie, parce que si je ne trouve pas l’affiche horrible de mon point de vue, en regardant ça de l’œil d’un publicitaire cherchant à atteindre le maximum de mondes, je ne sais pas si c’est réussi, les gens sont peut-être un peu frileux pour ça. Mais ça a clairement le mérite d’attirer l’attention de par la chatoyance des couleurs mais aussi – et surtout – de l’originalité de l’affiche. Très clairement ça se démarque des productions habituelles qu’on peut notamment croiser dans le métro.

  11. Mais c’est bien comme affiche…
    Et surtout ce n’est pas une affiche insipide qui nous est servie.
    Au moins elle a un tempérament, un caractère, une histoire à raconter.
    Rien à voir avec ce qu’on peut voir constamment dans le paysage visuel français : un message publicitaire léché et consensuel.

    Donc moi je trouve ça plutôt positif comme acte graphique.
    Au final on se demande juste si on aime ou si on aime pas.

    Enfin ça c’est mon avis 😉

  12. Antoine dit : se « payer » une image de l’artiste (qui vaut sûrement cher)

    En Janvier 2012, à Angoulême, H.DiRosa parlait beaucoup d’argent (à mes oreilles.)
    Il se revendiquait « de la pauvreté (d’alors) » des années 80, de ses origines provinciales, du sud. Mais il revenait beaucoup sur « les ventes. » L’homme parlait aussi des échanges humains (il fait travailler le Tiers-Monde, en son nom, sans exploiter, dit-il) comme son mode de fonctionnement actuel.

    Il s’offusquait des ventes « surévaluées » de certaines œuvres d’Art Contemporain, alors qu’il est lui même en plein « marché de l’Art. » Un artiste plein de paradoxe. peut-être comme les autres donc.

    Mon intuition sur l’aspect « fric » du mec d’il y a 2 mois — et cette commande de Rolland-Garros, quintessence du BCBG, va en ce sens — se confirme. Ça n’a plus grand chose de subversif.

  13. et ben moi je kiff !
    voila un annonceur qui rentre pas dans le moule relou de ce qu’on voit et qui a su conserver le coté évènementiel et qualitatif de sa communication.
    Si les affiches étaient un peu plus souvent des oeuvres d’art ça changerais pas mal le paysage urbain.
    Finalement ne pourrait on pas apparenter cette affiche à du streetart légal … ?

  14. Ah oui ça toujours été étange, non ? Enfin il est vrai que ce que je conçois très bien pour le travail de Mr Théry (Jazz à Vienne) paraît ici (pour du match de sport) assez incongru ! Bon, 1984, ok, c’est efficace, percutant et « joli » mais 2000 ??? Beerk !

  15. Affiche horrible? Pas d’accord. Les objectifs sont remplis: être (beaucoup) vu, faire (beaucoup) causer. Roland Garros n’a pas de réel besoin de communiquer.
    Le public est conquis d’avance, la reconnaissance se passe bien d’une affiche d’information.
    On est plus proche d’un système de marquage: « Roland Garros 2012 was here ».

    Pour répondre à un tweet idiot, c’est tout le contraire de la « vulgarité ».

  16. Cette affiche est géniale! On dirait qu’elle sort tout droit d’un film de série z…
    Et l’idée de donner une connotation sensuelle, voire sexuelle à la balle, c’est vachement cool. Avec toutes ces couleurs, ce rose, et ce vert fluo qui bave dessus… 😛

    Tous ces graphistes qui s’offusquent sont finalement tellement conformistes…

    Bref, j’adore.


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