Tout à l’heure, je suis passé devant une ancienne borne de location de cassettes vidéo comme on en a vu fleurir énormément dans les années 90 – 2000 et je n’ai pas pu m’empêcher de prendre cette phot. Comme le signale Wikipedia : « les Français louaient près de 25 millions de films dans le milieu des années 1990 ». Puis vient Internet et le téléchargement. Puis vient le haut débit avec le streaming.

Je me souviens enfant, nous allions avec ma mère chercher la cassette du dernier James Bond au magasin « VideoFutur » pour la rendre quelques jours plus tard. Dans le magasin, il y avait les rayons interminables de boîtiers vides et à l’extérieur, une borne pour rendre et récupérer les cassettes et les DVD lorsque le magasin était fermé. De cette borne, il ne me reste plus grand chose en mémoire si ce n’est une interface trop complexe pour mon jeune âge, avec des étapes nombreuses et un écran parfois minuscule. Mais bon… à l’époque, je n’y connaissais pas grand chose en interfaces.

C’est donc avec un peu d’émotion aujourd’hui que je me suis retrouvé devant cette ancienne borne, qui ne fonctionne plus, bien évidemment mais qui conserve en elle un petit peu de cette magie qui nous promettait le futur, la vidéo du futur et tous les films – ou presque – à notre disposition.

Photo personnelle.

Cela m’amène à vous présenter les quatre éléments que j’observe systématiquement quand je vois une interface du passé et que subitement, je me retrouve alors dans la posture d’un archéologue des interfaces 😉

La trace de l’humain

Les traces de mains posées sur cette borne sont comme le reflet de leur usage. C’est un peu comme les digicodes au bas des immeubles où l’on devine aisément les chiffres ou encore les claviers de gamers qui ont certaines touches bien spécifiques usées (ZQSD quand tu nous tiens!).

Digicode un peu usé

La typographie

Là aussi, la typographie essaye de nous signaler quelque chose : « Coucou, c’est le futur ! j’ai des ombres portées, et j’ai une lueur diffuse un peu comme dans le générique de Star Wars ». Évidemment, tout ceci sent bon les années 90 – 2000 et pourtant, ça n’est pas encore assez ancien pour que ce soit « vintage » et donc prisés par la hype et les hipsters 😉 La typographie d’une vieille épicerie de quartier évoque une époque et une culture tout comme les affichettes placées au devant des mairies et des écoles et qui parfois restent des années.

Typo pour un salon de coiffure

L’imaginaire visuel

Avec ce genre de dispositif, on est clairement dans un imaginaire qui fait appel au film et au futur : l’image du DVD, les personnages issus de films d’action sont évidents mais l’écran au fond dans son écrin bleu et le lecteur de code-barre nous rappellent  les technologies de l’époque. Enfin, c’est à la vue du clavier de sélection blanc (et vert / rouge / bleu fluo) que l’on comprend l’époque réelle à laquelle cette borne existe : l’époque pré-écrans tactiles.

Marron, vert et noir.

Les traces du temps

Enfin, je termine en général mon observation par les traces du temps. Ici c’est donc de la rouille, de la poussière mais aussi beaucoup de graffitis qui viennent décorer cette interface futuriste comme pour l’immortaliser une bonne fois pour toute. Lorsque vous observez des interfaces numériques anciennes, vous retrouverez parfois des traces comme les claviers ABCD (c’était à l’époque où l’on croyait que l’ordre alphabétique était plus logique pour taper au clavier…), les logos des anciennes entreprises (coucou la SNCF avec ses wagons qui contiennent encore parfois deux ou trois générations de logo), les couleurs d’une autre époque (coucou le Minitel et son plastique marron), j’en passe.

Clavier ABCD

Bref, je ne sais pas comment les interfaces que nous créons vieilliront dans les années à venir. Je pense aux jolies icônes brillantes de nos tablettes, à l’esthétique blanche et épurée des produits d’Apple ou aux GPS dans nos voitures (qui vieillissent déjà très vite…), mais je me dis que d’ici quelques années, certains collectionneront toutes ces choses devenues « vintages » et pourtant, avec lesquelles nous vivons aujourd’hui comme la conviction de notre modernité.




3 commentaires

  1. Sympa cet article.
    Je me souviens louer mes VHS dans cette enseigne quand j’étais gamin.

    Par contre, il n’y a point de lueur dans les textes de Star Wars.
    Par contre il s’agit de la typo des films de Spider-Man de Sam Raimi (ou XBOX au choix).

  2. Les traces de mains posées sur cette borne sont comme le reflet de leur usage. C’est un peu comme les digicodes au bas des immeubles où l’on devine aisément les chiffres ou encore les claviers de gamers qui ont certaines touches bien spécifiques usées (ZQSD quand tu nous tiens!).


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