[ Chronique diffusée sur Radio Nova à cette adresse ]

« Aujourd’hui, nous allons aux États-Unis et plus précisément en Californie pour parler de design. Et lorsque l’on aborde la question du design en Californie, on pense bien évidemment au design des entreprises de la Silicon Valley et ses produits comme l’iPhone, les Google Glass ou encore les voitures Tesla mais il ne faut pas oublier non plus les décors de cinéma hollywoodien et les génériques de Saul Bass ou encore l’esthétique de la planche de surf, de ses motifs vivants, colorés, comme un signe de liberté.

Mais en ce moment, en Californie, une ombre se dresse au tableau avec le mur de Donald Trump qui s’improvise chef de chantier en fournissant un brief de plus de 100 pages – brief qui est ainsi résumé par Trump en personne : « il faut que ce mur qui sépare les États-Unis du Mexique, soit un mur haut et beau ». Oui, on parle bien de fonction et d’esthétique – et donc de design ? – pour un ouvrage de béton aussi abjecte que monumental. Dans ce brief de design, on retrouve notamment le fait que le mur doit être beau mais uniquement du côté américain, qu’il doit également répondre aux exigences de la CBP (U.S. Customs and Border Protection : protection aux frontières) – que ces derniers vont donc faire ce que j’appellerais en design des « tests utilisateurs » à savoir essayer de passer par dessous le mur, par dessus ou encore de le défoncer à coups de marteau piqueur pendant une heure. En dehors de ces tests utilisateurs, nul ne dit qui jugera du caractère esthétique du mur (peut-être Donald Trump ? un vote sur Facebook ?) mais il faut savoir qu’actuellement, 8 prototypes sur les 200 ont été retenus lors d’une compétition qui rapportera 300 millions de dollars à son vainqueur.

Côté design, et telle une Valérie Damidot qui aurait abusé sur la colle à papier peint, Donald Trump propose, lui, d’installer des panneaux solaires sur le mur de 3000km de long – une absurdité selon les professionnels du solaire puisque installer des panneaux solaires en ligne est totalement contre-productif. Bref, voici la liste des murs considérés comme esthétiques (autant que puisse être beau un mur en béton…) et dont le design a été travaillé pour répondre au brief :

  • Le modèle discret avec un mur intégralement couleur sable pour se fondre dans le désert.
  • Le modèle ajouré, avec un mur intégralement constitué de barreaux de béton pour que l’on voit au travers. Le tout est réhaussé d’une paroi en béton lissé avec un gros tube tout en haut pour ne pas passer par dessus le mur.
  • Le modèle en métal peint de couleur bleu roi parce que c’est joli
  • Le modèle en béton motif « velour côtelé » pour rappeler les pantalons des années 80…

En préparant cette chronique, j’ai également découvert que DOMO, une agence de design proposait d’installer des pyramides de conteneurs à la frontière dans lequels on pourrait installer des logements et des boutiques. On frôle l’absurde et pourtant il ne reste que quelques mois au président pour décider quel sera son « mur coup de cœur » puisque les travaux commenceront dès 2018.

[ Pour retrouver la chronique c’est sur Radio Nova]




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