Par le passé, pour se souvenir il fallait apprendre par cœur. Par cœur voulait dire lire et re-lire, citer et réciter. Je me souviens enfant, je passais des heures à apprendre des poésies, des citations latines, le nom des planètes, des galaxies, de l’époque Edo… Et j’avais trouvé cette astuce pour mon cerveau : lire les choses avant de m’endormir. Bizarrement, cela me permettait de m’en souvenir d’une bien meilleure façon. Vingt ans plus tard, Internet, le numérique et ma mémoire qui semble parfois me faire défaut. En réalité, il y a plus toujours besoin d’apprendre par cœur puisque tout est trouvable sur Internet, il suffit de savoir s’y prendre.

Mais voilà, cela n’est pas pérenne. Plus de batterie, pas de réseau ou tout simplement la fin d’un monde, d’un Internet, une censure, la suppression d’un contenu et c’est l’intégrité de ma mémoire qui disparaît malgré moi. Mais voilà, pour me rappeler des choses, j’ai hélas déformé mon cerveau et je me demande aujourd’hui comment « bien me rappeler ». Il faut se concentrer, il faut aussi avoir moins d’informations, il faut aussi peut-être avoir plus de temps pour consulter et prendre le temps d’absorber ces informations, ce savoir.

Mais je vais prochainement expérimenter un petit quelque chose : une police d’écriture qui aide à se rappeler des choses ! Cela paraît un peu fou ou naïf d’imaginer cela mais je suis vraiment curieux. En Australie, le RMIT (la Royal Melbourne Institute of Technology) a travaillé avec des scientifiques et des designers pour imaginer et dessiner le Sans Forgetica, une police d’écriture conçue à l’aide des principes de la psychologie cognitive pour nous aider à mieux vous souvenir des notes que l’on prend.

Cette police d’écriture a été créé par une équipe multidisciplinaire de designers et de scientifiques du comportement de l’Université RMIT. Vous le constaterez, le Sans Forgetica est plus difficile à lire que la plupart des polices de caractères – et cela est fait exprès. C’est une « difficulté souhaitable » qui incite notre cerveau à se lancer dans un traitement plus approfondi de l’information. Son typographe, Stephen Banham, a testé plusieurs pistes avant d’en arriver là, il raconte dans la vidéo ci-dessous.

Bref, pour ma part, je vais tenter l’expérience. Non pas pour booster mon cerveau et ma mémoire en apprenant plus et plus vite mais pour essayer de voir si cette police d’écriture « fonctionne » avec moi et avec certains textes. Affaire à suivre donc.

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7 commentaires

  1. Le sujet est super intéressant mais je suis un peu déçu par leur démarche. Impossible de trouver de publications scientifiques ni les conditions de l’étude. Juste 8 lignes à la fin de leur Press Release avec des résultat assez mitigé (~6% de différence et rien qui prouve que ce ne soit pas juste le changement de police).
    Ça sent un peu le coup marketing pour l’université / la chercheuse.

    1. Je suis d’accord, ça aurait mérité plus de transparence sur l’aspect scientifique de la démarche (s’il y en a réellement un). De plus, 6% de différence, ça reste assez négligeable (et tout dépend des autres caractères utilisés pour la comparaison) pour conclure que la typographie est efficace en terme de mémorisation…

      Le travail reste intéressant sur le plan formel, mais on dirait que l’université tente de légitimer son travail en justifiant de « vertus magiques » pour ce travail. C’est un peu dommage. On a cela dit une typo qui pourrait être pratique pour faire des pochoirs, si jamais l’aspect mémorisation est bidon… 😉

  2. J’avais vu passer un article sur cette typo, l’idée est très intéressante mais le résultat très décevant (à mes yeux). C’est peut-être parce que j’ai l’habitude de manipuler du texte, mais le caractère réalisé ne me semble pas assez compliqué pour nécessiter une attention plus soutenue. Il faudrait voir, évidemment, ce que ça donne sur un long texte, mais je suis plutôt sceptique pour le moment.


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