Aujourd’hui, je vous partage le travail graphique et photographique de Clémence, une talentueuse designer UX/UI diplômée en photographie et design graphique des Gobelins. J’ai rencontré Clémence il y a quelques temps maintenant et j’avais vraiment envie qu’elle puisse vous présenter son travail sur ce voyage en Islande et du livre qu’elle a réalisé. Je lui ai donc posé quelques questions pour vous 🙂

Bonjour Clémence, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs & lectrices ?

Je m’appelle donc Clémence, j’ai une grosse grosse vingtaine d’année (ahem) et exerce en tant qu’UX/UI Designer après avoir fait des études en photographie et design graphique à Gobelins. En parallèle de mon activité salariée, je réalise des projets photo plus personnels, loin des clients et des contraintes commerciales. En étant au quotidien dans un secteur numérique, j’ai besoin de retrouver du concret, mettre les mains dans la matière et créer des choses palpables. Du coup, je m’intéresse à pas mal de pratiques proches de l’artisanat : le tricot, la céramique… et puis l’édition aussi ! Je ne me suis jamais inscrite complètement dans une pratique artistique et cette polyvalence me permet de multiplier les expériences et les points de vue. Je me nourris aussi de mes autres centres d’intérêts que sont les voyages, la nature et les sports de plein air.

2/ Tu m’as offert ce superbe livre sur l’Islande, avant de le présenter, pourrais-tu nous raconter comment as-tu découvert cet incroyable pays et ta relation à celui-ci : jusqu’à y vivre !

J’ai découvert l’Islande il y a 10 ans un peu par hasard. J’y suis partie avec mon copain de l’époque pour rendre visite à une amie à lui. Je n’avais vu aucune image, ne savais rien sur ce pays et ça a été la surprise totale ! C’est difficile à expliquer mais ça a été une sorte de coup de foudre. Ses paysages infinis, complètement mouvants et toujours un peu dramatiques ont raisonné en moi et ne m’ont jamais lâché. La nature y a une place primordiale, les éléments s’expriment avec force et tout y est amplifié : le froid, le vent, la pluie, le soleil, les sons, les couleurs. Il y a une vivance incroyable à laquelle je prends part quand je suis en ces lieux. Quelques années plus tard, je me suis retrouvée en transition dans mes études et avais envie de partir à l’étranger pour faire un stage. J’ai contacté le musée de la photographie de Reykjavik pour un stage et 2 mois plus tard je faisais ma valise ! J’y suis restée 6 mois, de la nuit noire de janvier au jour continu de juillet. Depuis j’y retourne régulièrement mais de moins en moins, le tourisme a beaucoup changé ce pays et il perd en authenticité ce qui me fait un peu mal au cœur. Mais ça c’est un autre sujet !

3/ Tu as donc réalisé des photographies puis un livre, peux-tu nous parler de ta démarche ?

Je n’ai pas de démarche consciente et contrôlée. Parfois j’écris des projets mais bien souvent je réalise des images et les idées surgissent d’elles-mêmes ensuite. Si elles me restent suffisamment longtemps en tête alors je me dis qu’il y a quelque chose à faire et le besoin de les concrétiser devient viscéral. Pour la petite histoire, ce projet a débuté il y a 6 ans et je l’ai repris il y a 1 an environ avec la nette envie de le terminer. 6 ans… ça semble assez long pour en faire quelque chose non ?! La naissance de ce projet ? Concrètement, lorsque j’habitais là bas, une amie m’a rendu visite. Elle avait vu sur internet qu’il existait une île de 5km² avec seulement 60 habitants et a voulu y aller (à la base pour un projet photo). On y a passé 4 jours et j’y ai fait des photos, comme toujours, mais n’avais pas de projet en tête. Ou peut-être un autre dont j’ai même oublié le sujet ! Quand au retour j’ai regardé les images faites là bas, j’étais été surprise et déçue, car je ne me souvenais pas avoir photographié autant ces paysages de cette façon. J’avais l’impression que c’était toutes les mêmes photos, j’étais perdu pour reconnaître les lieux car tous les paysages semblaient pareil. Je ne m’en étais pas rendue compte sur le moment mais là c’était flagrant ! Elles témoignaient complètement de ce que j’avais vécu sur place : ce sentiment de tourner en rond, de répétition inhérente à la taille et la géographie de cette île. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de jouer avec cette unité géologique et photographique en recomposant des paysages. Les associations étaient infinies et l’idée du livre comme support est arrivé naturellement pour pouvoir expérimenter le maximum de combinaisons. J’avais en tête les jeux pour enfants où on peut associer différentes parties du corps : tête / buste / jambes. Mais contrairement à l’univers enfantin, j’ai rapidement imaginé ce livre très sobre et un peu “classe”. Je voulais du noir mat, du vernis sélectif. Ca c’est plus une question de goût et de sensibilité je crois.

4/ As-tu tout réalisé en noir et blanc ? Le procédé d’impression du livre est vraiment particulier, sa mise en page également, était-ce ton premier livre ? Quelles idées t’ont portées pour le réaliser ?

Techniquement, les photos ont été faites en argentique (n&b et couleur) puis scannées. La maquette a été un petit casse tête car n’ayant pas prévu le coup à l’avance, je n’avais pas tant d’image et de marge de manœuvre. Il a fallu les recadrer, bien les positionner et calculer pour que les horizons coïncident. J’ai imprimer pas mal de prototypes aussi !

Une fois la maquette terminée, je ne savais pas trop comment l’imprimer et à qui m’adresser. Ayant fait des études de post production de l’image et notamment d’impression photo, c’était important pour moi de maîtriser le rendu final. J’avais déjà réalisé un livre, imprimé sur Blurb et voulais cette fois quelque chose de plus qualitatif et artisanal. En plus je n’avais pas peur de mettre les mains dedans, bien au contraire ! L’aspect financier a également joué, le format étant particulier, j’avais peur que ça me coûte un bras si je devais payer la reliure.

J’ai découvert par hasard Fidèle Editions et la risographie en visitant les Grands Voisins et ça m’a fait « tilt ». Il faut dire que le lieu et son ambiance bouillonnante sont un vrai émulateur pour la créativité ! J’ai commencé par me renseigner sur la riso que je connaissais pas du tout mais qui me semblait compatible esthétiquement. Puis j’ai montré un prototype aux 2 gars du studio. Ils étaient contents d’utiliser cette technique d’impression sur de la photographie car la riso est beaucoup plus employée pour imprimer des dessins, des aplats de couleurs, c’est un peu les mêmes caractéristique que la sérigraphie. Et puis le projet les intéressaient réellement, ils étaient prêts à me conseiller et me prêter du matériel. Banco ! C’était l’occasion parfaite de faire ensemble tout en restant moi-même en charge de tout ce que je pouvais gérer : massicotage, montage, reliure… Cet échange humain donnait encore plus de sens à la réalisation. J’ai beaucoup appris et ai pris plaisir à mettre les doigts dans la colle… et sous la lame du cutter !

5/ Pour les plus curieux : où peut-on commander ton livre ? Vas-tu sortir un prochain ouvrage ? Quels sont tes prochains projets ? On veut savoir !

Le livre est en vente “direct producteur”, il suffit de m’envoyer un email. Il existe 50 exemplaires numérotés mais il en reste une dizaine encore ! Dépêchez vous 😉 Le délai peut juste être un peu long car je les fais à la main, 1 par 1 ou presque.

La suite de tes aventures ?

Pour le moment, j’ai des projets photos mais aucun livre est en cours. Ceci dit, je pense qu’il y en aura d’autre, j’aime l’image imprimée, le fait de créer un objet et d’instaurer une relation concrète et tactile entre les lecteurs et les images.

Pour retrouver le site de Clémence c’est par ici ! Et j’en profite pour la remercier infiniment pour sa gentillesse et sa générosité.




2 commentaires

  1. Merci pour ce bel article que je découvre. Je suis une inconditionnelle… Clémence nous a fait découvrir et adorer l’Islande, ses paysages, sa magie (les trolls et fées aussi !!), son immensité malgré sa taille, ses curiosités démesurées, tout ce qui est assez particulier et unique à la fois.
    N’hésitez pas à vous promener dans son site personnel car ses séries photos sont souvent pleines de poésie…
    Vous l’aurez sans doute compris, je suis sa plus grande fan.
    Une maman ravie


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