Hier, j’ai publié le tweet suivant :

Évidemment, l’envie de développer un peu mon propos me démange car je sais que beaucoup de métiers sont dans cette optique et parce que j’éprouve, parfois des difficultés à parler de « mon métier », tant je ne sais pas par où commencer ni ce que je ferai dans plusieurs mois. Puisque, même si je résume mon métier à « designer » (souvenez-vous de cet article sur comment se présenter), jamais je n’aurais cru, lorsque j’ai commencé mes études, que je ferais tous ces métiers très différents.

Designer, une multicompétence ?

Parce que oui, étudiant j’étais un peu naïf et je pensais que presque toute ma vie je serais designer graphique, je ne ferais que de belles affiches, des identités visuelles, parfois des livres et souvent des interfaces numériques… Ce sont bien évidemment des choses que je fais au quotidien, que j’adore et qui m’animent, mais qui se retrouvent totalement complétées, chamboulées, diversifiées, enrichies avec des métiers / activités qui sont parfois très loin de mon métier d’origine. Ces activités, je voulais les lister quelques-unes car je suis sûr que vous aussi vous en réalisez plusieurs !

  • de la gestion de projet (planning, délais, clients, prestataires, etc.)
  • des ateliers de créativité (pour des entreprises, startups, fondations…)
  • la gestion d’une entreprise (j’ai créé une SASU il y a 5 ans)
  • de la comptabilité (même si j’ai un comptable que j’adore, parfois il faut que je m’y plonge!)
  • la direction de la pédagogie du design dans une école
  • la création d’une formation en webdesign
  • l’enseignement (design interactif, design & ethno, culture design…)
  • des workshops
  • de l’intégration (un peu de programmation, il faut bien s’amuser :-))
  • de l’ethnographie (par petites touches mais avec la méthodo & les outils)
  • du conseil auprès d’entreprises qui en ont parfois vraiment besoin
  • la rédaction d’articles, de livres, de publications…
  • de la recherche (lorsque j’étais chercheur en design)
  • des interventions publics (dans des écoles, sur des événements…)
  • des interviews utilisateurs

J’en oublie certainement mais la liste est déjà bien longue, je ne m’en plains pas au contraire, ce sont pour moi, autant de challenges que de découvertes. Aussi, cela fait sûrement écho à ma façon de travailler, d’être indépendant depuis bientôt 12 ans et de me lancer régulièrement sur des projets que je n’ai jamais réalisé auparavant. J’imagine qu’un designer salarié doit avoir énormément de missions qui dépassent de son champ d’action initial, les autres freelances aussi et je ne peux m’empêcher de me dire régulièrement « est-ce quand je fais ça, c’est encore du design ?« . Parce que oui, au final, tous ces domaines d’activité, je les relie au design, aux utilisateurs, aux gens, à la vision que j’ai de ce métier qui n’a pas vraiment de début et encore moins de fin.

Ce qui me fait me dire que mis à part dans les filières d’études entrepreneuriales (et encore…) on apprend rarement en école de design à se préparer à tous ces autres métiers, sans compter ces métiers que l’on fera plus tard et qui n’existent pas encore. Enfin, pour me rassurer, je me dis que le design est avant tout une approche du monde, des gens, des projets, c’est un regard constructif et qu’avec ce bagage là, on devrait s’en sortir pas trop mal dans cette adaptation permanente.

J’en profite pour vous questionner sur les drôles de métiers / de compétences que vous réalisez en plus de votre métier « de base« , je serais curieux de découvrir tout ça 🙂




8 commentaires

  1. Tout à fait d’accord,
    La formation en design en général ne nous forme pas à ces aspects là du métier… Etre directeur de sa propre entreprise, créer des devis, calculer son taux horaire (souvent en fonction du projet), gérer des factures, l’aspect juridique…
    Je suis en plein dedans (je crée mon activité avec un collègue ingénieur) et parfois le design et le dessin semble un peu loin. Heureusement, comme tu le dis, la formation en design est très humaine, c’est un bagage de savoir être tant que de savoir faire qui décomplexe lors de rendez-vous client, de prises de décisions critiques…
    Le plus dur étant de doser tous ces métiers du design pour continuer à se faire plaisir, à être créatif.

  2. Merci pour ton bel article, éclairant, comme la plupart de ceux que tu écris avec talent.

    Non, les écoles n’apprennent pas l’ensemble de ces métiers, c’est dommage, c’est logique (trop long, trop complexe, évoluent avec le temps).

    Mais, même si, les compétences viennent avec l’expérience :
    « simple » graphiste &/ou illustrateur, on devient commercial, responsable de production, de fabrication, avec de réelles connaissances dans le monde de l’imprimerie, du web, on apprend à diriger des réunions, à convaincre un auditoire, à conseiller…

    > Hélas, et même si, après 20 ans de boulot, je peux dire que quand je suis choisi pour un travail c’est grâce à mon expérience :
    • ce n’est bien souvent pas le cas, le point de vue financier est le seul critère réel (donc je perds souvent, ah ah, merci à notre belle profession, bien fédérée).
    • il est IMPOSSIBLE pour un graphiste (oui, je tiens encore à cette appellation désuète), cotisant à la MDA, de vendre autre chose qu’une prestation graphique.

    Pour finir, et pour que ce soit constructif, je suis essentiellement graphiste institutionnel. J’aime la variété des supports, des sujets, des équipes, sur lesquels j’ai eu ou avec qui j’ai eu l’occasion de travailler.
    Mais les budgets baissent, baissent, dangereusement. Notre profession est terriblement disparate, peu cohérente.

    Le problème, auquel sont confrontés les photographes aujourd’hui, les graphistes le vivent depuis 20 ans :
    https://www.franceinter.fr/emissions/regardez-voir/regardez-voir-26-fevrier-2017

    Bref, un message d’un type un peu désabusé, la quarantaine peut-être 🙂
    La solution, sortir de la MdA ? Créer autre chose ? Être embauché ?

    1. Bonne remarque pour la MDA on est encore à l’âge de pierre mais ça va bouger j’espère (fusion avec l’AGESSA)… De mon côté, j’ai quitté la MDA pour créer une société, je gagne moins d’argent à la fin, je cotise beaucoup plus et j’ai plus de liberté professionnelle et donc personnelle 🙂

  3. La formation en design nous prépare à vivre dans la tour de Babel : à parler tous les langages professionnels.
    Dans la même journée, on « pitch » un projet devant la DG, on utilise perceuses et tournevis pour faire un panneau, on participe à une séance de créa, on utilise la 3D pour faire des fichiers pour le bureau d’étude, puis on en fait des images utilisées par la com, on fait des photos et du montage video, on ajuste une courbe, on discute marketing et prix de vente, on « twitte », on prépare une conférence ou un cours pour intervenir dans une école, on travaille sur une interface, des pictos, on discute des devis avec des sous-traitants, on réalise des films en 3D, on pense, on observe, on dit des conneries, on rit, on écrit…
    Notre métier, c’est équilibriste.

  4. Quand je suis sortie de l’école j’ai eu beaucoup de free en tout genre et j’ai pu facilement utiliser l’auto-entreprise grace à l’accre. C’est l’année où j’ai le plus gagné et où je me suis le plus éclatée contrairement à mes cdi par la suite.

    J’ai travaillé dans un studio à Hong Kong, région où il est très facile de monter sa boite et tenter sa chance. On a eu beaucoup de clients français qui payaient le prix correcte pour la communication de leur startup, et de manière générale les français étaient très présents dans la creation d’entreprise et l’entre-aide. J’ai remarqué que c’était un peu pareil dans d’autres communautés de français à l’étranger. Bref j’entendais « tu es graphistes tu vas trouver du taf tellement facilement » haaa c’était tellement vrai :’). Et je pensais rester pour monter ma boite et obtenir mon visa. Mais non j’ai voulu rentrer.

    Je suis rentrée pour me mettre en free et peut-être monter un collectif avec mon ancien studio hongkongais, pas d’auto-entreprise ni de rsi cette fois. Mais j’ai l’impression que c’est impossible de faire du graphisme, de la direction artistique, illustration, photo, d’intervenir dans des ateliers et école sans devoir monter une VRAI entreprise. (Sauf que j’ai aussi l’impression qu’on ne peut pas monter une entreprise sans faire un emprunt pour payer les taxes, je ne suis pas prête.)
    Je trouve que le plus dur dans nos job reste l’administration. Je suis calée en math, je sais me presenter, gérer, les histoire de cotisation tva droits d’auteur je m’en sors, je n’ai pas peur d’entreprendre, de rencontrer des gens et tout ça m’excite. Mais ce qui me prends tout mon temps, mes nerfs et m’empêcher de rentrer plus de projet restent les démarches de lancement et le fait que faire des picto, faire une affiche et transmettre mon metier soient apparement des activités complètement différentes.

    En tout cas ca me fait plaisir de lire cet article et les commentaires, parce que j’allais finir par penser que ce que je veux n’est pas un vrai metier. 🙂


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