Une fois n’est pas coutume, un article un peu plus personnel pour vous parler de quelqu’un sans qui je n’en serais pas là dans mon métier aujourd’hui : Étienne Mineur. (Bon, déjà, Étienne je sais que tu vas lire cet article, même en travers entre deux mails de kickstarter et d’imprimeur à l’autre bout du monde donc tu pourras t’arrêter à la fin de cette phrase si tu n’as pas le temps car je voulais surtout te dire Merci ! :))

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( N’essayez pas de trouver une photo où il ne parle pas, c’est très rare 😀 )

Vous le savez certainement, Étienne Mineur est un designer français que tout le monde se doit / devrait connaître tant il est présent et actif sur la scène du design contemporain 🙂

Ma première rencontre avec Étienne s’est faite en ligne, au travers de nos blogs respectifs. À l’époque Étienne écrivait sur my-os.net et partageait ses coups de gueule graphiques (coucou la SNCF), ses coups de cœur de design (souvent à base de jeu vidéo) et partageait avec beaucoup de passion ses «Safaris typographiques» (toute la série est mémorable). J’entrais alors à peine aux Arts Décoratifs, j’avais créé Graphism.fr pour faire ma veille d’étudiant et je consultais son blog tous les jours pour me tenir informé du design par le prisme de son regard. De commentaires en e-mails, d’e-mails en discussions, puis lors d’une conférence aux Arts Décos, j’ai pu échanger IRL avec lui. Je ne sais pas si j’ai donné l’impression d’un fanboy ou pas mais j’ai surtout gardé cette empreinte et cette impression qui restera : Étienne m’a tout de suite considéré comme un confrère designer, d’égal à égal. Et ça, c’est tout à fait Étienne.

Puis, de conférences en projets, je suivais alors son exemple au travers de ses projets de sites et d’expérimentations flash assez folles, notamment pour le styliste japonais Issey Miyake. J’ai eu la claque de ma vie quand il a sorti ce site réalisé avec son studio Incandescence. C’était tout ce que j’aimais, du pixel, du code, du graphisme, de la typo, des interactions, du noir et blanc.

Pour écrire cet article, j’ai aussi retrouvé d’anciens e-mails dont un mémorable où je lui posais des questions sur les règles typographiques sur téléphone portable (des Nokia en couleur à l’époque) et où nous parlions de Flash Lite 2 dans lequel il fallait éviter les images vectorielles, les alphas mais aussi que les tailles des écrans commençaient à se standardiser sur du : 320/240 pixel ;-)

Puis, à la fin de mes cinq années aux Arts Décoratifs de Paris, fraîchement diplômé, j’ai continué pour deux ans en tant que chercheur en design à l’EnsadLab aux côté deux enseignants chercheurs : Rémy Bourganel (avec qui j’ai beaucoup appris également mais ce sera pour une autre histoire!) et… Étienne Mineur 🙂 À ses côtés dans le laboratoire de recherche, j’ai pu travailler, réfléchir, écrire mais aussi côtoyer les incessantes idées d’Étienne à la moindre technologie, à la moindre ouverture. Je constate avec un (tout petit) peu de recul que cela m’a forgé l’esprit : il y a des idées pour tout, on peut être créatif et réfléchir sur tout. Certes, certains sujets sont plus difficiles que d’autres mais il y a toujours une façon d’y arriver.

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photo par Nicolas Nova

Et puis aux côtés d’Étienne, j’ai pu parfois me retrouver dans certains traits de caractère comme par exemple le fait de parler à toute vitesse lorsque le cerveau est en ébullition (celles et ceux qui m’ont eu comme prof ou qui m’ont vu en conférence savent de quoi je parle…). Comme le fait d’essayer de réfléchir et d’agir, vite et bien, tout ça en même temps. La rapidité de prototypage et d’exécution d’Étienne m’auront aussi décomplexé sur un certain enseignement parfois trop lent et déconnecté du numérique que j’ai pu avoir aux Arts Décoratifs (détrompez-vous, j’adore cette école et j’ai adoré y passer 7 années). 

Enfin, après le laboratoire de recherche à l’EnsadLab, j’ai été le plus heureux du monde lorsque Étienne m’a proposé de m’installer avec sa maison d’édition : Volumique, soit : lui, son (ancien) associé, un game designer, et deux développeurs de talent puis plus tard Julie (tout simplement la designer la plus travailleuse et créative que je connaisse). J’ai donc pu installer mon bureau (soit un ordinateur, un carnet et quelques bouquins) dans ce magnifique atelier à Malakoff (alias la caverne du geek ;)). Atelier dans lequel je suis resté quelques années et dans lequel j’ai pu voir naître des projets incroyables, j’ai pu rencontrer des personnes incroyables, dans lequel j’ai ris vraiment tous les jours (et parfois même la nuit – où je me suis retrouvé enfermé à l’intérieur – merci encore pour être revenu en scooter m’ouvrir la porte :’-)) et où j’ai pu laisser aussi un peu ma trace je pense :).

Aujourd’hui, vous le savez, je vole de mes propres ailes avec mon propre atelier Design & Human (hasard : je suis installé à 10 minutes en bus de celui de Volumique) et j’ai toujours un immense plaisir à retrouver Étienne, à échanger avec lui… Bref, aujourd’hui j’en profite pour lui dire… pour te dire : Étienne, vraiment, merci énormément pour tout ce que tu m’as apporté et ce que tu m’apportes encore aujourd’hui 🙂

Pour retrouver un peu la présence numérique d’Étienne Mineur

En conclusion, je sais que l’on ressemble toujours un peu à ceux que l’on fréquente… alors je pense qu’il faut essayer de s’entourer des personnes positives pour nous, des gens qui nous font grandir, évoluer, aller vers le haut ! 🙂




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