Vous l’aviez peut-être déjà aperçu mais le design thinking est un terme qui est aujourd’hui employé à tort et à travers et à toutes les sauces, un peu comme les mots innovation, startup ou encore user experience. Cependant, lorsque l’on prend le temps de réfléchir au design thinking, à son essence, cela peut aboutir sur des idées très intéressantes, surtout si l’on croise les différentes approches du design thinking comme le montre ce tableau.

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Présentation du mémoire

C’est dans cette direction que Tiphaine Gamba, jeune diplômée de du mastère spécialisé « Innovation by Design » de l’ENSCI, s’est engagée pour la rédaction de son mémoire dont le directeur n’est autre que le brillantissime Giuseppe Attoma Pepe. Dans ce mémoire, Tiphaine revient tout d’abord sur une perspective historique du design thinking et de son approche en tant que méthodologie d’innovation développée tout au long des années 90 dans la prestigieuse université de Stanford et plus spécifiquement, au travers de la pensée de Tim Brown, CEO de l’agence IDEO. Enfin, Tiphaine Gamba va plus loin en mettant en lumière les grands principes sur lesquels le design thinking repose : « la reformulation de la question de départ, le process de design et le fait de placer l’humain au cœur de la démarche ».

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L’ouvrage aborde aussi la question de la formation, des différentes méthodologies ainsi que de l’évolution des relations entre les entreprises et le design (les différentes formes de design devrait-on dire).

Comme le rappelle Tiphaine, « la reconnaissance de l’innovation non technologique s’est faite tardivement en France, notamment par rapport à l’Allemagne (au début des années 2000, plus de la moitié des entreprises manufacturières allemandes réalisaient des innovations à caractère non technologique contre moins d’un quart en France) et aux pays anglo-saxons. Toutefois, des mesures ont été prises ces dernières années par les pouvoirs publics et au sein des entreprises pour remédier à ce retard. A titre d’exemple, Bpifrance a décidé début 2014 de financer des projets d’innovation non technologiques, et non plus seulement technologiques. Cette mesure a été perçue comme un grand pas en avant des pouvoirs publics dans la prise de conscience de l’importance d’élargir notre vision de l’innovation. »

Cela soulève alors la question du design thinking en France… à la française ? Ce sujet est abordé avec grand intérêt dans le document. timeline

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Peut-on innover en France avec le Design Thinking ?

[ télécharger le PDF ]

Je ne vous résumerai pas l’intégralité du mémoire de Tiphaine Gamba mais cela vaut vraiment le temps d’y jeter un œil, de comprendre aussi les enjeux soulevés par cette position bien plus stratégique du design qu’on le laisse à croire. À mes yeux, les entreprises dont les fondations et les battements du cœur passent par le design sont les plus intéressantes, et, j’ose le mot… sont les plus « innovantes » 😉




3 commentaires

  1. Merci de partager ce travail…

    Sujet passionnant et terriblement d’actualité, qui permet d’y voir plus clair.
    J’en sais quelquechose. Même pas fini mes études en design que j’ai vu apparaître ce terme fleurir dans les médias (spécialisés ou non), et à vrai dire c’est assez déroutant au début. Je vais me dépêcher de lire ce travail.

    Merci encore

  2. Merci également pour ce partage !
    Je n’ai pas encore pu « pratiquer » le design thinking mais j’ai commencé à m’y intéresser avec les bibliothèques (mon domaine de compétences) et notamment grâce à un kit pratique pour la conception de projets centrés sur les usagers. Peut-être en avez-vous entendu parlé ?
    Tout se trouve ici : http://lrf-blog.com/design/


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