Hello 🙂

Ce matin, je voulais vous présenter ce clip musical qui montre de manière poétique la complexité mécanique et industrielle d’un artisanat qui s’évertue à produire suivant une éthique « verte » : l’atelier graphique Saint-Jean. Réalisé par Alem Alquier, j’ai pris soin de lui poser quelques questions :

Bonjour Alem Alquier, pourriez-vous vous présenter en quelques mots :

« J’ai fait des études d’architecture à Toulouse à l’époque des grands travaux mitterrandiens : j’allais donc très souvent à Paris pour admirer le « livre ouvert » en chantier. A l’école d’archi j’ai découvert la typographie et la mise en page grâce à un prof d’arts plastiques si passionnant qu’il a involontairement fait dévier ma vocation (très peu, en fait : l’architecture et la typographie sont sœurs – mais parfois ennemies, cf. Victor Hugo « Ceci tuera cela » dans N-D de Paris) puis le Bauhaus, Grapus, Neville Brody, Emigre et Terry Gilliam ont parachevé la déviation… Sur Toulouse, des stages avec le Scriptorium de Bernard Arin, m’ont permis de rencontrer Jean Larcher et de m’initier à la gravure lapidaire avec Rodolphe Giuglardo. Comme j’ai toujours pratiqué la musique (trad, folk-rock, guitare et ses dérivés) je suis passé par une période trépidante en tant qu’intermittent du spectacle, et depuis 2010 je travaille à l’élaboration de documentaires / documentaires animés avec Les Zooms Verts.

« La typo cinétique est encore très ignorée en France (à part dans les milieux rap ou slam…) tout simplement parce que nous n’avons pas (ou nous l’avons perdue…) une culture typographique comme les Anglo-Saxons. J’ai la conviction que se trouve là un moyen d’expression d’une richesse immense… Le rythme, la prise de vue réelle, le signe… s’y télescopent allègrement, et de manière inattendue. »

Pourriez-vous me raconter l’histoire de ce film de commande ?

« PrintBox – Le film – la commande. Cette imprimerie existe depuis 1888 à Albi (ville natale de Toulouse-Lautrec, rappelons-le !) ; elle fut le centre d’apprentis imprimeurs de la région Midi-Pyrénées jusqu’en 1980. Il y a peu, Julien Mouly, jeune imprimeur, a fait revivre cet atelier, l’a modernisé… il insiste sur sa vocation d’entreprise de proximité et il a été parmi les premiers à être labellisé « Imprim’Vert » dans le Tarn. Pour lui le métier de l’imprimerie « ne survivra que si on l’anticipe ».
Au-delà de l’aspect local, Julien Mouly, pour ce film, a souhaité une communication « décalée » (selon ses termes) par opposition à un film d’entreprise classique, régional, poussif, suranné, etc. En fait il a donné carte blanche aux Zooms Verts… Je lui ai proposé un clip musical – constitué au début de la seule musique des machines (très riche), mais s’est vite imposée la présence d’une voix en beatbox. J’ai privilégié le rythme seul et donné à voir une « machine organique ». Quant à l’idée d’une vraie affiche qui se crée au fur et à mesure de la compo en typo cinétique, elle m’est venue assez tard ; il a été emballé par le projet et nous avons d’abord enregistré le son, puis fait les prises de vues en fullHD. Je me suis initié pour l’occasion à After Effects pour le reste. »

La vidéo :

Et pour finir… quelles ont été vos inspirations ?

« Je dois avouer que j’avais été fortement impressionné l’année dernière par la bande annonce du festival de court métrage de Flensburg par Joachim Freitag & Pepe Lange ; j’admire les œuvres de Joshua Stocker, Sebastian Lange, Bill Morrison… et dans un tout autre registre Virgil Widrich… ce collagiste est un dangereux extrêmiste… à traquer et à remercier ! Il faut dire néanmoins que l’une de mes inspirations les plus fortes (et celle de Jules Ribis, le chef opérateur) a été la machine typo à cylindre Heidelberg… c’est une vraie loco de cinéma, on s’attend à en voir sortir la gueule noire de Jean Gabin à tout moment… »

Un grand merci à Alem pour sa patience, son savoir et son partage ! 🙂




8 commentaires

  1. Merci pour cet article Geoffrey! Quand j’ai vu le logo de l’atelier Saint-Jean à la fin je me suis dit « c’est pas possible, c’est pas celle d’Albi, de chez moi, ça doit être une chaîne… beh non! » Vraiment belle vidéo, le passage sur fond de beatbox est vraiment surprenant et le rythme est exquis.
    Aplusdanslbus ❗

  2. Merci pour cet article Geoffrey! Quand j’ai vu le logo de l’atelier Saint-Jean à la fin je me suis dit « c’est pas possible, c’est pas celle d’Albi, de chez moi, ça doit être une chaîne… beh non! » Vraiment belle vidéo, le passage sur fond de beatbox est vraiment surprenant et le rythme est exquis.
    Aplusdanslbus ❗


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