De bon matin, un petit texte sociologique à lire attentivement qui résume les principes fondamentaux de la fascination de l’image. À noter que sur internet, où les images sont des pixels, il y a également cette fascination de l’écran, fascination de la publicité, de l’image animée, de la vidéo

“L’une des raisons tient peut-être au mythe de Narcisse, fasciné devant sa propre image dont il regarde le reflet dans l’eau. L’Humanité s’admire dans les images d’elle-même, que ce soient les images de ses exploits, la beauté des paysages de son pays et de sa planète, la beauté des ses hommes et de ses femmes, la mise en valeur d’elle-même dans un tableau, dans une photographie, dans un film. Les images sont d’ailleurs le plus souvent construites, composées et maintenant retouchées par informatique pour donner de la réalité une image souvent idéalisée et chatoyante.


L’image est également une forme d’appropriation : on porte sur soi la photographie de l’être aimé et au décours d’un voyage lointain, on ramène des photographies témoignant en souvenir du voyage ou des cartes postales des monuments ou des paysages que l’on a admirés. Les adolescents ont souvent dans leur chambre des posters de leurs vedettes préférées.


Remarquons également que les images sont souvent rectangulaires, comme de nombreuses représentations s’adressant à nos yeux, que ce soit la scène du théâtre, l’encadrement du tableau, l’écran de l’ordinateur, le format des diapositives, la fenêtre ouverte sur le monde, ou l’écran de télévision dont on nous présente comme le sommet de la qualité le fait d’être de grandes dimensions, plat, rectangulaire, nettement plus long que haut et avec des « coins carrés », comme si la forme rectangulaire mettait en valeur la scène et l’image représentée en l’encadrant .


L’image des vedettes du grand et du petit écran paraît aussi une sorte d’immortalité fallacieuse. Au décès d’une vedette du cinéma, on dit qu’elle vivra dans nos cœurs par ses films et en effet des vedettes comme Marilyn Monroe nous paraissent éternellement jeunes et c’est aussi ce que nous recherchons en regardant les photographies de notre jeunesse, de nos parents et des heureux moments disparus.


Les images sont devenues nos nouvelles idoles, faites non pas d’or comme le « veau d’or » mais de pixels. On dira de Madonna qu’elle est, pas seulement une vedette ou un star, mais une « idole » ou carrément « l’icône » d’une génération .Les Grecs avaient les dieux de l’Olympe dont ils connaissaient les amours, les passions, les crimes et les trahisons, qui étaient comme eux mais « immortels ». Nous avons eu « les dieux du stade » et nous avons les « people », nouveaux dieux de l’image, que nous n’avons jamais vus ni rencontrés mais dont nous connaissons les images pixélisées nous racontant les épisodes de leur vie amoureuse.”

Alors, amoureux de l’image vous aussi ? Captivé par le moindre écran allumé dans une pièce ?




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