Amoureux des belles lettres, nous devons essayer d’être le plus précis dans notre usage de la ponctuation également. Si par exemple vous prenez ce court extrait du Cid de Corneille :

Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?

Et que vous en changez les virgules, voilà ce que ça donne :

Mon bras qui tant, de fois a sauvé cet empire tant,
de fois affermi le trône, de son roi t
rahit donc,
ma querelle et ne fait rien, pour moi ?

Le sens change bien évidemment. La respiration change elle aussi et la poésie s’en est allée en même temps que ses virgules mal placées. Cependant, ça n’est pas facile de savoir quand placer une virgule, notamment dans les phrases complexes. Avec cette vidéo Ted Education, une petite virgule intelligente vient nous aider à nous simplifier la tâche.

coma1

coma3

À quel moment utiliser la virgule ?

Voilà, maintenant nous n’avons plus aucune excuse pour commettre des erreurs. Et sinon pour les gens un peu bêtes comme moi, faites ce que je fais quand vous hésitez : mettez des points ;-) 

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6 commentaires

  1. A mon sens, la ponctuation prend toute sa mesure lors de la lecture à haute voix d’un texte.

    Cela fait par ailleurs quelques années que je m’applique à bien marquer la ponctuation lors de la lecture du soir avec les enfants. 😉

    Il en va de la compréhension du texte par mon auditoire.

    Si la chose ne pose de réel problème avec des textes courts ou des récits illustrés (où l’image accompagnant le texte vous donne un sérieux coup de main en matière de conservation d’attention), le problème fut tout autre lorsque j’envisageais la lecture de « L’île au trésor » de Stevenson (Oh putain ! Y’a pas d’image !!!) …

    Lisez un poil trop vite et votre public perd toute concentration, se fait chier, comprend que dalle et ne vous demande pas la suite le lendemain (sic).

    La ponctuation c’est magique. C’est comme les espaces dans une mise en page. C’est une question d’équilibre de pleins et de vides. Zappez les pauses exigées par la ponctuation et la lecture de l’île au trésor devient aussi passionnante qu’un flyer de merde pour une soirée mousse !

    Par ailleurs, en écoutant quelques lectures sur France Culture, j’ai fais l’effort d’agrandir les espaces, aérer ma mise en page sonore. Je ne dis pas que les lectures de France Culture sont toutes passionnantes; mais prêtez-y une oreille. Bien des fois, je me suis surpris à donner de l’attention à un texte qui m’aurait paru gonflant si j’avais eu à le lire seul dans mon coin.

    Vous savez quoi ? Plus j’ai pris de temps, plus j’ai accentué la pause de la virgule, plus j’ai pris le temps de stopper ma lecture à la fin d’un paragraphe pour regarder mon auditoire, plus ce dernier se retrouvait suspendu à mes lèvres (si, si, je vous jure, et ne craignez rien ça ne fait pas mal !).

    Bon d’accord, j’ai aussi fait un peu de théâtre et ça aide. Mais faites donc le test avec des enfants (un des publics les plus difficiles). Prenez le temps, aérez, aérez, aérez encore. Vous y gagnez à tous les niveaux.

    Une pause pour la virgule. Un avalage de salive pour le point. Un entre deux pour le point virgule. Quittez le livre des yeux pour prendre le regard de l’auditoire (ou une gorgée d’eau) à la fin d’un paragraphe.

    Profitez de ces pauses pour moduler votre voix, changer l’attaque d’une phrase, l’intonation d’une autre; et vous rajouterez de la couleur en plus des espaces ! Car là aussi, dans les intonations, nous obéissons souvent à des réflexes finalement assez monotones. Prenez ces derniers à contre-pied : changez la couleur ! Ne lisez plus bêtement, amusez vous !!!

    Pour moi, bien que je n’ai que très rarement l’occasion d’aérer une mise en page comme une lecture, les deux sont vraiment comparables (et il en va de même pour la musique ou la composition d’un tableau). Après tout, le but n’est-il pas à chaque fois de transmettre quelque chose, de faire passer un message, un sentiment, une émotion, le plus clairement possible ?

    La mise en page de ce blog n’obéit-elle pas à une ponctuation graphique ? Ne visualisez vous pas les virgules entre les icônes facebook, twitter, g+ ?… N’y a-t-il pas un point virgule invisible mais bien présent entre « Rechercher > » et « catégories du blog > » ?

    Bon j’arrête là, j’ai du taf sur la planche et je vais me perdre à répéter les même choses quitte à devenir gavant. Au passage, un merci à m’sieur Dorne pour ce blog et sa curiosité, un coucou à mon poto Stéphane Baril si il est dans le coin et…

    … bonnes lectures !!!

  2. @Renaud Grammare:

    Je me permets juste une petite remarque pour rebondir sur votre commentaire. S’il est vrai qu’il faut donner à entendre les silences que sont les virgules et les points, l’inverse n’est pas toujours vrai. Lorsqu’on écrit un texte, ce n’est pas parce qu’on reprendrait sa respiration à un moment donné qu’il faut nécessairement placer une virgule à cet endroit…

  3. C’est pas faux ! (dixit Perceval)

    Mais ceci dit, pour ma part, il ne s’agit pas réellement de prendre une respiration physique mais simplement de marquer une pause plus ou moins longue. Le problème de la respiration physique est autre.


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