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Bonjour et bon lundi !

 On commence notre semaine avec « Tout le monde est graphiste », l’ouvrage réalisé par Yoann Bertrandy est en réalité son mémoire publié en 2008. Pour introduire, son mémoire, je citerai Yoann :

« À l’heure de la rédaction de ce mémoire, je constate un rapport extrêmement inégal entre l’amplitude que prend, dans nos études de design graphique, la notion de graphisme d’auteur et sa place réelle dans la pratique de ce métier. Je mesure également la distance qui distingue le monde des auteurs, monde savant regardant tantôt avec dédain, tantôt avec amusement les autres formes de graphisme, et celui des amateurs, ignorant presque tout du graphisme et à fortiori du graphisme d’auteur ». 

Ce livre regroupe une série d’interviews de graphistes amateurs (les gens qui créent rapidement une petite affiche pour leur association, une secrétaire qui confectionne un panneau de signalétique pour un bâtiment, etc.) et questionne la vision du bon sens, de l’oeil, de la réflexion parfois naïve, qu’on les amateurs sur la pratique du graphisme.

Bonne lecture

Pour finir, un extrait du Temps Retrouvé de Marcel Proust :

« Encore, si risibles que soient ces amateurs, ils ne sont pas tout-à-fait à dédaigner. Ils sont les premiers essais de la nature qui veut créer l’artiste, aussi informes, aussi peu viables que les premiers animaux qui précédèrent les espèces actuelles et qui n’étaient pas constituées pour durer ; ces amateurs velléitaires et stériles doivent nous toucher, comme ces premiers appareils qui ne purent quitter la terre, mais où résidait non encore le moyen secret et qui restait à découvrir, mais le désir du vol. » [source & source]

J’en profite également pour remettre ici la présentation que j’avais faite devant les chercheurs du laboratoire de  physique de la matière condensée à Nice afin de placer quelques « bases » pour faire en sorte qu’ils puissent expliquer et présenter d’une meilleure façon leurs travaux et ainsi, démocratiser leurs projets de recherches.

merci Fatiha 🙂




18 commentaires

  1. En tant que graphiste je peux l’affirmer, oui, n’importe qui (donc tout le monde), s’il le veut, et le travaille, peut être un graphiste.
    L’oeil se travaille, la créativité se travaille, la technique aussi.
    Ces personnes sont simplement des personnes qui n’ont pas travaillé ces aspects, mais, qui, s’ils le voulaient, pourraient sûrement être de très bons créatifs.
    La pensée élitiste (et souvent moqueuse) des graphistes en France est souvent bien triste…

  2. « Tout le monde est graphiste » est un excellent travail ! Très agréable à lire ! et merci Geoffrey de nous faire découvrir ça.
    Bravo Yoann !

    @Ben

    • En tant que CUISINIER, je peux l’affirmer, oui, n’importe qui (donc tout le monde), s’il le veut, et le travaille, peut être un CUISINIER.

    • En tant que CHIRURGIEN DENTISTE, je peux l’affirmer, oui, n’importe qui (donc tout le monde), s’il le veut, et le travaille, peut être un CHIRURGIEN DENTISTE.

    • En tant que N’IMPORTE QUI, je peux l’affirmer, oui, n’importe qui (donc tout le monde), s’il le veut, et le travaille, peut être un N’IMPORTE QUI.

    C’est sûr ?

     » La pensée élitiste (et souvent moqueuse) des graphistes en France est souvent bien triste…  »

    Quels graphistes en particulier ? Je suis graphiste, et en France, et je ne me reconnais pas du tout dans cette affirmation.

    Je ne pense pas qu’il y ai de l’élitisme en France sous prétexte que certains défendent leur travail. L’élitisme existe. Peut être particulièrement en France. Mais beaucoup nomment « élitisme » ce qui devrait être les bases même de la culture.
    Bientôt savoir lire sera « élitiste ».

  3. @Le Bé
    Je suis tout à fait d’accord avec toi :
    En tant que CUISINIER, je peux l’affirmer, oui, n’importe qui (donc tout le monde), s’il le veut, et le travaille, peut être un CUISINIER.

    Mais je n’ai jamais vu une communauté de cuisiniers « se moquer » des particuliers qui se contentent de faire des plats ultra basiques parce qu’ils n’ont pas pris le temps d’apprendre à faire autre chose que des pâtes (des fois trop cuites) à la sauce tomate.
    C’est par rapport à ça que je parle d’élitisme.

    Attention, je ne veux froisser personne et je ne crache pas du tout sur cet ouvrage, qui est de qualité, mais dont l’esprit peut déranger.

  4. Si j’ai l’air froissé, je ne le suis pas du tout.
    Je veux juste réagir à certains « a priori » sur l’élitisme des graphistes ou des artistes en général.
    Il faut garder à l’esprit que les artistes sont un reflet de notre société et que la manière dont on les en sort ne me rassure pas. Le graphiste est-il un artiste ?
    Ce sont des débats que nous n’aurons pas en commentaire de cet article. Mais peut-être un jour sur le blog de Monsieur Dorne ! Ou dans un Walking Web ?

    J’ai vu des émissions consacrée à des cuisinier en herbes se donner des notes dans la salle de bain de leur hôte.
    Au risque de paraitre élitiste, je trouve ça totalement effrayant ^^!

  5. @Ben:

    @Ben

    Juste une simple réponse pour poser le bon questionnement.

    As tu déjà vu des particuliers qui font de la cuisine pour entrer dans la cuisine de chefs pour leur propre plats dans un restaurant?

    Moi c’est comme ça que je vois les choses. Tu peux t’entrainer, le pratiquer à la maison etc etc
    Mais pas croire que tu fais mieux à manger que le chef du restaurant 2 étoiles de la ville. Pas dire à ta famille que tu refuse toute sortie au restaurant parce que tu penses savoir faire pareil ou mieux.

    Quand je veux une maison, j’appel un architect! Quand je veux une couronne je vais chez le dentiste.
    Mais aujourd’hui, quand on veut un logo, une affiche (…), on va dans son bureau et on ouvre photoshop!…

    Je ne vois pas en quoi le fait de vouloir faire son boulot et ne pas laisser des clients nous apprendre notre boulot en nous sortant des choses totalement absurdes feraient de nous des graphistes aux « pensée élitistes »…

  6. @Vinc:

    Je ne pense pas que ces gens qui font des flyers pour les 5 ans de leur association cherchent à détrôner les graphistes pro, ou même se proclament meilleurs. Ils n’ont pas le budget, ou alors ont envie de s’amuser, et font leur flyer en interne, par la personne qui a envie de le faire.

    C’est, à mes yeux, la même chose pour la cuisine :
    Je ne vais pas au restaurant tous les jours. Je n’ai pas les moyens, et ça m’amuse de temps en temps de faire de la cuisine moi-même. Mais je sais que si je vais au restaurant, en payant un peu, je vais avoir mieux que chez moi. Et je sais que le cuisinier fait ça bien, qu’il appris ça, et pratique tous les jours.

    Par contre, je n’ai pas encore vu de cuisinier se « moquer » de ma cuisine pour me convaincre d’aller chez lui, ou chez un autre restaurateur.
    C’est dans ce sens, que je dis que les cuisiniers sont peut-être moins élitiste que les graphistes. Dans cet aspect là.

  7. Le sujet est passionnant, notamment car il renvoie à la thématique des pratiques amateurs et montre la complexité du phénomène. Le fait d’accéder aux entretiens est aussi fascinant, cela permet de comprendre la richesse du propos et de comprendre les réalisations.

    Pour autant, je trouve un peu « brut » les éléments présentés; il y a en effet peu de contextualisation à la fois méthodologique (pourquoi cet échantillonnage?) et surtout théorique (sans aller bien loin). De même, je suis resté sur ma faim sur le manque d’analyse alors qu’il y a des choses à retirer et des critiques possibles sur ce qu’il n’est pas possible de dire à partir de là.

    Maintenant, j’adorerai voir une étude sur la construction des imaginaires concernant les polices ou la composition! La partie dans laquelle il demande à ses informateurs de donner leur sentiment quant au police est un bon point de départ.

  8. Quel ton hautain, et ça se permet de glisser ses tristes slides sur 3 pattes histoire de faire « le grand ».

    Je préfère de loin les amateurs qui réalisent des créas immondes, que les personne qui ne possèdent aucun pique d’humilité.

  9. La problematique n’est pas que ces personnes « prennent » du travail aux graphistes. Mais plutot que les commanditaires, dans la mesure où ils peuvent eux même « faire du graphisme », n’ont pas conscience du travail que cela représente. Pour eux : « moi, je mets une heure à faire çà, çà ne vaut pas plus que 100 euros » … et donc le graphiste aura toutes les peines du monde à expliquer pourquoi son travail est bon, pourquoi il faut faire appel à lui et pourquoi ses tarifs sont « élevés ».
    Vulgarisation, ok, mais il faut aussi expliquer les bases du graphisme.
    et ce n’est fait nulle part.

  10. @Vinc:

    en cherchant la réponse à « est-ce que tout le monde peut-être graphiste? » je suis tombée sur ce post (qui est assez pertinent 😀 )

    je me suis arrêtée à ton commentaire et même si je comprend tout à fait les quelques points de vue différents, je ne pense pas que comparer un graphiste à un cuisiner est correct
    dans le sens où ce que peut t’offrir le graphiste est juste de l’image, une chose assez facultatif
    tant dis qu’un cuisinier peut t’offrir de la nourriture, chose assez importante, n’est-ce pas?
    et de plus, on est tous capable de se trouver/faire à manger… question de survie je dirai

    par contre je pense que rare son les personnes qui iront/pourront se confectionner leurs propres habits
    pour cela, la majorité des personnes prennent confiance dans le prêt-à-porter (ou la haute couture ou la seconde main)
    ainsi même si on aurait du fil, une aiguille et du tissus comme le programme Photoshop chez soi, je pense, devrait-on faire de même avec les graphistes pour réaliser nos envies de créations
    il y a certes le terme du coût mais beaucoup de jeunes graphistes offrent leur service à petit budget 😉

    enjoy

  11. Merci d’avoir mis en ligne ton mémoire des arts déco, étant etudiante en graphisme je trouve le sujet très interessant. J’ai apprécié ton choix d’avoir questionné des personnes qui réalisent leurs affiches elles- même, et tu as posé de bonnes questions. merci pour ce post

  12. Salut.
    Je tombe par hasard sur ce site.
    Je suis maquettiste-graphiste depuis 25 ans, formé sur le tas par des graphistes certifiés, puis par les diverses fonctions que j’ai exercé.
    A la question « tout le monde peut-être graphiste »…
    La réponse est NON ! MILLE FOIS NON !!!
    Un métier quel qu’il soit s’apprend sur la durée.

    Le problème c’est qu’à l’époque du web et du « tout gratuit », n’importe quel crétin qui bidouille sur des versions piratées de la suite Adobe (dans le meilleur des cas) ou la suite Microsoft (dans les pires !) et fait des bôs dessins se dit graphiste quand les fins de mois sont difficiles.
    Mais quid de la définition des images (« je veux une affiche 4×3 avec mon logo. Mon logo ? Ben mon graphiste à dit de le prendre sur mon site ») ? De la colorimétrie ? Des formats ? D’éventuels pliages ou forme de découpe ? Même des fautes d’orthographe ? En gros de toute les contraintes de l’impression ?

    On pourrais ajouter à ça l’usage intempestif de Google Image (acheter ou prendre une photo ? Pourquoi faire ? Y’a tout gratuit sur le ouaibe ?)

    Je travaille en imprimerie et des amateurs je m’en cogne tous les jours et je vous le dit: un graphiste qui reste hermétique à toute la partie technique de son métier c’est un inutile qui parasite le travail de l’imprimeur. Un âne qui ne comprend rien quand vous lui expliquez les choses, parce qu’il ne parle pas une langue qu’il n’a jamais apprise.

    Des graphistes nuls avec leur page FB, site ouaibe, twitter et cie plein avec des travaux tellement bô sur écran, et tellement laids dans le monde réel je pourrais vous en citer des tonnes.

    C’est bien simple, maintenant quand un client me dit que son graphiste va m’envoyer un PDF, je demande : il fait du web votre graphiste ? Si la réponse est oui (et c’est toujours oui), je connais déjà la suite de la chanson : je vais refaire tout son boulot de A à Z. Imparable.

    Pour finir, je suis salarié, donc je m’en fout, mais savez-vous pourquoi la plupart des graphistes pro (les vrais, pas les bobos parisiens) dénigrent les amateurs ?
    Simple. La plupart des pro sont indépendants et les amateurs « made in Le Bon Coin » leur cassent le marché.
    Vous connaissez une profession qui accepte ça sans broncher ?

    En clair, je pense que le monsieur à l’origine de la thèse à fait exactement comme les gens dont il chante les louanges : il ne fait qu’effleurer le sujet.

    1. On est en 2017, un bon graphiste doit l’être aussi bien pour le web que pour le « monde réel ». « Il fait du web ? » … Et vous, vous faites du web ? 🙂

  13. J’ai commencé le web dans le milieu des années 90 (html et flash) pour arrêter quand tout le monde se mettait dedans et souvent pour faire n’importe quoi pour pas cher.

    Pourtant, encore aujourd’hui quand on me demande des images pour illustrer des sites, je dois souvent expliquer au tâcheron censé être un dieu sur WordPress (et payé souvent plus que moi) comment intégrer ces images, et à quel format, quelle couleur…
    Je n’ai rien contre le fait qu’un graphiste fasse du print, du web, du café, torche bébé et sorte le chien. Mais qu’il le fasse bien !

    Pourquoi maîtriser une seule chose quand on peut être médiocre en plusieurs ?

    Mais vous avez raison, en 2017 un bon graphiste doit aussi faire du web. Et puis travailler sur la suite Office. Et pour la moitié de ce qu’il gagnait en 2000. Et puis il doit dire merci.
    J’encourage tout ceux que ça intéresse à aller consulter les pages d’offres d’emploi (d’exploitation, plutôt !) de Graphic-Job ou de taper des joyeusetés comme « coup de gueule graphiste amateur » dans Gogole.
    Que vous le vouliez ou non, les graphistes ont été les premiers à s’être fait « Uberisez », bien avant les taxis.


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