Le 7 avril 2017 dernier, l’artiste plasticien Raphaël Fabre a fait une demande de carte d’identité à la mairie du 18e. Ce jeune homme dont le travail est principalement axé sur l’artifice, le faux, et la virtualité a donc effectué sa demande d’une façon classique : tous les papiers demandés pour la carte étaient légaux et authentiques et sa demande a été acceptée.

Sauf que… la photo que Raphaël a soumise pour cette demande est en réalité un modèle 3D conçu sur un ordinateur. Il a travaillé sur plusieurs logiciels différents et a mis en place des techniques de conception généralement utilisées pour les effets spéciaux au cinéma et dans l’industrie du jeu vidéo. Aujourd’hui, la carte d’identité nationale de Rapahël Fabre possède donc une photo dont la source est totalement numérique et artificielle.

Évidemment, pour être acceptée, son image a été travaillée selon les demandes officielles de la carte : elle est ressemblante, elle est récente, et répond à tous les critères de cadrage, lumière, fond et contrastes à observer. Une œuvre qui vient questionner la réalité car elle aborde la question du corps physique et du corps virtuel. Une ambiguïté qui n’a de sens que lorsqu’on la regarde avec un œil philosophique et technologique. Bref, la création d’un glitch dans les systèmes de contrôle et de normalisation qui sont mis en place pour la carte d’identité nationale.

Un travail que je trouve intéressant à juste titre et qui est aussi l’occasion de s’intéresser encore plus au travail de Raphaël Fabre !




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