Bonjour 🙂

Je lance aujourd’hui le Responsive Museum Week, un projet réalisé avec Julien Dorra, et avec tous ceux qui nous rejoignent. L’idée de ce projet est de repenser les sites web des musées pour les rendre adaptés et lisibles sur mobile, chose qui n’est pas encore le cas aujourd’hui (ou très rarement). Ainsi, on propose à qui serait tenté, d’aller sur le site ResponsiveMuseum.com et de contribuer à grands hacks de CSS à l’amélioration de ces sites de musées. Parce que *remixer* le musée sur place c’est bien, mais *remixer* son site Internet, en ligne, c’est bien aussi 🙂

L’histoire est la suivante

Il y a quelques temps, j’ai écrit un article (qui a suscité quelques émois et créé des questions réponses passionnantes) à propos du tout nouveau site internet du Centre Pompidou Virtuel. À côté de cela, mon ami Julien Dorra, sur Twitter, se posait la question du responsive web design au sujet de ce même musée. Un e-mail plus tard nous étions tous les deux d’accord pour affirmer que bon nombre de sites Internet de musées n’étaient absolument pas utilisables sur téléphone mobile et que, justement, il fallait faire quelque chose ! Réfléchir et prendre la parole sont une première étape, faire, créer, agir est l’étape suivante ;-) Ainsi, nous avons imaginé une semaine créative où chacun maîtrisant un peu le code CSS pourrait « hacker », « bidouiller », « remixer » le site de son musée préféré afin de le rendre adapté au support mobile, téléphone, tablette, etc.

Petit à petit…

Nous serons d’accord pour dire que l’idéal serait de revoir évidemment l’expérience totalement, le contenu, sa forme, etc. Mais… commençons déjà par cette toute petite chose qui est de rendre accessible et lisible nos chers sites web de musée sur un simple téléphone ou tablette, dans la rue, au musée.

Le site

Le projet s’appuie donc sur un site qui organise la démarche en quatre étapes :

  1. Choisissez le site internet d’un musée
  2. Modifiez sa feuille de style avec le plugin Stylish ou avec Firebug
  3. Capturez votre travail et partagez-le !
  4. Chacun pourra ainsi profiter de ce hack sur le site concerné !

Les réactions

Les réactions ne se font pas attendre, le site est tout frais, qu’il fait déjà débat au sein de la communauté Muséale, notamment auprès de Muséomix (qui souhaite remixer le musée) et surtout sur Muzéonum.

Le public ciblé est triple : 

Le grand public (nous!) qui peut se dire qu’en effet, lorsque je suis en situation de mobilité ou dans un Musée, j’aimerais bien parfois naviguer sur le site du musée pour en savoir plus sur une oeuvre, pour ajouter un commentaire, pour publier une photo sous une oeuvre (on peut rêver ? Rêvons! :D), ou tout simplement se repérer dans le musée.

Les développeurs / hackers / designers (nous aussi!) qui souhaitent rendre le web plus ouvert, plus intelligent, plus adapté à la réalité aujourd’hui et donc offrir des sites web qui sont visités par des millions de personnes, utilisables sur smartphone, sur tablette, etc.

Les employés des musées (nous aussi?) qui travaillent pour la plupart dans le bon sens afin d’ouvrir le musée en ligne sur leur site Internet, afin d’offrir un site web qui ne soit pas une boîte à contenu utilisable uniquement sur un ordinateur, mais qui soit le prolongement de l’expérience muséale en ligne, peut importe si l’utilisateur/visiteur soit sur un iPhone, un Android, un téléphone Windows ou tout autre support.

On ne fait pas de distinction à l’entrée d’un musée, pourquoi en ferions-nous à l’entrée de son site Internet ?

Quelques mots de plus grâce à Gayané Adourian

Et les propositions alors ?

Les premières propositions de détournement et de modification du style CSS des musées sont déjà en route (merci aux contributeurs), elles seront publiées très bientôt !

Vous maîtrisez un peu le CSS ? À vous de jouer maintenant ;-)

> Et ça se passe sur http://responsivemuseum.com !




22 commentaires

  1. Quelle grande idée 🙂
    Mais faut pas être trop dur avec les sites des musées. Eux ils doivent fonctionner même sur IE6 (encore que, j’ai des doutes…)

  2. J’ajoute quand même un aspect, qui est trop souvent oublié au sujet du responsive design:
    le problème n’est pas *que* sur ce que l’on affiche ou pas en fonction de la taille de l’écran…

    C’est aussi que lorsqu’on est sur mobile, il y a des trucs qu’il faudrait carrément ne pas télécharger… car le réseau n’est pas aussi rapide…

    Et là c’est encore tout un tas de trucs à prévoir, dont la plupart ne peuvent être gérées par les seules CSS.

    Mais bon, pour ce projet, hackons ce qu’on peut hacker…

  3. -1
    Personnellement, je n’aimerais pas qu’un graphiste ou web designer passe après moi sans passer par la case cahier des charges, devis, recherches, propositions, validation, bref dans d’autres conditions.
    Je trouve que cette idée manque un poil d’éthique, il y a le fameux Mobile first chez A Book Apart mais aussi Design is a job http://www.abookapart.com/products/design-is-a-job !
    Si on commence à faire des corrections entre graphistes, on va passer pour des guignols ou alors il faut mieux encadrer les choses ! Et puis sans discussion avec le client, ça se rapproche de l’appel d’offres.
    De plus, ces musées ont peut-être des projets responsives en cours, c’est le cas du CPV…

    Enfin tout ça c’est un vrai travail ! Je veux bien le faire gratuitement pour une asso, des amis, la famille ou dans un projet github mais pas pour des structures aussi importantes !

  4. Je confirmes ce qu’indique ci-dessus Ben, plusieurs musées et institutions culturelles travaillent actuellement sur de futurs sites en responsive web design.

    Le concept « responsive web design » est récent. La parution de l’article fondateur par Ethan Marcotteen date de mai 2010 et le livre du même nom et du même auteur, qui est véritablement à l’origine du mouvement, a quand à lui été publié aux USA en mai 2011 (et en France en septembre 2011) !

    Plusieurs musées disposent déjà de sites mobiles et quelques-uns de sites en responsive Web Design (comme le MAC Val ou Les Abattoirs). Voir : http://goo.gl/nJ9Sr

    Les musées ne sont pas en retard : ni la RATP.fr, ni ugc.fr, ni apple.com/fr n’ont pour l’instant de site en responsive design ; ni même owni.fr !

  5. @_omr: sinon, la question du responsive est aujourd’hui inhérente au web, elle a été débattue avec Jean-Louis Fréchin sur Twitter, elle a également été soulevée par mes soins, par Julien et par toi et pas de nombreux internautes sur Twitter. Et oui, Julien n’a pas son site en responsive, le vilain 😉 #hihi

  6. @_omr: la source est une discussion très animé avec @squintar et @nodesign sur le site de Pompidou et sa non-responsivité, en public sur Twitter 🙂 et que Geoffrey a repérée.

    Mais, oui, j’ai ensuite cherché qui en avait parlé sur twitter — et il y avait… toi ! Cela me paraissait plus intéressant que de me citer moi-même 😉

  7. J’aime bien la démarche, même si effectivement le travail de conception doit prendre en compte des contraintes inconnues des hackers. Il ne faut pas limiter l’exercice à 4 templates.

    Justement ce qui est intéressant est de bénéficier d’un regard externe.

    Bref, au regard des projets que je mène en ce moment, j’y vois beaucoup d’intérêts

    – bénéficier de bonnes idées
    – pouvoir découvrir des talents, initier des échanges, networker
    – alimenter la réflexion, les pour et contres
    – profiter du buzz pour les sites qui en bénéficieront
    – etc.

  8. @_omr dit: « Le concept responsive web design est récent »

    Cette vision du responsive comme tout nouveau me parait fallacieuse. En web, en numérique, tout est toujours tout nouveau. La pratique même consiste à être en avance de phase, à identifier ce qui est en train de se passer.

    De plus, le CPV ou le Louvre ou d’autres n’ont même pas de simple site mobile alternatif — et ça, c’est encore plus ancien, puisque l’article de 2010 s’oppose justement aux… sites mobiles séparés !

    On est donc non pas sur plus de deux ans de retard, mais bien 4 ou 5 ans de retard…

    Dans tous les cas, si le terme de « responsive design » a été fabriqué en mai 2010, les pratiques et les réflexions qui y amène sont bien plus anciennes :

    «Le responsive web design est une approche, un ensemble de bonnes pratiques: utilisabilité, accessibilité, utilisation des standards actuels pour répondre aux besoins de l’ensemble des utilisateurs.. avec les possilité d’aujourd’hui, notamment les media queries.

    C’est loin d’être neuf ! Ceux qui font la promotion de ce concept sont les mêmes qui, 10 ans avant, faisait déjà la promotion de l’ergonomie, standardisation et architecture de l’information efficace.

    Penser les technologies numériques comme une succession de nouveautés, de «gadgets» ? C’est se condammer à l’impuissance et au suivisme permanent, manipulé par des gourous plus ou moins bons.»
    (auto-citation !!)

  9. @Goeffrey & @Julien
    1) Question « Vous pouvez me citer combien de musées français ayant complément mis à jour leur site depuis moins d’un an à part le Louvre, le Centre Pompidou et le Museum de Toulouse ? » (Je veux dire par là qu’avec les restrictions budgétaires actuelles, les renouvellements de sites sont bien plus rares !)
    2) Sinon, je me sens pas responsable, je trouvais juste dommage que le site du #CPV ne soit pas en responsive alors qu’il n’y avait qu’un « pas » à faire.

  10. @_omr: Réponse un : Louvre, le Centre Pompidou et le Museum de Toulouse.. 🙂 ET oui, je ne pense pas que de faire de nouveaux sites soient uniquement une question de budget 🙂 Réponse deux : ouf, je préfère car j’avais l’impression d’un malaise ! Tant mieux et tout pareil, dommage pour le CPV, mais j’ai espoir, ils sont intelligents et je pense que ça va évoluer. \o/

  11. @Julien:
    La théorie c’est bien, mais dans la pratique les media queries utilisées par le responsive web design n’existaient pas avant les nouveautés de la CSS3 et de la prise en compte de cette norme par les nouvelles versions des navigateurs Web.
    Avant, on se débrouillait comme on pouvait, avec du Javascript et des grilles semi-flexibles. (Pour la petite histoire, cela fait plus de 15 ans que je « fabrique » des sites).
    Le flux continuel de nouveautés (new features) dans le numérique s’oppose justement à la révolution trop souvent accolée à terme. Les nouveautés ne sont pas des gadgets mais les globules rouges du numérique !

  12. Houlà… Bon c’est assez sympa la simulation de design des site de musées… Ça part d’une idée sympathique mais comme c’est dit plus haut, ça peut être une formidable façon de tirer des balles dans le pied d’une fonction renforçant son caractère interchangeable, ou faisant perdurer son aspect accessoire ou juste esthétique.

    Car si je suis bien d’accords que les appels d’offres de marché publics sont… Comment, hem… Vous m’aurez compris.
    Tous ne le sont pas forcément et souvent ce travail de site pour une institution commence non pas par du design mais par un cahier des charges, c’est bien joli faire un site en responsive mais appliquer cela comme un dogme peut être stupide et complètement à l’encontre d’une efficacité de stratégie numérique (en plombant la bande passante des mobiles, rendant le site in-consultable, par exemple… En polluant la navigation de fonctions inutiles dans un contexte de visualisation mobile, autre exemple.
    Bref, le responsive design n’est pas seulement une question de format de fenêtre ou d’écran… Il s’agit de garder à l’esprit les priorité d’usages, le mobile sous-entends une situation de consultation particulière. Et puis il ne s’agit pas de tester ça dans on canapé, avec son smartphone (souvent le modèle mono-pensé d’un seul constructeur, en plus)D’ailleurs c’est bien la conclusion du bouquin qui lui est consacré chez A Book Appart.

    Il y a un aussi un truc agaçant avec le responsive web design, c’est que c’est le nouveau mot tarte-à-la-crème comme « Web 2.0-touch-tactile-mobile-multimedia-etc. » auparavant… et jusqu’au prochain.

    Ok sinon dans les principes le responsive design, c’est très bien, mais c’est peu ou prou ce qu’on faisait avant dan sle web design quand on faisait des sites au design dit « fluides » ou « liquid ». C’est à dire intégrer dans le design une adaptation à plusieurs résolution avec un comportement des éléments graphiques à l’écran. Là on a la même chose, avec simplement en sus des CSS pour spécifier tout ça et des résolution supplémentaire avec les orientation d’écrans. Donc tous les frais moulu du responsive, où étiez vous depuis 15 ans lorsqu’il s’agissait de promouvoir ces principes de design ?

    Parce que pendant de longues années on s’en est tapé des sites fait par des graphistes ne jurant que par des pages de papier, collant trait pour trait des composition graphique issues d’un format A4, centrée au milieu de l’écran…

    Bref… Tout ça n’est pas aussi simple. Quand on attaque un projet web pour un client de l’envergure d’un musée, on arrive pas avec son petit laptop et son petit smartphone pour expliquer le monde à des administrateurs (enfin un peu…). On récolte un gros contexte existant qu’on ne peut parfois pas raser direct au lance-flamme. Et puis il a bon dos IE6, il n’y a pas que ça. Il y a plain de raison aujourd’hui encore qui peuvent remettre pas mal en question bien des design même fait en responsive. Il faut composer avec des questions d’accessibilité, des questions de relations politiques et de filiation en institutions, de cohérence entre tout ça. Là dedans, oui, bien entendu un design méthodique sera une bonne base sur une structure faite de stratégie de communication numérique pensée dans un ensemble… Et pas seulement sur une page d’accueil.

    Bref, il faut voir aussi qu’en se lançant dans ce refaçage de site, vous offrez votre talent gratos et pas forcément de façon efficace (si juste en surface) car nos commanditaires croient aussi que c’est aussi simple que ça.

    Mais bon, je salue l’initiative qui consiste enfin à démontrer que le webdesign n’est pas seulement du graphisme figé tiré d’un format papier, qu’il s’agit d’une étude de comportements d’éléments, d’interface utilisateur, de contexte de consultation, etc.

  13. @Obiwan a dit :

    « une formidable façon de tirer des balles dans le pied d’une fonction renforçant son caractère interchangeable, ou faisant perdurer son aspect accessoire ou juste esthétique. »

    C’est un sprint, un hackaton. On est là pour s’amuser, faire des prouesses avec peu, hacker sous contrainte. Est-ce que les hack days (surtout des devs) dévalorisent la fonction de développeur ? Est-ce que Startup weekend dévalorise la création d’entreprise ? Non, bien au contraire.

    On a besoin de ces moments d’exploration qui montre que, oui, on peut le faire, et tiens je te le prouve vite-fait-aussi-bien-fait-que-je-peux-là-hein-mais

    Et pour te suivre peut–être avec une note plus positive sur « Donc tous les frais moulu du responsive, où étiez vous depuis 15 ans lorsqu’il s’agissait de promouvoir ces principes de design ? », je m’auto-cite :

    «C’est loin d’être neuf ! Ceux qui font la promotion de ce concept sont les mêmes qui, 10 ans avant, faisait déjà la promotion de l’ergonomie, standardisation et architecture de l’information efficace.» http://ils.sont.la/post/chers-musees-cette-semaine-vos-utilisateurs-remixent-votre-site-web

    Donc, je te suis à 100% : la réponse concrète découle d’une certaine vision du design web.

    Les même qui trouvait à redire aux site « optimisés pour IE », les même qui râlait contre la black box flash, les même aujourd’hui pousse sur une vision responsive.
    Perso j’en étais à chaque fois !

    Quand aux petits nouveaux qui découvrent — et bien tant mieux ! Plus on est de fous, plus on rit.


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