Le boss, le patron, le commanditaire, le supérieur hiérarchique, l’instance de décision… Bref, si vous travaillez, vous connaissez sûrement cette hiérarchie que l’on retrouve dans 90% des entreprises. Et lorsque l’on est graphiste, designer, parfois (souvent?) on se retrouve confronté à…

La décision du patron !

Cette décision, totalement irrévocable est purement émotionnelle, stratégique, politique, démonstratrice de pouvoir et elle pollue terriblement le paysage graphique sans que nous nous en apercevions. En effet, pourquoi le logo du 104 n’a pas été choisi en jaune comme initialement conçu ? Décision de l’ancien maire de Paris. Pourquoi y avait-il des liens publicitaires choisis sur l’ancien site de Ouest France ? Décision du patron qui gardait précieusement la charte graphique dans son bureau. Pourquoi le nouveau logo de Bouygues a gardé ses couleurs ? Décision du patron là aussi. Pourquoi le logo de la SPA est-il si catastrophique ?…

Bref, des exemples comme ça, vous en avez forcément vous aussi.

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Quelques tweets en exemple

En exemple, j’ai glané quelques tweets de designers, même si, évidemment, la « décision du patron » peut s’appliquer dans tous les domaines, pas forcément au monde du design.

Comment s’en sortir ?

Oui, comment éviter la décision du patron lorsqu’elle ne s’inscrit pas dans un dialogue ? Comment éviter de traîner vers le bas une affiche, un logo, une interface pour des raisons de « j’aime / j’aime pas » ? Voici quelques idées :

  • se focaliser systématiquement sur l’utilisateur, sur la personne pour qui l’on crée les choses
  • installer un dialogue avec le « patron » dès le début du projet
  • présenter sa méthodologie de travail et s’y tenir
  • apporter un savoir et une vision théorique sur son travail
  • lors d’une tentative de « décision du patron », demandez à ce qu’elle soit réellement argumentée
  • ne pas se soumettre sous prétexte que c’est la personne qui paye qui décide de tout

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D’autres idées ? Conseils ?

Si vous avez d’autres idées, remarques, conseils à échanger pour éviter ce choix parfois tyrannique, politique ou égotique du client, du patron, du boss… N’hésitez pas à les partager dans les commentaires, cela pourra en aider plus d’un(e) 🙂




11 commentaires

  1. @Kaes: un logo repoussoir n’est pas forcément mauvais, c’est juste le moins bon de la série ou le plus attendu du client. Perso je ne présente jamais un logo que je ne peux expliquer et donc un mauvais logo.

  2. La version « repoussoir » est souvent la proposition bateau, c’est pour ça que la client la choisit, elle est rassurante pour lui car sans prise de risque.
    Pour un logo je ne m’y risquerais pas. Pour une créa moins importante, des fois c’est bien utile pour faire nombre… mais en risqué car elle est souvent retenue.

  3. Je vous rassure, dans le domaine de l’éditorial c’est la même chose. Et surtout quand on fait de l’ergonomie : « je veux une image qui prenne tout l’écran sur ma fiche produit. Et on mettra le bouton d’ajout au panier tout en bas ! »
    J’ai écris un article où je conseille aux clients de faire confiance aux prestataires qu’ils engagent : http://com-une-histoire.com/internet-pour-booster-le-commerce-de-proximite-2/

    Après tout on est payé pour ça non ? 😉

    Très bon article en tout cas, merci !

  4. Ça tombe tellement sous le sens que ça ne figure pas dans la liste, alors je complète :
    – préparer sa présentation et construire son argumentaire,
    – présenter sa/ses proposition(s) au décisionnaire, et accompagner cette présentation de la réflexion qui a conduit à cette/ces proposition(s),
    – si le décisionnaire est absent lors du rdv ou si la décision est partagée à plusieurs : remettre les propositions accompagnées de l’argumentaire écrit,
    – construire sa proposition sur les éléments apportés par le client et lui montrer que c’est bien là-dessus que l’on s’appuie aussi pour faire cette/ces propositions,
    – au début du rdv rappeler les points sur lesquels il y a eu accord : ça pose la cadre de la réunion de présentation, ça permet de compléter ou préciser un point éventuel, et ça permet de confirmer qu’on s’est bien compris. La présentation de la/ des proposition(s) peut alors commencer.

    Avec une présentation bien préparée, qui reprend les éléments du brief, le client comprend le cheminement qui conduit à telle ou telle piste.
    Et à partir du moment où on est sur ce terrain là, la discussion est en général constructive.

    Pour moi il ne s’agit pas pour un designer d’imposer ses idées, mais plutôt de construire ensemble : chacun avec sa vision, le client avec son approche métier et sa vision depuis l’intérieur du projet, le designer avec son regard extérieur et sa capacité à synthétiser, à rendre visible, et à donner sens.

  5. Faire une seule proposition et expliquer en quoi elle correspond au brief, c’est l’occasion de vérifier que tout le monde est d’accord sur le brief et le moyen d’objectiver la décision finale…

  6. Merci pour ce billet. Il peut être souvent difficile de dire « non » aux « patrons » ou décisionnaires. En testant plusieurs approches j’ai pu me rendre compte que celle fonctionnant le mieux était l’argumentaire. Personnellement je ne partage jamais mon travail sans un argumentaire. Même par e-mail. Bien souvent je montre au client les différentes possibilités pour répondre à un certain problème et j’explique les choix qui m’ont conduit à telle ou telle version. Je fais des points assez souvent mais très court pour inclure le client dans la réflexion (quand c’est possible).

  7. On a eu ce type d’interventions du patron sur un projet.
    Le truc c’est que bien souvent les sujets revenaient dans des réunions techniques où l’agence n’était plus présente.
    Pour éviter de devoir refaire le design selon les envies à la fin du projet, on a étayé les choix avec des panels clients. De cette sorte, pas de contestation possible.

  8. Le pb que tu soulèves est plus large que celui du « patron » avec un prestataire. Il est de savoir dans l’intérêt de qui une décision est prise par une entreprise. Chez Amazon, J.Bezos avait l’habitude lorsqu’il négociait avec des partenaires ou simplement avec son conseil d’administration, de réserver une place autour de la table « pour l’utilisateur ». Il demandait, un peu théatralement, à ce qu’un siège soit laissé vide autour de la table, pour pouvoir prendre le client symbolisé par ce siège vide à témoin lors des discussions, et qu’il ne soit jamais oublié. Belle manière de « se focaliser systématiquement sur l’utilisateur » comme tu le proposes. Pour en savoir plus, lire :
    http://15marches.fr/numerique/les-4-piliers-damazon

  9. @Carine:
    Wouhaou j’espère que t’es meilleure dans ton job que pour balancer du blahblah que si on connait même pas ça c’est pas la peine de croire que la personne est apte à quoi que ce soit…


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