Dans le livre sur Elon Musk que j’ai lu il y a quelques semaines, on y parle beaucoup de la NASA (pour National Aeronautics and Space Administration) et notamment de l’incroyable exigence dont les ingénieurs et tous les corps de métiers font preuve. Mais côté design, ça donne quoi ? Je serais curieux de connaître les contraintes des designers de la NASA qui travaillent au quotidien sur des processus de conception, utilisant des méthodologies rigoureuses et pourtant cherchant à imaginer les outils et services qui sont utilisés parfois à des milliers de kilomètres de la Terre.

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Cette rigueur, nous en avons un aperçu au travers de la liste ci-dessous qui aborde la question du design des documents papiers qui sont utilisés sur le poste de pilotage. Ces documents sont nombreux, ce sont parfois des cartes, des listes d’actions à mener, des manuels de vol encombrants, etc. En outre, lors de situations d’urgence, l’efficacité des équipages de vol est très dépendante de ces documents et la lecture des procédures a un impact significatif sur la sécurité des vols, vous vous en doutez. Cette liste propose donc un résumé du design et des aspects typographiques de ces documents imprimés. Il tente également de combler l’écart entre les recherches fondamentales sur la typographie avec les informations précises et concrètes nécessaires dans les cockpits des vaisseaux de la NASA.

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Design : les recommandations de la NASA

  • Les polices sans-serif sont généralement plus lisibles que les polices avec empattements.
  • Évitez d’utiliser une police qui a des caractères qui sont trop semblables les uns aux autres, sinon cela réduira la lisibilité à l’impression.
  • Évitez d’utiliser une imprimante à matrice de points pour la documentation critique du poste de pilotage.
  • Les longs paragraphes de texte devraient être écrits en minuscules.
  • Si des majuscules sont nécessaires, la première lettre du mot doit être agrandie afin d’améliorer la lisibilité du mot.
  • Lorsque vous spécifiez la hauteur de la police, ou l’accès à des graphiques pour déterminer la taille d’un caractère minuscule, la distinction entre la hauteur de x de cette police et la taille globale du caractère doit être faite.
  • La hauteur de x d’une police utilisée pour la documentation importante du poste de pilotage ne doit pas être inférieure à 0,10 pouces (soit 2,54mm)
  • Le rapport hauteur-largeur d’une police doit être de 5:3
  • L’espacement vertical entre les lignes ne doit pas être inférieur à 25-33% de la taille globale de la police.
  • L’espacement horizontal entre les caractères doit être de 25% de la taille globale.
  • Évitez d’utiliser de longues phrases en italique.
  • Utilisez principalement un ou deux caractères typographiques.
  • Utilisez des caractères noirs sur un fond blanc pour la plupart des documents de cockpit.
  • Évitez d’utiliser des caractères blancs sur un fond noir dans les opérations normales en ligne. Cependant, si cela est nécessaire, utilisez une quantité minimum de texte, utilisez une grande taille de caractère, utilisez une police sans-serif pour minimiser la perte de lisibilité.
  • Noir sur blanc ou jaune sont recommandés pour la documentation du cockpit.
  • Évitez d’utiliser noir sur rouge foncé, vert et bleu.
  • Utilisez du plastique anti-reflets quand vous plastifiez un document.
  • Veillez à ce que la qualité d’impression et le papier soit bien au-dessus des normes habituelles. La mauvaise qualité d’impression affectera la lisibilité.

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Personnellement, je trouve ce genre d’informations passionnantes puisque d’une part elles vont parfois à l’encontre des règles classiques de la typographie et d’autre part elles cherchent l’efficacité à tout prix. Bien évidemment, il faut aussi considérer que ce sont des recommandations, j’ose espérer que la NASA a créé son propre caractère typographique ultra lisible avec lequel elle entraîne ses pilotes à lire pendant des années afin qu’ils soient totalement liés à ce caractère et qu’ils le lisent sans aucune hésitation. Ah, on me souffle dans l’oreillette que ça n’est pas le cas. Pas encore ! En outre, il faut également considérer que les conditions de lecture dans un cockpit peuvent être parfois difficiles, entre l’éblouissement, l’alignement du pilote en apesanteur avec sa page ou encore la qualité du papier, voici autant d’éléments auxquels, j’imagine, les concepteurs se penchent pour trouver les meilleurs solutions.




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