En France, nous, citoyens, sommes parfois confrontés aux sites Internet du Gouvernement. Que ce soit pour payer ses amendes, ses impôts, pour être remboursé sur Ameli.fr pour déclarer un changement de situation, faire une demande d’aide au logement, etc. Et vous l’aurez remarqué, chaque site possède plus ou moins sa propre interface, sa propre identité visuelle, sa propre expérience numérique… pour le meilleur et souvent pour le pire ! Et pourtant, je suis toujours étonné de voir à quel point il est efficace de payer ses impôts en ligne. Mais alors, que fait le Gouvernement pour rendre son web meilleur ? Plus humain ? Plus pratique ? Plus accessible ? Plus charté ? Plus simple ?

L’an dernier, j’ai pu découvrir le projet « France Connect » grâce à l’équipe qui le développe. L’idée est bonne, il s’agit d’un service web qui permet aux internautes de s’identifier et s’authentifier sur les différents sites du Gouvernement (mais pas que!) par l’intermédiaire de tous les fournisseurs d’identité du Gouvernement. Par exemple, il serait possible de se connecter sur Ameli.fr avec ses identifiants des impôts ou sur le site des impôts à partir du site d’une administration. Pratique donc. Sauf qu’en pratique, la démo qui m’avait été présentée impliquait que tous les sites qui servent « d’identifiants » soient responsives et adaptés au login dans une petite fenêtre. Bref, cela impliquait un retravail de tous les sites. Chose qui n’est pas totalement impossible avec de la bonne volonté ;-) Pendant ce temps, le Gouvernement britannique possède toute une équipe de design qui travaille sur les problématiques qu’il rencontre, le Gouvernement américain possède lui aussi ses standards en matière de web et d’autres pays y travaillent activement.

La France n’est évidemment pas en reste. Dans le cadre d’une décision prise en CIMAP le 18 décembre 2013, le Service d’information du Gouvernement (le fameux SIG) a été mandaté pour piloter un chantier visant la réorganisation de la toile gouvernementale afin d’en améliorer l’efficacité, la lisibilité et l’accessibilité par les internautes, tout en optimisant les moyens humains et financiers de l’État. Afin d’amorcer ce chanter complexe, le SIG a engagé une réflexion commune avec des acteurs du numérique français et des professionnels de la communication gouvernementale afin de construire la vision stratégique du web gouvernemental de demain. Placé sous la bannière de #SimpleGouv, différents acteurs (des designers, des simples citoyens, des informaticiens, des personnes du gouvernement, d’autres types de profils) ont été réunis au Numa pour travailler ensemble. J’ai eu la chance avec Jean-Louis Fréchin de faire partie des quelques designers qui étaient sur place et ainsi d’apporter ma toute petite pierre à l’édifice et à la réflexion.

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Édifice dont la première synthèse est livrée ci-dessous.

Le projet de réorganisation de la toile gouvernementale

C’est évidemment un premier pas vers un meilleur web Gouvernemental. J’y ai surtout vu des gens de terrain, qu’ils soient experts ou utilisateurs, en tous les cas, personne n’a réellement parlé de politique mais plutôt d’usage, d’accessibilité, d’information, de patrimoine aussi parfois. Maintenant, je croise les doigts sur la suite. Sur le fait que ce projet ne s’arrête pas si l’on change de Gouvernement (coucou Mission Design), que ce projet puisse connaître des tests utilisateurs à grande échelle ou encore que les idées de ceux qui construisent le web puissent nourrir et faire vivre ce projet. Enfin, je suis assez confiant (ou bête) pour croire que le cap de ce projet restera bien fixé sur les besoins des citoyens-utilisateurs et sur l’accompagnement maximum qui pourra leur être fait.

Et surtout, restons loin des OS français ou des claviers « à la française » qui me laissent plus que septique.

Enfin, si vous voulez en savoir plus, le site Faire-Simple.gouv.fr a été mis en place. Chacun peut faire parvenir ses remarques et suggestions en proposant son regard extérieur et son expertise auprès de la courageuse équipe-projet SIG #SimpleGouv.




4 commentaires

  1. De développeur à designer,
    Il y a quelque chose qui m’embête vraiment avec cette communication parce qu’on le voit un peu partout, c’est le :

    Avoir déjà manipulé du XML une fois dans sa vie suffit pour savoir que «  » est une balise FERMANTE qui signifie donc « la fin de ».
    Pour prendre un autre exemple graphique : un tatouage de nuque «  » qu’on comprend parfaitement et qui est utilisé « à bon escient ».

    On nous a fait le même coup avec la série mettant en scène de prétendus « génies surdoués en informatiques » et qui a fait un four.

    Je ne sais pas quel est le public visé par cette communication, mais en tant qu' »initié » je me sens toujours un peu mal à l’aise : on dirait de la drague qui ne marche pas (on trouve aussi beaucoup de blagues autour de 404 dans le même genre).

    Sinon, l’initiative hashtag-simplegouv est vraiment intéressante et je suis content qu’on ne soit pas trop ridicules là-dessus 🙂

  2. Nathan totalement d’accord sur l’esthétique désuète des balises, du hashtag (qu’on voit parfois avec des accents ou des espaces), et autres symbole « pour faire dev ou geek » mais dont on pourrait se passer je pense 🙂

  3. Je me doutais que le XML serait interprété ou filtré… mon message devient beaucoup moins clair du coup.

    Il fallait comprendre que je parlais de « /simple »
    L’exemple de tatouage est « /head » « body »
    Et je finissais quand même ma diatribe d’un « /vieuxcon » mais c’est petit 😉


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