Il est vingt-deux heures quarante. La cuisine est rangée et l’enfant dort. Il reste un dossier à reprendre depuis le début parce qu’il manque une pièce. Le message envoyé à l’avocat attend une réponse depuis trois semaines et le compte ne passera pas le 28 du mois.

Ce moment, des centaines de milliers de femmes le connaissent par cœur. Les livres écrits pour elles sont rares. Alma en a écrit un et j’ai choisi de l’éditer aux éditions HCKR. Il s’appelle Manuel d’autodéfense de la maman solo et il sort cet automne.

Alma connaît cette vie de l’intérieur. Elle a fait face seule aux administrations, aux juges, aux fins de mois et aux regards dans les couloirs de l’école, puis elle a choisi d’écrire pour les autres. Dans son livre, elle mêle le vécu, des chiffres sourcés, des témoignages et la théorie féministe, dans la lignée des essais de Mona Chollet.

On y trouve ce que les brochures officielles passent sous silence. La mécanique réelle de l’appauvrissement, par exemple, ou le coût du soupçon administratif. Alma s’arrête aussi sur cette fatigue qu’on appelle pudiquement “charge mentale” et qui ressemble surtout à un travail non payé.

Aux éditions HCKR, je publie des livres qui servent. Celui d’Alma est un manuel au sens strict. Après le prologue, quatorze chapitres se répartissent en quatre mouvements, avant un épilogue et des annexes pratiques.

Le premier s’appelle Déconstruire. Alma y démonte les récits qui collent à la peau, celui de la mère courage et celui de la femme seule qui l’aurait bien cherché. Avec Hacker le système, elle ouvre la boîte noire des droits, des pensions, des aides et des procédures. Elle donne aussi les formulations exactes qui font bouger un dossier.

La troisième partie, S’armer numériquement, rejoint ce que je défends depuis des années sur ce blog. Il y est question des traces qu’on laisse, de la surveillance exercée par un ex, de la constitution de preuves et de la sécurité des comptes. Reconstruire, le dernier mouvement, réunit les questions d’argent, de temps volé, de désir, d’entraide et de transmission.

Chaque chapitre se termine par des gestes concrets, datés, chiffrés et vérifiables. Quoi écrire, à qui, dans quel délai, avec quelle pièce jointe. Les annexes rassemblent des modèles de courriers, les seuils et barèmes utiles, une liste de structures d’aide et une checklist de mise en sécurité.

Couverture du Manuel d’autodéfense de la maman solo d’Alma : une mère auréolée porte son enfant et tient une épée, entourée d’objets du quotidien

Pour la fabrication, j’ai voulu un objet à la mesure de cet usage. Un format A5 compact qui se glisse dans un sac déjà plein et un papier sur lequel on écrit sans culpabilité. La typographie devait rester lisible à vingt-trois heures, avec les yeux qui piquent.

Sur la couverture, une mère auréolée serre son enfant contre elle et tient une épée. Autour d’elle flottent un téléphone, une liasse de papiers, une tasse de café et la balance de la justice. On y reconnaît l’iconographie des saintes guerrières, déplacée sur une femme qui fait ses comptes à minuit. À l’intérieur, les chapitres s’ouvrent sur de grandes illustrations en noir et blanc, des silhouettes découpées dans l’aplat.

Mon travail d’éditeur a consisté à mettre ce texte en forme pour qu’il serve. Les mots sont ceux d’Alma. Elle refuse de vous laisser croire que c’est de votre faute et elle vous met des outils dans les mains, sans promettre que ce sera facile.

On peut le lire dans l’ordre après un choc, ou l’ouvrir directement au chapitre qui brûle quand l’urgence est là.

Le Manuel d’autodéfense de la maman solo fait 160 pages au format A5. Il coûte 19,90 € et vous pouvez le commander sur hckr.fr. Si une femme autour de vous traverse ça en ce moment, offrez-le-lui ou passez-lui le lien.